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Hors-les-rails à La Parole errante
40 ROMS attendent à la Maison de l’arbre et du poète...
qui se pose la question de l’accueil ? Demande Stéphane Gatti
samedi 25 septembre 2010
publié par Marc Lacreuse

Pour la Parole errante, la situation devient difficile. L’accueil de dépannage devient un accueil maltraitant. Il commence à faire froid la nuit, les conditions sanitaires ne sont pas vraiment réunies pour accueillir ces familles. La moitié des locaux de la Parole errante sont bloqués et les ateliers prévus ne peuvent avoir lieu.

> A la fin du mois d’août, des élus de la Mairie de Montreuil ont contacté La Parole errante et son administrateur Jean-Jacques Hocquard pour demander si nous voulions et pouvions faire partie d’une chaîne de solidarité pour accueillir 40 Rroms pendant 15 jours dans nos locaux. > Nous connaissions l’errance de ces familles à travers la ville depuis un an. Nous pensions que cette initiative de la ville était une reconnaissance de la nécessité et de l’urgence de trouver un lieu, une maison où ces familles puissent habiter et vivre. Pendant cette période, le hasard a voulu que nous accueillions une journée de réflexion sur les Rroms en France et en Europe.

> La ville a amené ces familles chez nous dans un grand déploiement de moyens avec camions et personnels. Nous avons vu là les oracles d’une solidarité effective.

> Plus de quinze jours sont passés. L’enchaînement des solidarités tarde à se mettre en place. Il semble qu’il n’y ait pas vraiment de chaîne. La ville se retourne aujourd’hui vers les associations en leur demandant de prendre leur responsabilité, qu’elle ne peut assumer tous les malheureux de la terre.

> La question se pose avec acuité de savoir comment s’articulent les pétitions de principe solidaire et les réponses concrètes à apporter sur le terrain.

> A la Parole Errante, c’est la Parole du poète qui prévaut. Elle a pris la forme d’une pièce de théâtre, « Les 7 possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz », qui rappelle que déjà en 1945, il n’y avait pas de solution pour les rescapés des camps d’extermination. « De ce train parti d’Auschwitz peu avant la fin de la guerre et dans lequel se sont entassés des rescapés des camps de la mort, on sait seulement qu’il commença à circuler à travers l’Europe en quête d’une ville d’accueil, qu’il fut reconduit sur Vienne, tourna plusieurs fois autour de la ville qui n’en voulait pas, puis disparut on ne sait où ni comment. Dans ce train, il y avait notamment des tziganes. « Où vont les trains > hors-les-rails ? » se demandent les personnages d’Armand Gatti. C’est dans cet « hors-les-rails » (hors-l’histoire, hors-le-progrès, hors-l’abondance-enfin-promise) que s’avance le train 713. L’histoire dit qu’il s’est perdu. Qu’il est devenu silence - et donc impossible héritage. C’est à ce silence que la pièce donne voix. » Aujourd’hui, le silence fait du bruit. Quand nous avons ouvert le lieu, nous avons mis au coeur de notre réflexion la question : Qu’est ce qu’un lieu culturel > qui se pose la question de l’accueil ?

> Cette question est ouverte...

> Notre lieu est propriété du Conseil général de la Seine-Saint-Denis qui pense que la réponse positive d’accueil de Jean-Jacques Hocquard est inadéquate. La ville dit ne pas avoir de solution. De réunions en réunions, il semble que le train des déportés ne trouve toujours pas de point d’accroche.

> Stéphane Gatti pour La Parole errante