Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteExpressions
Abstention et transformation sociale ?
Quand l’absence est là...
lundi 15 mars 2010
publié par Fernand Estèves

Pouvons-nous proposer une approche systémique de l’abstention majoritaire ?

Plus clairement : une abstention si importante peut-elle remettre en cause tout le système ?

VOS REPONSES ?...

Messages de forum :
Abstention et transformation sociale ?
mardi 16 mars 2010

"La présence de l’absence est une virtualité, pas une vertu. Elle est au corps social et civique ce que le membre fantôme est au corps organique : une douleur. Ainsi, si elle ganère par sa présente absence un malaise, elle ne peut en aucun cas remettre en cause le corps lui même qui s’organise autrement et se console bon an mal an de cette amputation jusqu’à faire comme si ce membre vivait en lui malgré tout. Ceci est l’aliment de toute mélancolie qui par nature ne construit pas mais rêve à côté de la vie. En d’autre terme, ma réponse est non s’il n’y a pas en même temps un mouvement de corps et de pensée qui construit de l’être et du devenir à partir de la virtualité tirée de l’étant et du présent, ce qu’on appelle l’utopie."

Alain FOIX - 15/03/2010

via Facebook Fernand Estèves





Abstention et transformation sociale ?
mardi 16 mars 2010
Citoyenne ordinaire : Marie.

Cher Fernand, le logo de ton article me fait mal aux yeux. Il me rend difficile la lecture d’un truc sérieux. Même si je me demande comment tu as fait pour télécharger un truc pareil. Et que j’admire pour sa justesse d’expression la peur que tout finisse par s’effondrer. Y compris les technologies les plus performantes. Crois -tu que ce logo va nous donner envie d’aller voter ?

Bien à toi quand même.

Citoyenne Maire ou Marie - Citoyenne.





    Abstention et transformation sociale ?
    mardi 16 mars 2010
    Fernand Estèves

    Oui, chère citoyenne, ce logo fait mal aux yeux et je n’en suis pas fier. J’ai cherché quelque chose qui captive et inquiète... Je vais encore chercher, mais je ne suis pas sûr de trouver ! Bien à toi

    Fernand



Abstention et transformation sociale ?
lundi 15 mars 2010
Réagissez CITOYENS !

Certes l’abstention est importante. Mais que je sache, on ne la comptabilise pas dans les votes. Faut pas tout mélanger. Si pour dire son désaccord faut pas aller voter, c’est de la désinformation. Qui ne dit mot consent peut être. Regarder la télé ne demande aucun effort...

Les campagnes régionales ne sont pas médiatisées par les chaines de télé nationales. Les gens ont tendance a voter pour une tête, une star, ou quelqu’un qui leur ressemble quand ils sont dans un désir de proximité.

Progressivement le citoyen prend la place du compatriote. Le FN et l’UMP s’adressent à ces derniers. Le nationaliste, raciste, a toujours su se mobiliser. Il est l’excuse de la barbarie, de la honte. L’expression de la peur de l’étranger et de l’étrangeté.

C’est encore trop récent que nous puissions nous exprimer en tant que "citoyen". La citoyenneté rassemble au delà des origines culturelles, des générations, des clivages, des peurs en soi.

Il serait intéressant de regarder le nombre de personnes en maison de retraite, hôpitaux et foyers des jeunes et d’hébergement (nationalité française...) qui cette fois a voté. Quel est le rôle, la formation des "éducateurs à la citoyenneté" pour informer et rassembler ?

La campagne pour les régionales en Seine Saint Denis par exemple, à part le PCF selon France Inter, n’a pas mobilisé beaucoup de représentants politiques.

Le candidat local ou de proximité manque. La veille des élections sur le marché à Paris encore populaire, seuls les militants de V. Pécresse distribuaient des tracts sans rien savoir du devenir des universités...

Pour l’avoir vécu hier avec famille et voisins, les élections peuvent être une occasion pour se parler. Même devant la télé ! Savons nous réellement discuter entre nous ? Là est une première possible transformation.

L’entente d’une union de la gauche est attendue, espérée : Verte, rose et rouge ! Nous avons aimé leurs têtes et leurs discours à la télé ! Entente engagée pour la transformation, pour en finir, au moins, avec cette politique de division où l’inégalité de la finance triomphe.

Enfin la droite laisse à la gauche la difficulté de gérer les régions appauvries par la perte du bénéfice des taxes professionnelles ? Vrai ou faux ?

Nous avons voté au premier tour. Nous citoyens. Contre la politique du pire ou au mieux celle de la médiocrité : "la culture qui a de la gueule parce qu’elle a du cul."

Pour ceux qui en région nous ont soutenu sur nos terrains de la culture au moins. Contre le démantèlement des services publics de l’éducation, de la culture et du soin !

Tout ce qui porte le mot région nous trompe, quand il s’agit en fait de la politique gouvernementale, de ses enveloppes budgétaires rétrécies : Direction Régionale de Affaires Culturelles (DRAC), ou encore Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH ou ARS)...

J’irai aussi voter au second tour. Mais un coup de soleil et les électeurs potentiels vont aller s’ébattre au bois. Un coup de froid ils resteront chez eux. La théorie des climats ne tient pas face à la détermination.

Comptons les voix de celles et ceux qui vont voter. Si les facho votent, ne les laissons pas seuls à s’exprimer ! Ils vont finir par nous donner des leçons sur le pluralisme démocratique.

J’aime l’anonymat d’exprimer ma voix, derrière les rideaux où dans l’enveloppe je glisse mon bulletin de vote...





    Abstention et transformation sociale ?
    mardi 23 mars 2010

    Abstention et transformation sociale ? La question est finalement pas mal posée alors que les deux termes apparaissent antithétiques : pour transformer, il ne faudrait surtout pas s’abstenir. Là, pour le coup, face à l’abstention, il est urgent de transformer.

    Qu’indique une fois de plus l’abstention ? Elle indique que ce système électoral et politique a fait son temps,qu’il est malade, à bout de souffle et sans doute déjà moribond. Dans des villes symboles de la Politique de la Ville comme Vaux-en-Velin, la participation électorale au premier tour des Régionales 2010 est de 27% d’un corps électoral déjà amputé d’un important déficit d’inscription sur les listes. L’abstention est donc double et dramatiquement cumulative. Dans certains quartiers, comme celui des Mureaux, le taux de participation est de 11,8%.

    Quand les populations qui ont le plus besoin de changement refusent les urnes, la situation est particulièrement grave. La porte est ouverte, dés aujourd’hui, à tous les dangers démagogiques et fascistes. D’ailleurs, le paysage se dessine déjà qui est celui de ce que Pierre Rosanvallon appelle l’"impolitique".

    Que faire ? Plus de présence des services publics ? Plus d’éducation notamment populaire ? Les réponses sont à la fois sociales, politiques et nécessairement culturelles. Il serait utile de relire Gramsci pour qui une transformation de la société passe par des victoires culturelles à même de construire de nouvelles hégémonies à même d’abolir un état de choses qui a fait son temps.

    Il faut donc trouver les voies et les paroles(et donc les voix) qui nous mettraient sur le chemin d’un dépassement de la démocratie représentative de gestion vers une démocratie contributive d’émancipation. Il y a urgence. A d’autres époques, on aurait parlé de "patrie en danger". Faut-il mettre en place des États Généraux de la transformation sociale et politique ? Qui peut les convoquer et les organiser ? En PACA, nous sommes en train de préparer un Forum Social. Comment faire que cette initiative soit à la hauteur des enjeux de notre temps ?

    De tout cela, il faudrait parler.

    Christian MAUREL.



      Abstention et transformation sociale ?
      vendredi 26 mars 2010
      Citoyenne ordinaire : Marie.

      Si "une transformation de la société passe par des victoires culturelles", on peut commencer par interroger ce qui séduit la majorité du public qui va au cinéma, au théâtre ou regarde un film ou une émission à la télé. Il cherche manifestement et majoritairement à se divertir. De quoi ? De la souffrance sociale, voire de sa souffrance personnelle. Celles et ceux qui aiment souffrir, subir, sont extrêmement rares. Entre regarder un thriller ou une fiction qui a pour titre "1984" directement inspirée du livre d’Orwell, le premier thème l’emporte.

      On préfère voir mourir un autre, en jouant à chercher le coupable ?

      Interrogeons, si possible, les programmateurs.

      J’ai vu dans un théâtre de la région parisienne un public "classe - moyenne" debout pour applaudir un spectacle où, à la médiocrité de la danse jambes en l’air comme en une pauvre gymnastique, se superposaient des images dont celle d’"une girafe qui se noie dans sa pisse" constatait ma voisine qui avait payé sa place et qui à son tour applaudissait. Manipulation de l’auteur de ce spectacle qui détournait en abimant "Le jardin des délices" de Jérôme Bosch ; Jouant du risque de l’ignorance et de la crédulité ?

      Des gens s’endormaient sur leurs strapontins. A la sortie du théâtre, les plus jeunes citaient Britney Spears...

      Nous étions majoritairement sans joie. Même quand certains tapaient dans des ballons gonflés à l’hélium que depuis la scène les artistes nous envoyaient. Comme au "plus grand cabaret du monde" vu à la télé ?

      Oui cher Christian, parlons en, de ces gens qui ont poussé les curseurs d’électricité jusqu’à la mort dans un jeu télévisé.(Même Télérama en parle...) Ou encore de l’Armée de l’air qui recrute pour "maintenir la paix en Afghanistan" (?) au détour d’une émission de variétés, vue à la télé pas plus tard qu’hier soir, tandis-que le nombre de personnes en fin de droits est sorti du nombre de chômeurs, mais personne n’ en parlait. Les animateurs de la télé s’amusent... de nous.

      Est-ce absolument inconcevable une chaîne de télé d’Éducation populaire pour la transformation sociale ? Il ne s’agirait pas d’inventer un truc aussi ennuyeux qu’"un dimanche après midi quand il pleut et qu’on a rien à faire d’intéressant et de penser que demain c’est lundi et rien que de l’ennui..."

      Je me demande dans cette ambiance délétère, jusqu’à quand nous aurons les chroniques matinales drôles, sarcastiques et profondément politiques de France Inter ?

      Oui, parlons nous. Nous en abstenir est pire.