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TEXTES & VOIX propose ...
CONFERENCE SUR LES MIGRANTS , avec Alain BADIOU
le 18 avril 2019 . à Reid Hall / 4 rue de Chevreuse / Paris 6ème
lundi 15 avril 2019
publié par Marc Lacreuse

" TEXTES & VOIX " PROPOSE :

CONFERENCE SUR LES MIGRANTS

LE 18 AVRIL 2019

avec Alain BADIOU

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Chers amies et amis, lectrices et lecteurs,

Nous poursuivons notre programmation à Reid Hall, centrée sur l’actualité éditoriale... Avec en perspective l’anniversaire des 20 ans de TEXTES & VOIX que nous fêterons comme il se doit, avec des textes, des voix et des notes, le mardi 14 mai au Centre national du Livre et le samedi 18 mai dans les salles et le jardin de Reid Hall.

En attendant, le 18 avril (cette soirée était initialement programmée le 11 mars), nous aurons le plaisir de retrouver le philosophe Alain Badiou pour une nouvelle conférence lecture inédite intitulée : Le dénommé « migrant » : un prolétaire nomade . Des extraits de littéraires et poétiques viendront ponctuer son propos, lus par Matthieu Marie.

« La question dite des "migrants" divise aujourd’hui les sociétés privilégiées du monde occidental, au point de devenir une question politique majeure. Mais déjà, "migrants" est un mauvais choix dans la langue. Aurait-on appelé "migrants", au XIXe siècle, le flux constant de jeunes paysans pauvres venus d’Auvergne ou des Alpes, ou même d’Italie, qui traversaient la France pour s’entasser à Belleville et chercher du travail dans les ateliers parisiens ? Que le flux vienne aujourd’hui d’Afrique ou d’Asie, ou encore du Moyen Orient ou de l’Amérique du Sud, ne change en rien sa nature. Il signifie seulement que le capitalisme s’est effectivement mondialisé, comme tout le laissait prévoir. Marx a nommé "prolétaires" ces voyageurs forcés. Cela ne voulait pas dire "ouvrier", ou "étranger". Cela voulait dire : celui qui n’a rien d’autre que sa force de travail, et qui doit à tout prix, pour survivre, la vendre aux propriétaires des grands lieux de production. Il ajoutait qu’ainsi conçus, les prolétaires n’ont pas de patrie. Et il voyait dans le prolétariat ainsi constitué le sujet nomade d’une révolution planétaire.

Nous devons être fidèles à cette vision, laquelle est encore plus certainement vraie qu’elle ne l’était du temps de Marx. La question dite des "migrants" n’est pas une question d’humanisme moral, d’hospitalité, d’amabilité dans l’accueil. C’est une question politique : de la venue et de l’organisation, avec nous, de tout ce flux novateur, dépend que nous sortions enfin du bourbier où la prédation capitaliste et son oligarchie féroce nous entraînent. Saluons cette ressource ! Que surgisse en puissance politique la rencontre organisée des intellectuels d’ici et des prolétaires nomades venus d’ailleurs. N’ayons comme eux nulle autre patrie que l’humanité toute entière . »

A Reid Hall le jeudi 18 avril à 20 heures

4 rue de CHEVREUSE

PARIS 6 ème


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