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Cie Les Mille et une Vies : Dissolution / Disparition / Avis de Décès
lundi 25 avril 2016
publié par Madeleine Abassade

Lille, le 25 avril 2016.

Cie Les Mille et une Vies.

Objet : Dissolution / Disparition / Avis de Décès

«  Madame, Monsieur,

Il nous a fallu du temps avant d’écrire les mots qui suivent. Il nous a fallu du temps de silence. Il nous a fallu nous enfermer dans le silence, ne pas donner de nouvelles, rester cloîtrés à penser et repenser notre fin ou ce qui l’avait entrainée. Ce silence, ce temps là, on voulait peut-être qu’il nous permette d’ouvrir des opportunités si nous choisissions de changer d’avis, de rebrousser chemin, de rebondir, de recommencer ; mais le temps n’a pas joué en ce sens.

Le temps, on l’a regardé passer. On se disait que tout devenait plus compliqué ; on en est même arrivé à se dire qu’il avait fallu qu’on soit fou pour penser faire et faire ce qu’on avait fait. On regardait notre image, ou ce qu’il en restait, comme on aurait regardé des Don Quichotte, courant dans le vent, agitant les bras, cherchant à se battre contre des moulins ; des batailles perdues d’avance ! On se disait même que si on avait vécu dans un roman, c’eut été épique.

Oui, depuis la création des Mille et une Vies on avait essayé, essayé de s’engager. Dans les quartiers excentrés, sur des territoires éloignés on avait essayé de jouer le jeu de l’égalité culturelle en oubliant, volontairement ou involontairement, que l’égalité n’existe pas et que les mots ne font pas les politiques.

Avec notre entreprise culturelle de proximité, avec notre Théâtre de Marionnettes Itinérant, on avait essayé de participer à inventer des solutions. Pendant longtemps, on y avait cru. On avait trouvé des soutiens, des hommes et des femmes de paroles qui, de leur place, avaient soutenu notre démarche, nous avaient donné du baume au cœur, nous avaient aidé à courir, à croiser d’autres coureurs de fond dont l’ambition humaine ne se mesurait pas à la taille de leurs possessions...

Pendant de longues années, porteurs de projets permanents, gardant les mains devant nos yeux, bouchant nos oreilles, on avait continué d’avancer. Quand au moindre changement de conseiller, l’Etat n’assumait pas la continuité de ses interventions, nous cherchions d’autres solutions. Quand les villes, les agglomérations, les territoires se défaussaient, nous continuions en trouvant d’autres financeurs. Quand des politiques, des partenaires nous mentaient, on le savait, on courait, on se démenait et on continuait.

Mais au final, on a dû se résoudre à accepter la réalité, tout ça ne fonctionne pas ! Les territoires et la culture ne manquent pas d’argent, c’est la répartition qui pose problème ! Comme ailleurs, comme partout quelques uns se gavent pendant que d’autres récupèrent des miettes et que la majorité, tendant la main, meurt.

Oui, ce n’était pas les financements qui manquaient mais bien le partage qui était inégal. Et cette inégalité perdurerait parce qu’elle était devenue système. Beaucoup l’utilisaient l’inégalité, certains la défendaient, s’offusquant parfois de différences de traitement, non pour aller vers un changement de paradigme mais plutôt pour faire une percée vers des sièges vacants....

Et nous aurions dû écouter les mensonges, conscients de leur absence de valeur mais les supportant, juste pour continuer ? Des mensonges, on en avait assez entendu. Lorsqu’une dernière déconvenue d’une longue série de déconvenues nous est tombée dessus, on a décidé d’arrêter de courir, de clôturer les projets en cours, puis d’en finir. Ça suffisait comme ça.

Malgré ceux qui continuaient de nous soutenir, on a arrêté de monter des dossiers, on s’est retiré, on ne voulait plus participer à la mascarade. Fin 2014, les deux piliers de la structure, FLH & DSM ont retrouvé leurs individualités . Tout ceci n’a pas été simple ; encore aujourd’hui abandonner La Cie, une structure et des projets qui ont été carburant et moteur de notre vie pendant près de 20 ans n’est pas simple ; c’est même très douloureux. C’est une des dernières lettre-communiqué que nous écrivons en utilisant la forme impersonnelle, nous fondant dans le "nous". Nous avons repris nos noms, nos objets, nos routes et avons commencé d’imaginer ce que serait l’après Cie Les mille et une vies.

A vous qui nous avez soutenus, qui avez cru en nos projets, qui nous avez fait croire en les vôtres, nous voulions vous tenir informés, vous dire notre décision de dissoudre les Mille et une Vies, de ne plus participer à des batailles que, pour l’heure, nous croyons perdues d’avance. A vous, nous voulions dire merci.

Bien amicalement,

La Cie Les Mille et une Vies, Fabrice Levy-Hadida, Dorothée Saint-Maxent

mais aussi, le Conseil d’Administration

mais enfin, Germain Lenain, Zette, Vladimir et les Grizbatoruc,  »

- PS : une porte ouverte, cession d’actifs est organisée dans les jours qui viennent.... Les fruits de la vente permettront de régler les quelques dettes de la Cie... Vous trouverez ci-dessous une invitation précisant dates horaires et modalités d’inscription de ces temps...

Portes Ouvertes Cie Les Mille et une Vies

Alors que nous interrompons les activités de la Cie Les Mille et une Vies nous organisons des

Portes Ouvertes, Expo-Vente ou, cession d’actifs

en les locaux de la Cie sis au 26/2 bd de Metz à LILLE.

Nous Cie Les Mille et une Vies céderons notamment ,

1-Matériel technique (son et lumière), 2-Matériel de bureau (informatique et bureautique) 3-Bibliothèque documentaire 4-Mobilier 5-Mais aussi certaines immobilisations créatives (marionnettes, travaux de recherches, cadres d’ombres...castelet... etc...)


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