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Comment les gérants du capital préparent-ils la présidentielle de 2017 ?
Chronique d’Evariste
dimanche 22 mai 2016
publié par Madeleine Abassade

Nous publions ici une partie de la chronique d’Evariste et invitons les lectrices et lecteurs à se rendre sur le site de Respublica (adresse en bas du texte), pour lire l’intégralité de l’article.

Extrait

(...)

Nous n’oublierons jamais la loi El Khomri

La loi scélérate El Khomri n’est que le dernier pan nécessaire pour « casser » la résistance salariale. Avec la loi El Khomri, c’est le bouleversement de la hiérarchie des normes. Un simple accord d’entreprise (c’est-à-dire principalement dans des lieux où le rapport de force est le plus faible, notamment dans les petites et moyennes entreprises) pourra légalement déroger à un contrat de travail, à un accord de branche, à une convention collective, à la loi. Pire, dans les entreprises sans syndicats, le patronat pourra obtenir une signature via le mandatement par un syndicat complaisant !

Manipulations en tout genre et criminalisation de l’action syndicale

Mais tout cela ne passe pas aussi facilement. La loi El Khomri est rejetée par 68 % des Français. 54 % soutiennent les mouvements de grève. 56 députés de gauche ont souhaité déposer une motion de censure contre le gouvernement Hollande-Valls. Les gérants du capital sortent alors les « méthodes traditionnelles » pour tenter de salir le mouvement social en essayant de focaliser l’actualité uniquement sur les « casseurs » afin de ne plus parler de la loi El Khomri elle-même. Tout l’arsenal a été sorti par l’équipée Hollande-Valls-Cazeneuve-Taubira-Urvoas. Comparution immédiate pour les « jeunes casseurs » pris sur le fait mais comparution renvoyée aux calendes grecques pour les violences policières, même si les vidéos de ces actions font le tour du net. Dans ce dernier cas, est-ce que la hiérarchie policière a été inquiétée, que nenni !

La stratégie du désordre est organisée par la hiérarchie policière qui laisse des « casseurs » faire leur œuvre sans intervenir pour que les médias puissent avoir leurs images. Quel n’a pas été l’étonnement à Paris d’une manifestation arrivant à quelques centaines de mètres de la place de la Nation par le boulevard Voltaire de voir déjà une bataille rangée sur la place de la Nation, dont on peut comprendre qu’elle n’avait rien à voir avec la manifestation. Inutile de dire que les médias n’ont pas rapporté cela de cette façon. Et puis, certains ont dit leur étonnement de voir certains supposés « casseurs » exfiltrés par la police elle-même en leur sein d’une façon sympathique.

Sans compter la criminalisation de l’action syndicale commencée sous Taubira et continuée sous Urvoas. Comment expliquer que les Goodyear aient été condamnés à de la prison ferme alors qu’il ne restait plus que la plainte du Procureur de la République, les deux cadres « séquestrés sans violence » ayant retiré leurs plaintes ? (...)

Qui est responsable des 60 % d’ouvriers et d’employés qui ne votent plus ?

Alors que François Mitterrand a été élu le 10 mai 1981 grâce aux près de 80 % d’ouvriers et d’employés qui ont voté pour lui, avec l’équipée Hollande-Ayrault-Valls, c’est 60 % d’ouvriers et d’employés qui s’abstiennent. Voilà la vraie raison du fait que les gauches ne font pas plus aujourd’hui de 35 % des votants. Mais pour les gérants du capital, c’est toujours la faute des autres et jamais d’eux-mêmes. Voilà pourquoi se prépare une campagne de culpabilisation des électeurs qui oseront ne pas voter dès le premier tour pour le candidat solférinien responsable de cette politique de mépris du peuple. (...)

Que faire ?

Voilà pourquoi, il est impératif aujourd’hui de faire « la double besogne », c’est-à-dire articuler des revendications immédiates avec le combat pour un nouveau modèle politique alternatif sans lequel les lois tendancielles du capitalisme agiront de la même façon : ce n’est pas avec le solipsisme, avec le seul volontarisme, avec des recettes néo-keynésiennes ou encore avec des slogans magiques que l’on résoudra la crise systémique ni qu’on évitera une prochaine crise paroxystique, car c’est inhérent au capitalisme lui-même. On ne sait pas quand elle interviendra et sous quelle forme mais on sait qu’elle interviendra. Nous sommes donc bien dans une bataille complexe que seule l’éducation populaire peut clarifier.

Articuler l’intensification des luttes sociales, la suppression du fossé entre les partis de gauche et les couches populaires ouvrières et employées (53 % de la population française dont 60 % s’abstiennent ) pour faire vivre une alliance avec les couches moyennes intermédiaires (24 %), mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle via la multiplication des initiatives d’éducation populaire, la lutte contre la désagrégation communautariste voulue par le mouvement réformateur néolibéral et ses « idiots utiles », devient un impératif.

- Pour lire l’intégralité de l’article d’Evariste :

http://www.gaucherepublicaine.org/c...


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