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DEMOCRATIE REELLE MAINTENANT.
AIX-EN-PROVENCE (Marché du quartier du Jas de Bouffan)
lundi 24 octobre 2011
publié par Christian Maurel

Compte-rendu de la matinée du 15 octobre 2011 au Jas de Bouffan avec Anonymal (télévision de quartier).

Le micro était accessible à tous. Voici la retranscription synthétique des différentes interventions. Nous espérons avoir respecté la parole de chacun(e).

Nous présentons rapidement le Mouvement « Démocratie Réelle Maintenant ».

La première parole d’une citoyenne du quartier porte sur les conditions de logement avec une dégradation de l’immeuble concernant notamment les problèmes d’ascenseur et de chauffage, mais souligne qu’« avec le voisinage ça va très bien… nous sommes de toutes les races ».

Nous présentons l’idée de mettre en place des ateliers thématiques, Patrick propose un atelier/commission/groupe de travail sur le chômage et les conditions de travail.

Nous voulons reconstruire le « bien vivre ensemble » face à cette société éclatée et violente, aller vers les gens, vers les quartiers, nous réapproprier la place publique parce que c’est notre bien commun et des lieux de parole citoyenne gratuits sur la ville. Le mode de pensée occidental n’a pas à dicter sa loi au monde entier.

Le travail n’est pas une obligation morale, il est aujourd’hui fondé sur la concurrence, c’est cela que l’on doit abolir car cette concurrence conduit à une perte de sens, de liens. Il s’agit de s’associer pour que tout le monde soit en « coopération » et non en « compétition », on travaille ensemble. Par exemple reconstruire un système de santé solidaire et la santé commence par s’alimenter de façon saine à partir des agriculteurs de proximité pour respecter aussi notre planète. Travailler aussi à faire société et sortir de tous les clivages (jeunes/vieux par exemple). Le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » c’est faire ensemble, c’est un mouvement où il n’y pas de chef, pas d’organisation pyramidale, mais c’est faire en horizontal. C’est redéfinir le « c’est quoi une société » ?

Parole d’une élue : " on peut être élue et citoyenne. Je me suis engagée pour faire aussi du lien et c’est dangereux de faire un amalgame et de nous voir tous pareils. On dit qu’il y a trop d’élus mais moi je pense qu’il n’y en a pas assez. Il en faut beaucoup il faut que ça tourne. La démocratie participative ce n’est pas facile, c’est bien de commencer par ça comme vous le faites."

S’ensuit un débat où les Indigné-e-s expriment que ce système institutionnel ne leur convient pas. Notre espace de débat reste ouvert à chacun(e), y compris aux politiques, sur un pied d’égalité. Pourquoi les élus demandent-ils aux citoyens de venir vers eux et pourquoi, pour une fois, ce ne serait pas l’inverse ?

Parole d’un représentant d’une association du quartier : " il faut saluer le courage des peuples Tunisiens, Egyptiens, Marocains et le mouvement du 20 février, soutenir les autres peuples qui luttent au Yémen, en Lybie, en Syrie, Espagne, Grèce, Italie, aux États-Unis… S’indigner devant les drames humains face aux répressions féroces. Comment faire prendre plus de corps au mouvement des Indigné-e-s en France ?"

Il émet une critique sur le fait que cette rencontre avec les citoyens du quartier n’a pas été suffisamment préparée avec les associations et propose qu’on les aide à travailler dans le quotidien.

Pour nous ce qui est important c’est d’aller à la rencontre des gens. Quant aux institutions pourquoi ne pas, au niveau de la ville, définir un pourcentage d’élu-e-s (10% par exemple) tirés au sort ?

Les citoyens doivent aussi aller vers les élus avec leurs propositions. Une idée c’est de lancer un « Institut de Recherche sur la Démocratie Réelle » sur Aix à partir du vécu des citoyens. Faire cette démarche augmentera la crédibilité des citoyens.

Les buts de ce mouvement c’est de porter un vrai projet de société, c’est faire ensemble et non pas secteur par secteur mais de faire converger car tout est lié.

A la critique qui consiste à dire que le mouvement des Indigné-e-s ne « prend » pas en France nous répondons qu’on aimerait qu’on nous prouve que ceci n’est pas une propagande mensongère répandue par des médias qui ne font aucune information sérieuse sur ce sujet.

Parole d’une Indignée espagnole : " le mouvement est né en Espagne le 15 mai à l’initiative de citoyens non violents qui ont occupé les places et se sont fédérés autour de problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement, le loyer trop cher, les salaires bas, le chômage,… et contre la dictature des banques que les citoyens renflouent. Nous sommes capables de nous mettre à la tâche et de chercher ensemble des solutions. Venez nous dire vos problèmes."

Nous en sommes capables et cela nous redonnera confiance en nous. Nous avons des potentialités en nous et il y a d’autres solutions. Nous ne prétendons pas avoir raison mais n’y aurait-il pas d’autres formes d’organisations possibles ? Nous ne voulons en exclure aucune. Si les gens ne viennent pas parler nous ne pouvons pas parler à leur place. Nous ne sommes pas des professionnels et nous apprenons de nos erreurs.

Merci à Anonymal de nous avoir permis de commencer à remettre sur pied une démocratie réelle maintenant qui commence par des préoccupations communes autour de se loger, se nourrir, se soigner, s’éduquer, se réunir. Le 15 octobre est une journée internationale et nous continuerons après sur la durée.

Le terme démocratie se suffit à lui-même, mais aujourd’hui, tant elle est dévoyée, nous sommes obligés de rajouter RÉELLE, c’est bien le sens du mouvement du 15 M né en Espagne.

Un autre élu a la volonté de nous rencontrer là :

- par rapport aux attaques dont sont l’objet ceux qui ont le moins de moyens de se défendre (les Roms).

- en soutien aux « Fralib » dont il souligne que rien ne se serait fait sans la mobilisation des syndicats et des salarié-e-s, qui veulent s’organiser en SCOOP pour s’opposer à la délocalisation programmée et nous confirme l’aide de la Région.

- contre le G20 de Cannes.

A ses yeux, il faut augmenter la prise de parole des citoyens et faire vivre la démocratie aujourd’hui au Jas. Continuer l’Agora, l’Indigna (en occitan). Les peuples solidarisés peuvent décoloniser notre Terre. Nous notons et nous transmettrons nos propositions aux élu-e-s et nous contrôlerons le devenir. Prendre la parole et la garder en quelque sorte…

Pour un autre citoyen du quartier, tout cela est motivant mais nous n’avons pas parlé des drames humains portés par toutes les guerres aux quatre coins de la planète. Il remet en cause le clivage droite/gauche, l’action de l’ONU et de l’OTAN.

Une autre citoyenne du quartier revient sur les difficultés des gens liées au travail, au chômage, la faiblesse des salaires, du SMIC en comparaison avec les sommes folles que certains s’octroient. Elle est intéressée par la commission travail/emploi et insiste sur la difficulté des jeunes qui sont maltraités dans les cités : « ils n’ont rien » et sont soumis à des discriminations.

En conclusion, nous remercions sincèrement Anonymal de nous avoir permis de réaliser cette rencontre sur le quartier du Jas, ce qui n’est qu’un début mais on veut aller loin…

Nous rappelons l’Assemblée Populaire à 17 heures aux Allées Provençales :

* Comment allons-nous nous organiser pour continuer sur la durée ?

* Que fait-on concrètement, sur la mise en place de commissions, la fréquence des moments où nous nous rencontrerons… ?

Un citoyen du quartier nous rappelle la journée de la misère du 17 octobre. Nous rappelons que les guerres, la concurrence, le chômage et la misère sont liés et que nous devons reconstruire en retissant les liens et en faisant émerger des possibles ensemble.

Un autre citoyen du quartier nous rappelle le courage de nos aînés qui ont lutté pour un monde meilleur et leur engagement dans la Résistance.

Nous mettons à la disposition de tous les citoyens une boîte, une urne, pour recueillir leurs paroles, leurs idées, leurs suggestions d’actions, leurs critiques,… que nous porterons de lieu en lieu avec l’idée d’un crieur public pour leur donner écho et reconstruire à partir de notre intelligence collective.

Christiane, Francine et claude, le 16 octobre 2011.