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GENEVIEVE LEGAY , militante d’ATTAC :
" EN 1945, LA FRANCE ETAIT RUINEE ET LE CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE CREAIT CE BIJOU DE SYSTEME PAR REPARTITION "
entretien réalisé par Benjamin GRINDA
vendredi 27 décembre 2019
publié par Marc Lacreuse

GENEVIEVE LEGAY :

" EN 1945, LA FRANCE ETAIT RUINEE ET LE CONSEIL NATIONAL DE LA

RESISTANCE CREAIT CE BIJOU DE SYSTEME PAR REPARTITION "

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Âgée de 73 ans, Geneviève Legay a commencé par militer au PCF, il y a plus de 40 ans.

Geneviève Legay, militante d’Attac 06, victime de violences policières le 21 mars, est la co-auteure du livre « Celle qui n’était pas sage : entretiens avec Bruno Della Sudda ». Elle était l’invitée d’Attac Marseille vendredi à la librairie Maupetit.

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Que s’est-il passé ce 21 mars, place Garibaldi à Nice ?

Geneviève Legay : Je suis descendue avec mon gilet jaune et mon drapeau de la paix. Il y avait plusieurs groupes séparés par des cordons de police. C’était très calme et bon enfant. D’ailleurs, depuis 4 mois que le mouvement des Gilets jaunes avait débuté à Nice, il n’y avait eu aucun accroc. Des journalistes m’ont interviewée, j’ai expliqué que j’étais là pour la liberté de manifester et pour l’avenir de mes petits-enfants. Je me suis retrouvée avec derrière moi des policiers suréquipés, avec des boucliers et mes souvenirs s’arrêtent là. Je n’avais pas entendu les sommations, on m’a matraquée par-derrière, j’ai percuté violemment le sol. Je me suis réveillée à l’hôpital, vers 18h. Depuis, je n’ai toujours pas d’odorat. Je ressens continuellement depuis juin une odeur liée à un faux stimulus généré par mon cerveau. Pour le goût je n’ai que le salé et le sucré. Il faut dire que j’ai subi cinq traumatismes crâniens. J’ai perdu 35 % d’audition à l’oreille droite. Je dois marcher avec une canne, autrement je titube. Et depuis cet été, je consulte également un psychologue car cela a été compliqué de passer de l’ombre à la lumière.

Qu’est-ce qui vous a décidée à réaliser ce livre ?

G.L. : Ce sont les éditions Syllepse qui m’ont contactée pour écrire un livre sur ma vie militante. Moi j’avais refusé, je ne suis pas écrivaine. J’ai finalement accepté car, alors que j’étais encore à l’hôpital, je me disais que puisque les gens me voyaient comme une icône, peut-être que ce livre pourrait leur donner envie de militer et surtout qu’ils prennent conscience qu’ils sont des citoyens, que ce ne sont pas des gens de rien, comme le disait Macron.

Pourquoi avoir embrassé la cause des Gilets jaunes ?

G.L. : Ce sont des gens que j’admire. J’ai vu un reportage sur eux et je me suis dit à la bonne heure ! Depuis 45 ans que je milite, enfin les pauvres se rebiffent. Quand je distribuais des tracts dans la rue et que je disais "regardez ce qu’on fait subir aux pauvres", les gens se recroquevillaient et partaient. Je le dis encore dans les écoles : ce n’est pas une honte d’être pauvre, ce sont ceux qui créent de la pauvreté qui portent la honte. Ce Macron et son mépris pour le peuple, ses violences policières, la manière dont il a donné des miettes aux gens qui manifestaient, ne fait qu’amplifier la haine. S’ajoute désormais cette réforme des retraites, qui provoquera d’autant plus de pauvreté.

Pour vous, il est essentiel de se mobiliser pour les retraites ?

G.L. : On a très gros à perdre : le mouvement doit aller jusqu’au bout car c’est un changement de paradigme pour notre société. Ils veulent rendre ce système déficitaire pour ramasser le magot et le donner aux fonds de pension, qui joueront cet argent en bourse et repartiront avec. En 1945, alors que la France était ruinée, l’État endetté à 200 %, le Conseil national de la Résistance créait ce bijou de système par répartition et de financement de la sécu. Ces imbéciles veulent casser tout ça ! Ce n’est pas leur argent, c’est notre argent, celui des travailleuses et des travailleurs.

Entretien réalisé par Benjamin Grinda


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