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par Madeleine ABASSADE
Il y aurait le nouveau visage de la dictature
Face au concept de vérité, il y a celui de l’erreur...
jeudi 26 juillet 2007
publié par Fernand Estèves

Qu’est ce qui est important ? La mise en évidence des erreurs (! ?) historiques ou la fausse impression d’une répétition de l’histoire, qui interroge l’idée de révolution dans un principe d’éternel recommencement ? Quels sont les ingrédients qui nous permettent de parler d’une nouvelle dictature ?

Il y aurait le nouveau visage de la dictature...Derrière le visage d’un homme, certes pas n’importe lequel, associé à une iconographie historique de la dictature du prolétariat, qu’est ce qui se cache ? (voir images envoyées par Laurent du PCF) Le capitalisme inhumain ou "humain trop humain" ? Amalgame qui a le mérite d’éveiller les consciences endormies ? ...

Qu’est ce qui est important ? La mise en évidence des erreurs (! ?) historiques ou la fausse impression d’une répétition de l’histoire, qui interroge l’idée de révolution dans un principe d’éternel recommencement ? Quels sont les ingrédients qui nous permettent de parler d’une nouvelle dictature ?

Les intellectuels, dont le philosophe Guillaume le Blanc (médiatisé par France Culture et au festival d’Avignon), continuent d’interroger la norme, autrement dit le normal et le pathologique que la psychiatrie n’a jamais cessé d’interroger depuis l’après 1789 (le plus connu des penseurs est Michel Foucault), comme mise en évidence des comportements de ceux qui dérangent la société et l’ordre moral, et les réponses par la discipline et la répression, voire les médicaments. Le délire restant une chose fort complexe, la poésie un acte de création, l’influence du social sur la souffrance psychique qui rend la vie invivable et des recours qu’il faut aussi trouver du côté de la culture, continuer de solliciter, inventer des recours.

Face au concept de vérité, il y a celui de l’erreur...

Qu’est- ce que la norme aujourd’hui : ne pas être un pédophile, un suicidaire ou un futur délinquant ? Boire du vin comme un geste ordinaire pour créer de l’euphorie et désinhiber la parole ? Mais quelle parole entre bourgeois et entre pauvres ? Qu’en est-il de ceux qui ont perdu leur voix ? La voix des sans voix, continuer de travailler le débat nécessaire dans le champ de l’exclusion sociale. "Avoir une voix c’est avoir une vie à soi" (Vies ordinaires vies précaires de G le Blanc)... L’humanité supérieure selon Friedrich Nietzsche, ce n’est pas se mettre au service du pire en pensant que certains hommes sont parfaits quand d’autres ne le seraient pas.

"1984" d’Orwell dont même Libération se met à parler, quand de jeunes citoyens découvrent ce livre qui ne serait pas au programme des lycées ? Et "Essai sur la résistance au langage totalitaire" sous titre du livre de Jacques Dewitte "Le pouvoir de la langue et la liberté de l’esprit" sorti cette année, revisitant dans la conclusion les paroles d’un ministre de l’intérieur qui aurait eu pour mérite d’appeler un chat un chat, autrement dit une racaille, une racaille. Que la guerre des mots évite de parler des choses... (p 260). Comment en politique parler "vrai", sans utiliser la langue de bois.

Revenir sur cette histoire de biométrie dont Cassandre a parlé dans son dernier numéro. Qu’est ce qui est déjà en marche, dans l’ombre ? Nous ficher à l’échelle mondiale pour détecter les terroristes, voire les futurs délinquants, les futurs malades, les anormaux qui s’ignorent, les étrangers, les sans papiers ? Ce qui est nouveau c’est la visibilité de l’intérieur du corps, la révélation de la chair aseptisée, sans émotion, sans humeur, sans avis subjectif, sans liberté de refuser. La singularité réduite à celle du biologique. Au mieux soigner, au pire culpabiliser, rejeter. Nous serions devenus des corps, sans âme, qu’il serait possible de fouiller pour dévoiler l’intime, nous protéger contre le désordre, triller, identifier, catégoriser, stigmatiser positif ou négatif. Nos identités citoyennes et nos cartes de crédits inscrites sous la peau affichées sur des écrans planétaires. Nous sommes sortis de la fiction imaginée par Orwell.

Ce qui n’est pas nouveau, se sont les risques d’initiatives individuelles préjudiciables à la liberté de citoyens, en dehors des lois sociales. Nous ne pouvons pas sombrer dans la dépression, nous ne baissons pas les bras, humains de corps et d’esprit, du verbe et de la liberté d’expression critique, de la nécessité de mouvement et de culture. Nous éprouvons des sentiments. La déconstruction de certains de nos modes de fonctionnements éthiques actuels, permet l’examen des fondements de l’organisation de nos vies en société. Examiner nos fondations pour continuer à bâtir.

Plusieurs chercheurs, dont des anthropologues et des psychiatres, se sont rassemblés en juin à l’EHSS afin de mettre en évidence les risques d’un Ministère de l’identité nationale et de l’immigration (pétition Terra qu’il est possible de signer sous un pseudonyme.)...

Il y a aussi tous ces chercheurs qui réfléchissent la notion de territoire... Ouvrir largement le débat, le rendre public...Nous manquons de cohésions, par manque d’informations convergentes. Elles se diluent. Pourquoi pas un grand rassemblement à la Mutualité française, quoique la conformité de la salle complique les discussions. C’est l’idée de mutualisation qui est importante. Certes rassembler les chercheurs "patentés", mais aussi tous les acteurs du social, les intellectuels, les scientifiques, les philosophes, les techniciens, les artistes, les artisans, les éducateurs, les enseignants, les médecins...

Pour le fonctionnement du groupe de réflexion un regret, celui d’avoir eu trop de difficultés à lire les infos du collectif Educ Pop par internet. Je vous ai listé ce que vous connaissez par coeur, avec le sentiment de la colère raisonnée, qu’on ne peut sans cesse étouffer au nom de la bienséance.

Au plaisir partagé, d’avoir vos avis et de nous remettre ensemble au débat.

Madeleine Abassade 26/07/07

Messages de forum :
Il y aurait le nouveau visage de la dictature
mardi 4 septembre 2007
Naya

En tant que professeur je m’insurge contre ce gouvernement qui fait appel à la délation pour condamner les familles les plus marginalisées. En tant que mère je m’insurge contre ce gouvernement qui veut ficher nos enfants dès la maternelle. En tant que contractuelle, je m’insurge contre ce gouvernement qui précarise les plus démunis. En tant que citoyenne, je m’insurge contre ce gouvernement qui surtaxe ses administrés les plus pauvres et les traite comme des délinquants en puissance. En tant que française je m’insurge contre ce gouvernement qui ne respecte pas l’engagement de la France, signataire de la charte des droits de l’homme adoptée en 1948. En tant qu’être humain je m’insurge contre ce gouvernement qui reconduit à la frontière des milliers de sans-papiers sans un regard pour leurs conditions et condamne la solidarité. En tant que locataire de la planète Terre, je m’insurge contre ce gouvernement dans ses orientations ou plutôt ses mauvaises orientations en matière d’écologie et qui considère le vivant comme une marchandise. En tant que républicaine, je m’insurge contre ce gouvernement qui dérive vers une dictature mettant tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme.



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