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A PROPOS DU LIVRE
" L’ECRAN ROUGE / syndicalisme & cinéma " , collectif dirigé par TANGUI PERRON
( éditions L’Atelier )
dimanche 24 juin 2018
publié par Marc Lacreuse

A PROPOS DU LIVRE

" L’ECRAN ROUGE / SYNDICALISME & CINEMA "

dirigé par Tangui PERRON

- éditions L’ATELIER

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" Le cinéma, art du XXe siècle par excellence, est né la même année, en

1895, que la CGT. C’est peu dire que leurs histoires se croisent . Ne serait-

ce que parce que, dès 1913, avec " des premiers essais du Cinéma du

peuple ", nous apprend Philippe Martinez, dans sa post-face, la

confédération s’est aussi " lancée dans des réalixations et des productions

cinématographiques ".

L’Ecran rouge, nous dit Tangui Perron, qui a dirigé cet ouvrage collectif de

17 autres historiens, se veut un " plaidoyer pour introduire l’histoire sociale

et syndicale dans l’histoire du cinéma ".

L’objet tient physiquement ce programme, articulé autour de quatre

chapitres respectant la chronologie d’années clefs - de 1936 à 1958 -,

rythmé par une galerie de portraits qui donnent chair ou rendent justice

aux " acteurs " de petites histoires comme de la grande . On pense au

poète Robert Desnos et à sa défense de l’unité des travailleurs, par-delà

les divisions syndicales ou à Louis Daquin, qui, comme Jean Grémillon, sera

aussi féministe, communiste et résistant, ou encore à Max Douy, dont la

mémoire intacte chatouillera certaines oreilles ... Et à ses " actrices " :

Claude Ibéria, avant-gardiste, tragédienne, monteuse, Marguerite Houllé,

qui occira un mari violent et sera compagne de Renoir, ou Simone

Signoret. Cette structure offre au lecteur une parfaite liberté de parcours

et de belles rencontres avec ce " souffle de l’histoire (qui) s’abat parfois

là où on l’attend pas " .

Le Front populaire, période de conquêtes sociales et de réunification

syndicale pour le secteur du cinéma, est un moment de rencontre entre

le septième art et le monde ouvrier. Si la figure de Renoir et le nom de ma

Marseillaise en demeurent des emblèmes, on(re)découvrira que des

fédérations de la CGT ( cheminots, bâtiment ou méttallurgie ) ont

commandé " Sur les routes d’acier " , " Les Bâtisseurs " et " Les

Métallos ", aux sorts divers. Surgissent les figures de Boris Peskine,

de Jean Epstein ou de Jacques Lemare ( qui filmera les Fêtes de l’Humanité

et défilés du 1er Mai pour le PCF ) ou, pour la musique, les noms de

Germaine Tailleferre et d’Arthur Honneger.

Dans un secteur travaillé par le corporatisme étroit, voire la xénophobie,

puis par l’anticommunisme, les problématiques ici étudiées de façon

passionnante, de la création d’un syndicat propre à tous les travailleurs

du cinéma ( le SGTIF ) comme des vélléités d’autonomie des réalisateurs

" artisans " ont des effet d’allers-retours avec les débats de réunification

puis de scission de la CGT, d’avant et d’après guerre.

On mesure, entre les deux, jusqu’où peut mener l’abandon de la

boussole d’un point de vue de classe et du souci du rassemblement le

plus large. Ce n’est pas un des moindres intérêts de la lecture. Un autre

tient serré un autre fil jusqu’au accords Blum-Byrnes, et , surtout, aux

luttes formidables de ces années 1947-1948 qui retrouvent liés les

deux acteurs, cinéma et syndicalisme, et voit traitée l’existence du

Festival de Cannes sous un angle inédit .

" Plongée salutaire dans l’enfance méconnue du cinéma français ", selon

la formule de Costa-Gavras dans sa préface, cet "Ecran Rouge" aide à

en saisir la vivacité, jusqu’à nos jours . "

Michel Guilloux

( publié dans l’Humanité du 21.06.18 )


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