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Médiapart (blog)
L’islamophobie, une arme de l’Organisation de la Conférence Islamique.
Roger Evano.
samedi 9 novembre 2019
publié par Christian Maurel

Un point de vue qui n’engage que son auteur, Roger Evano, sur une question de société particulièrement sensible et clivante... et lourde de conséquences. Alors qu’au même moment, un appel à manifester contre l’islamophobie est lancé. Voir sur ce site une publication de Marc Lacreuse du 6-11-2019 : ’’Nous dirons stop à l’islamophobie’’.

Christian Maurel, corédacteur du site.

L’appel à manifester le 10 novembre contre l’islamophobie reprend le mot employé par les idéologues de l’islamisme qui sous la bannière du racisme font passer en contrebande un projet totalitaire.

L’appel à manifester le 10 novembre contre l’islamophobie précise : « L’islamophobie en France est une réalité. Quel que soit le nom qu’on lui donne, il ne s’agit plus ici de débats d’idées ou de critique des religions mais d’une forme de racisme explicite qui vise des personnes en raison de leur foi. »

« Quel que soit le nom qu’on lui donne » ? Ce n’est pas au hasard que ce terme a été choisi comme intitulé de la mobilisation annoncée. C’est le mot employé par les idéologues de l’islamisme qui sous la bannière du racisme font passer en contrebande un projet totalitaire. Le texte de l’appel donne un bel échantillon du procédé, qui n’est pas nouveau . C’est en les traitant d’islamophobes que des fanatiques au nom d’Allah ont massacré la rédaction de Charlie Hebdo. Et les islamistes travaillent assidûment à réclamer des lois internationales criminalisant la critique à leur encontre.

La lutte contre « l’islamophobie » est l’objectif majeur de l’organisation de la conférence islamique (OCI). Cette organisation, qui regroupe 57 états musulmans, se veut une sorte d’ONU pour ces pays.

Son rapport publié en 2007 relatif à la lutte contre l’islamophobie explicite clairement le plan d’action au niveau international. Il vise à faire croire que la critique de la religion musulmane est assimilable à du racisme. Il y est dit :

. "Un des problèmes majeurs qui affectent aujourd’hui les relations internationales est la question de l’Islamophobie (…). La stigmatisation de l’Islam et l’intolérance raciale envers les musulmans des sociétés occidentales se sont accentuées. « (…). Les Musulmans des différentes parties du monde, d’occident en particulier, sont en train d’être victimes de divers stéréotypes racistes et de toutes sortes de traitements discriminatoires. Les symboles les plus sacrés de l’Islam, en particulier l’image sacrée du Prophète Mohamed (PSL), sont profanés et dénigrés de la manière la plus insultante, la plus offensante et la plus méprisable en vue d’inciter à la haine et aux troubles dans la société. Face à cette situation, les chefs d’état et de gouvernement ont, durant le 3ème Sommet extraordinaire tenu à la Mecque en décembre 2005, adopté le programme d’action décennal de l’OCI qui a institué entre autres un Observatoire au Secrétariat général de l’OCI pour combattre l’Islamophobie (…).

Sous prétexte de lutter contre un racisme antimusulman c’est le droit au blasphème qui est visé. Le sacré devient un domaine préservé de toute critique qui mettrait en doute les dogmes religieux. L’OCI fait pression sur les instances internationales : le Secrétaire Général des Nations Unies, le Haut Commissaire de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et la Sécurité Communes, le Secrétaire général de la Ligue des États Arabes et les gouvernements des pays occidentaux. Son objectif est de créer un cadre juridique qui interdirait tout blasphème assimilable à de l’islamophobie. Finies les caricatures du prophète Mahomet dans Charlie hebdo et le journal danois, terminée l’étude du coran qui ne soit pas conforme, tout cela, si la démarche aboutissait, relevant des tribunaux. Les pays à la tête de l’OCI sont l’Arabie Saoudite, le Pakistan, le Maroc, la Turquie, le Soudan …Quand on sait comment ils traitent leurs opposants, emprisonnement, coups de fouet, l’on ne peut qu’être inquiet de voir certains des principaux dirigeants de gauche et Médiapart s’associer à ce combat contre les libertés mené par des théocraties totalitaires.

La référence pour ces 57 états de l’OCI est la déclaration des droits de l’homme en islam adoptée au Caire le 5 août 1990. Cette adaptation de la déclaration universelle des droits de l’homme a pour colonne vertébrale la loi religieuse (la charia). Elle limite la liberté d’expression, refuse l’égalité de l’homme et de la femme, condamne l’homosexualité et la démocratie ainsi que la liberté de choisir sa religion et d’en changer (droit d’apostasie).

"Toute personne a le droit d’exprimer ses pensées et ses convictions dans la mesure où elle reste dans les limites de la Loi (Charia)".

"Les droits de l’homme sont fortement enracinés dans la conviction que Dieu, et Dieu seul, est l’auteur de la Loi et la source des droits de l’homme". (déclaration des droits de l’homme en islam)

Quelles sont les pratiques des États qui se mobilisent contre l’islamophobie dans les pays qu’ils gouvernent ? L’athéisme y est impensable, toutes les religions autres que l’islam sont discriminées, leurs pratiques contrôlées, l’apostasie est punie, la laïcité combattue, les constructions d’églises, temples ou synagogues interdites ou soumises à des autorisations délivrées au compte goutte . Dans de nombreux États, l’antisémitisme est encouragé . Voilà avec quels bons partenaires (dont le CCIF qui s’inspire à la fois de l’OCI et des frères musulmans), une partie de la gauche nous propose de lutter contre le racisme antimusulman !

Plusieurs protagonistes sont sur le point de lancer de nouvelles opérations . Alors que les belles âmes abusées se pressent pour combattre l’islamophobie en France, elles pourront profiter prochainement d’un nouvel allié de poids. Un média « contre l’islamophobie » créé par trois États La Turquie, le Pakistan et la Malaisie a été annoncé lors de l’Assemblée générale des Nations Unies par le Président Erdogan, le Premier ministre malaisien Mahathir Muhammed et le Premier ministre pakistanais, Imran Khan.

Monsieur Altun chargé de communication du Président Erdogan nous explique les objectifs de cette nouvelle chaîne de télévision qui émettra en anglais :« Notre président a, au cours de son discours historique devant l’Assemblée Générale des Nations unies, attiré l’attention particulièrement sur le sujet de l’Islamophobie et assuré que l’une des plus grandes menaces contre la paix et la sérénité mondiale est l’augmentation du racisme, de la xénophobie, de la discrimination et de l’Islamophobie. En conséquence de quoi, il est nécessaire de mettre en place une lutte internationale multidimensionnelle contre l’Islamophobie et la haine de l’Islam.

Notre président est un leader qui a, à maintes reprises, indiqué que l’Islamophobie est un crime contre l’humanité au même titre que l’antisémitisme. L’Islamophobie est une forme de racisme, un crime de haine et qui malheureusement est produite de nouveau de manière systématique. Les leaders qui n’arrivent pas à construire de la politique ont recours à des comportements Islamophobes, nous en sommes témoins. »...

https://www.aa.com.tr/fr/turquie/al...

Erdogan envoie ses troupes en Syrie pour chasser les Kurdes de sa frontière. Ceux-ci ont combattu victorieusement l’État Islamique (EI), instauré une administration laïque, démocratique, féministe, respectueuse de toutes les religions et non discriminatoire. C’est le dictateur turc, soutenu par les Frères musulmans qui viendrait nous expliquer comment combattre le racisme. !

Le racisme antimusulman existe en France. Il doit faire l’objet d’un combat constant et résolu. Appelons-le par son nom et non par ce terme d’islamophobie qui n’est que l’arme de l’obscurantisme islamiste dont les premières cibles sont les populations musulmanes elles-mêmes. La bannière de l’OCI, du CCIF des Frères musulmans et d’Erdogan n’est pas la bannière de la lutte contre le racisme antimusulman.

Roger Evano.

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Roger Evano ex-ébéniste, auteur.


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