Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteThèmesPratiques artistiques
Lecture publique de Frédéric Faure
"LA FOURRURE DE MA TANTE RACHEL"
A la Maison de l’Arbre à Montreuil
mardi 8 janvier 2013
publié par Marc Lacreuse

FREDERIC FAURE PROPOSE UNE LECTURE PUBLIQUE

A PARTIR DU LIVRE DE RAYMOND FEDERMAN :

" LA FOURRURE DE MA TANTE RACHEL "

à la MAISON DE L’ARBRE / LA PAROLE ERRANTE

9 rue François Debergue - 93100 MONTREUIL.

LE VENDREDI 18 JANVIER 2013 à 19H30


Au début de la lecture, la salle est plongée dans une semi-obscurité, il n’y a qu’une seule lumière provenant d’une lampe sur une table. Proche du public, le comédien-lecteur établit assez vite avec les spectateurs, devenus ses « interlécouteurs », une relation directe, un drôle de dialogue, à l’image de celui que le texte déploie — l’auteur s’adressant sans détour à son lecteur, l’interpellant, le houspillant même parfois pour le maintenir en éveil, c’est qu’il faut qu’il aille au bout de son idée qui n’est pas facile à dire. Pourquoi cette pénombre ? — Pour mieux tendre l’oreille, et percevoir la noirceur de certaines enfances. Celle de Raymond Federman se déroule tranquillement à Montrouge, jusqu’en 1942 où il échappe de peu à la rafle du Vél’d’Hiv’ — sa mère le pousse dans un débarras en lui ordonnant de se taire. Le reste de la famille meurt dans des camps de concentration ; ne survivront que quelques oncles et tantes que le jeune Raymond rejoindra en zone libre, avant d’émigrer en 1947 aux Etats-Unis et d’y écrire la première thèse en anglais sur Beckett.

Parmi ses titres les plus emblématiques, mentionnons : La Voix dans le débarras et Quitte ou double. Il y a chez Federman une urgence à dire qui se combine avec l’art de la digression, et c’est grâce à son ressort comique que cette voix réussit à survivre au débarras, à sortir des cauchemars de l’Histoire. La sur-vie imposant une vie plus intense, une étrange joie funambulesque.

« Tu sais ma mère elle pleurait souvent, elle avait toujours ses grands yeux noirs pleins de larmes, d’ailleurs c’est à peu près tout ce dont je me souviens d’elle… Ce dont… tiens d’où ça sort ce ce dont… me dis pas que tout à coup je vais me mettre à parler en Belle-Lettres, alors là… Oui, ma mère elle avait toujours ses grands yeux noirs pleins de larmes, ah qu’est ce qu’elle a pu pleurer dans sa vie ma mère, en tous cas ça a pas duré beaucoup, elle a pas vécu longtemps… Bon, mais tu vois comme je suis incorrigible, je m’égare tout le temps et j’arrive pas à te raconter ce que je voulais te raconter, c’est l’histoire de ma tante Rachel que je veux te raconter, histoire formidable… Alors ce coup-ci j’y vais, pour le moment oublie ma mère avec ses yeux pleins de larmes, je t’en parlerai plus tard… »

Raymond Federman, La Fourrure de ma tante Rachel

La lecture dure 45 minutes, elle est faite d’extraits du livre de Raymond Federman et ponctuée par deux morceaux de jazz : Je cherche après Titine (Henri Crolla) et Cleopatra’s Dream (Bud Powell).Eléments biographiques de Frédéric Faure :

Né en 1963, j’ai écrit les textes Calaisiennes, Esquisses de Londres et Vert Secret (publiés respectivement dans les revues Po&sie n° 63, N 4728 n°19 et remue.net) — ce dernier récit a donné lieu à des lectures publiques. J’ai joué Shakespeare, Duras, Brecht, Claudel, Byron et Tchekhov avec la compagnie de Séverine Batier (Théâtre de Buée) et Pinter avec celle de Vincent Lacoste (Groupe Expir). J’ai réalisé le film Le Baron Pourquoi (d’après un conte d’Edward Lear) et mis en scène un spectacle de mes courtes pièces intitulé Un bouquet de catastrophes. Je suis un des quatre auteurs-metteurs en scène-comédiens du spectacle collectif Les artistes et pouvoir, créé par le Théâtre de Buée en juillet 2011 au festival de Limoux (prix de la ville du concours de formes courtes).


Répondre à cet article