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par Marc Lacreuse
LE PEUPLE NIÉ
mercredi 23 avril 2008
publié par Fernand Estèves

Une des questions déterminantes concernant la recherche d’alternative à la déshumanisation accélérée mise en œuvre par la capitalisme contemporain, national et international, résidera sans doute dans le statut qui sera accordé par la pensée et l’action politiques à la question du « peuple » et à celle de sa composante agissante : « le citoyen ».

Cette évidence proche du lieu commun a toujours constitué un des éléments de la mesure de l’état des lieux démocratique de nos sociétés. Mais elle prend aujourd’hui une importance inédite dans la mesure où, contrairement aux époques où il s’agissait de se réclamer haut et fort de la légitimité populaire, ce qui caractérise la nôtre est précisément l’apparition et la montée en puissance de stratégies visant à s’en éloigner de plus en plus sciemment et ouvertement.

Qu’un vote populaire ait pu juger nul et non avenu en son temps un projet de constitution européenne concocté de la manière la plus technocratique et ploutocratique qui soit, et mette ainsi en selle la fonction d’intelligence collective du peuple au point que cette dernière aille , bien au-delà du seul rejet, jusqu’à construire des hypothèses d’alternatives à celui-ci, a constitué un danger rapidement estimé à sa juste valeur par les tenants des pouvoirs en place : celui de voir les fondations de la démocratie délégataire être soupçonnées d’obsolescence et , pire encore, de voir se lever une dangereuse volonté d’émancipation de cette même démocratie en vue de nouvelles conquêtes …

Le capitalisme a besoin d’un développement durable - le sien - , et trop d’acquis populaires lui sont des obstacles insupportables .

Le peuple lui a imposé un camouflet intolérable lors du vote concernant le projet de traité ? Essayons de changer le peuple ! Les diverses mainmises médiatiques du pouvoir et la « politique » spectaculaire (1) de Mickey Sarkozy s’y emploient au quotidien

Mais il s’agit de faire plus encore, dans l’urgence : évitons-le peuple, contournons-le, et , si possible, nions-le ! Et pour cela, redevenons versaillais !

Que l’on ne se trompe pas : le mouvement de démantèlement de la démocratie ici en oeuvre , participe d’une stratégie ample , puissante et internationalement « pensée ». Et ces temps-ci sont de plus en plus ceux de la sauvagerie d’Etat . L’effort révolutionnaire ne peut consister en une seule riposte aux conséquences de ces dérives : il doit porter aussi , et tout autant , sur la capacité , pour les acteurs de la pensée et de l’action politiques, c’est à dire les citoyens, au premier chef, de ne plus accepter d’être dessaisis de leur dimension fondatrice de cellule initiale de la vie démocratique, et de (re)construire les nouveaux outils qui en seront les meilleurs artisans .

Cette ambition et la seule permettant d’imaginer et fonder de nouvelles avancées pour cette démocratie mise à mal, la faisant passer d’une démocratie de délégation ( historiquement féconde , mais devenue exsangue), vers une démocratie délibérative pour et par le peuple, dans tous les domaines : économiques , sociaux , culturels .

Oui : tout ou presque est à inventer pour aller en ce sens . Il s’agit d’une ligne d’horizon . Une manière aussi de dire que l’Histoire n’est pas finie.

Je ne vois rien qui puisse échapper à cette exigence contemporaine.

Et rien ne me frappe davantage aujourd’hui que l’insuffisance des ambitions dont sont porteurs les acteurs historiques de l’émancipation démocratiques ( partis , syndicats, institutions républicaines, associations …) vis à vis des défis à relever .

(1) : Guy Debord : La société du spectacle

Marc Lacreuse 15 janvier 2008

Messages de forum :
LE PEUPLE NIÉ
mercredi 30 avril 2008
Claude TOULON

Bonjour Marc, bonjour Fernand,

Votre raisonnement est depuis longtemps le mien. C’est aussi pour cela que je vous suis. Les espaces institutionnalisés ou non d’échanges de pensées, de raisons, de pratiques, de recherches alternatives se multiplient... Vous convenez que le temps de "l’agir", du "faire" est arrivé. Je vous suis toujours.

Mais, là, je suis comme vous : je ne peux agir seul ! 1°) Dans quel espace libre, de pensées libres et de paroles libres, pouvons-nous partager un "je peux partager de la pensée dans le but de construire une autre pratique politique humaniste ?" 2°) A la suite et parallèlement, comment investir, chacun librement selon sa sensibilité idéologique, des partis politiques sclérosés et prendre les pouvoirs dans ces partis. Car, en France, les Pouvoirs Républicains passent encore par les Partis Politiques.

Réponse : l’OCR peut-il être un outil spéculatif et opératif utilisable à ces effets ?

Comment agir pour un avenir solidaire ?

J’espère vous lire et mieux encore, vous retrouver. Ne serait-ce que pour boire un pot !

Fraternellement, Claude TOULON.°.