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" LES BESOINS ARTIFICIELS , COMMENT SORTIR DU CONSUMERISME "
de Razmig KEUCHEYAN ( Ed. La Découverte ) / publication d’Espaces Marx
lundi 14 octobre 2019
publié par Marc Lacreuse

LIRE / DEBATTRE / AGIR

" LES BESOINS ARTIFICIELS, COMMENT SORTIR

DU CONSUMERISME "

de Razmig KEUCHEYAN

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( présentation publiée sur le site ESPACES MARX ) :

"En créant sans cesse des besoins qu’il se propose de satisfaire, le capitalisme nous tient.

Avec "Les besoins artificiels", Razmig Keucheyan nous donne à penser la « révolution des besoins » devant accompagner un dépassement du capitalisme. Avec une relecture des écrits d’André Gorz et d’Agnès Heller, le professeur de Bordeaux esquisse une définition des besoins « authentiques ». Dans cette réflexion, le sociologue évite deux écueils : la responsabilisation individuelle et la technocratisation. D’une part, si les conceptions de ce qu’est un besoin « authentique » varient, sa définition ne peut être que collective. En faisant le parallèle avec les groupes de parole des alcooliques anonymes, Razmig Keucheyan montre comment ces derniers parviennent à allier l’expression de la subjectivité de leurs membres avec l’ancrage dans un collectif susceptible d’agréger un grand nombre d’individus.

La définition du « besoin authentique » n’est ainsi pas ontologique mais dialogique. De plus, le sursaut ne pourra être que structurel dans la mesure où les besoins ne sont pas simplement affaire de consommation mais également de production. En historicisant le besoin, Razmig Keucheyan montre que l’objet consommé modifie toujours le besoin sous-jacent, dévoilant le caractère « absolu et historique » du besoin. Citant Marx (« à chacun selon ses besoins »), il insiste sur le fait qu’une politique émancipatrice se doit d’adosser la question du besoin à celle de la « vie bonne », comme l’affirment Gorz et Heller.

D’autre part, il insiste également sur le fait qu’une nouvelle politique des besoins nécessitera une délibération collective et démocratique. Face au risque d’une « dictature des besoins », qu’il assimile aux anciens régimes soviétiques, il nous rappelle qu’il s’agira d’agréger les masses à une telle politique. Le sociologue aborde alors la question stratégique.

Prenant en compte la mutation logistique du capitalisme, secteur alliant consommation et production, Razmig Keucheyan affirme que les salariés de ce secteur constituent la « nouvelle classe ouvrière ». Il s’agit alors, selon lui, de réussir à allier luttes de consommateurs et de producteurs. Dans ces nouveaux registres de lutte, Keucheyan inclue un nouveau motif : celui de la « déprivation ». À partir d’une généalogie de l’éclairage public et de la lutte contre la pollution lumineuse, il nous montre comment le capitalisme, en répondant à un nouveau besoin, détruit un besoin qui était satisfait auparavant. Le « combat pour l’obscurité » est l’exemple même de cette « désaliénation », c’est-à-dire la revendication de ce que le capitalisme a endommagé.

Alliant ainsi réflexions théorique et stratégique, Razmig Keucheyan nous livre un ouvrage dense et grand public à l’heure où la crise environnementale nous amène plus que jamais à penser « ce qui est nécessaire ». "

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