Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteExpressions
La Peste d’Albert Camus : fausse piste !
Le nouveau coronavirus et la solidarité mondiale
lundi 3 février 2020
publié par Madeleine Abassade

Parmi les médias consultés sur Internet, de France, d’Espagne, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord, tous parlent de l’évolution de la nouvelle épidémie. Certains commencent à vouloir tirer une morale de la situation.

Le 1 er Février 2020, s’affichait sur les écrans des abonnés ou non de Médiapart qu’ « Il faut combattre mais aussi penser le coronavirus », prenant le coronavirus comme métaphore d’un combat à mener contre les attaques d’un virus dont la première victime est la vie démocratique. L’auteur de l’article se demande si « Surveiller et guérir, [n’est pas] le mot d’ordre immuable des autorités ? Dans notre vision des épidémies, n’y a-t-il pas une dimension impérialiste ? » Invitant des historiens de la santé et des crises sanitaires, géographe ou philosophe, le journaliste veut apporter carrément des « réponses » à des questions qu’il est le seul à poser.

Vouloir faire de cette épidémie, au prétexte qu’elle vient de Chine et va forcément susciter la curiosité, un sujet philosophico-politique autour de la menace qui pèserait sur la démocratie, semble pour le moins excessif. Médiapart ne recule devant aucun excès. Cela a pour seul avantage de pousser le lectorat à chercher d’autres informations et de prendre le temps d’aller visiter les sites de l’OMS [1], de l’Institut Pasteur [2], ou encore celui du Ministère des Solidarités et de la Santé pour savoir de quoi il retourne exactement, hors toute polémique inutile [3]. Voire de lire ou de relire, La Peste d’Albert Camus dont il est fait mention par une des personnes interrogées, même si c’est une fausse piste.

Loin des polémiques inutiles qui participent à dramatiser le phénomène, on peut lire sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé -OMS qu’elle part en guerre contre les rumeurs et les fausses informations au sujet de l’épidémie causée par un nouveau coronavirus apparu en Chine, et reste prudente. Elle remercie la Chine de l’avoir prévenue, cette fois, très vite, ne reproduisant pas son silence de 2002-2003 à propos d’un autre SRAS syndrome respiratoire aigu sévère. Grâce à une mobilisation internationale sans précédent, motivée par l’alerte mondiale déclenchée le 12 mars 2003 par l’OMS, l’épidémie avait pu être endiguée.

Cette fois, la découverte d’un nouveau coronavirus appelé 2019-nCoV, différent des virus SARS-CoV, responsable de l’épidémie de SRAS en 2003 et MERS-CoV, responsable d’une épidémie évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient, a été rapidement annoncée officiellement par les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Comme chacun sait, la lutte contre le virus est en cours.

Une métaphore ?

Ainsi, évoquer, pour ne pas dire comparer - comme le fait l’un des invités dans l’article de Médiapart susmentionné-, La Peste à Oran d’Albert Camus, comme on dirait le coronavirus à Wuhan en Chine, interroge sur ce que peut signifier de susciter un débat sans objet, l’épidémie de l’un n’ayant rien à voir avec l’autre. Le premier est un roman publié en 1947 qui est la métaphore d’une situation politique du pire, celle de l’envahissement du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, quand le second est la réalité d’une épidémie contre laquelle s’associent des pays grâce au relai de l’Organisation Mondiale de la Santé. Il se pourrait alors que soit considérée la capacité de solidarité des puissances des Etats, certes les plus riches, au moins en matière de santé. Quant à l’impérialisme, les normes qu’une idéologie veut imposer de manière sous-jacente sont toujours à interroger, mais en matière de virus et de ses graves effets à l’échelle mondiale, soulever un débat apparait inutile.

M.A

[1] https://www.who.int/fr

[2] https://www.pasteur.fr/fr

[3] Ministères des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/s...


Répondre à cet article
Articles de cette rubrique