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Les imaginaires de Marseille.
Friche de la Belle de Mai / 23 janvier.
samedi 9 janvier 2016
publié par Christian Maurel

Psychanalysons Marseille !

"Les imaginaires de Marseille", samedi 23 janvier 2016 à partir de 9h30, Salle des Machines, Friche Belle de Mai / Marseille.

Avec Florence PAZZOTTU, écrivaine, poète et vidéaste (http://www.altravoce-marseille.com/), et Hendrik STURM : artiste-promeneur, enseignant à l’école d’art de Toulon (http://strabic.fr/Hendrik-Sturm-l-i...).

Les représentations imaginaires de Marseille ne sont pas consensuelles. Les élites valorisent la ville-monde : entre ouverture métropolitaine et sociabilités de villages. Les minots des quartiers nord slament et rappent la vie des « quartiers ». Les bourgeois des quartiers sud vantent les plaisirs nautiques et les mouillages à l’écart des plages du Prado. Les classes moyennes du centre ville sont sensibles à la mixité et au brassage. D’autres tiennent à rappeler qu’il s’agit d’une ville populaire où « le peuple » se rencontre au détour de la Canebière ou de la Capelette… A travers la mise en avant de l’accent et des loisirs d’ici conjugués en espadrille à l’ombre des platanes, les élites aiment mobiliser l’ambiance si « populaire » de Marseille, ce qui leur permet d’accroître les inégalités en laissant croire le contraire.

Faisons l’hypothèse que cette absence de consensus renvoie à des réalités urbaines fragmentées, où, à la différence des autres villes françaises, les banlieues ne sont pas en dehors mais en dedans. Et que les discours du marketing territorial, qui dans d’autres villes tendent à unifier l’image de l’urbain, provoquent ici au contraire de l’exclusion, de la ségrégation et du morcellement.

La séance « Psychanalysons Marseille ! » se donne pour objectif de mettre en perspective la pluralité de ces représentations et de ces imaginaires contradictoires, qui se manifestent par des slogans : « tous ensemble » ou « fiers d’être marseillais ».
L’objectif serait d’examiner la subjectivité à l’œuvre dans la construction de nos représentations de Marseille. Comment le mythe fondateur de Marseille (Protis et Gyptis) s’accommode-t-il de la négation de la figure de l’Autre dans le contexte migratoire actuel ?
La Méditerranée comme argument de marketing politique et intellectuel est-elle encore porteuse d’un sens partagé ? N’est-elle pas plutôt en train de devenir un mythe perdu, une parole creuse et morte ?


Pour cette fois, il s’agit de ne pas se contenter de mobiliser des approches des sciences sociales qui tendent à évacuer la subjectivité, mais de prendre en compte l’imaginaire qui entoure cette « ville », ses légendes, ses mystères et ses stéréotypes (ville populaire, cosmopolite, la plus vieille de France…).
Pour cette première séance, les intervenants proposent une approche sensible des stratigraphies modestes et invisibles qui constituent l’esprit des lieux. Le passé, le temps et la mémoire de la ville, ses ombres et ses territoires de mystères, ses plis et ses lignes de fuite condensées dans les ombres portées des lieux, des objets et des récits… Une traversée de la ville comme sujet, aux prises avec ses fantasmes, ses dénégations et son rapport ambivalent à l’altérité….

Nous vous attendons nombreux.

Pour Pensons le Matin, Claire Hofer.


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