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Pour un désarmement mondial ! l’UTOPIE N’EST PAS MORTE
Les munitions sont le combustible des conflits
GROUPE DE RECHERCHE ET D’INFORMATION SUR LA PAIX ET LA SECURITE
vendredi 25 novembre 2016
publié par Madeleine Abassade

Préambule Pour un désarmement mondial ! L’Utopie n’est pas morte : Madeleine Abassade. Education Populaire & Transformation Sociale. 25 Novembre 2016

Dans une période où les conflits armés ne cessent de tuer, de terroriser et de jeter sur les routes du monde des femmes, des enfants et des hommes cherchant un refuge et la paix auprès des pays européens, l’article de Christophe Stiernon -dont nous publions des extraits ci-après en invitant les lectrices et lecteurs à en lire l’intégralité-, et le site http://www.grip.org/fr dont il est issu, mettent en évidence, de manière sous-jacente et par voix de conséquence, ce qu’on peut considérer comme une certaine hypocrisie de la part des politiques européennes face au grave problème de l’accueil des réfugiés qui occupe à juste titre l’actualité.

Considérant cette hypocrisie, si le terme convient, on peut considérer que le terrorisme qui viendrait du Moyen Orient et qui menacerait en permanence les pays occidentaux ou se réclamant de l’Occident, serait armé, au moins pour partie, par ceux là-même qui le dénonce. L’islamophobie serait, alors, une manipulation pour masquer la source du problème d’un protectionnisme euro-nationaliste et capitaliste, portée par la protection des fabricants d’armes qui participent à enrichir les pays européens concernés et l’Union Européenne que chaque pays contribue à financer. Il ne s’agit pas d’en finir avec l’Europe, mais de la transformer pour l’union, qui est une force , favorable à la libre circulation des savoirs, des biens et des personnes, à l’égalité, œuvrant pour le bien de l’humanité par delà les frontières.

L’arrêt de la fabrication des armes, et plus précisément l’arrêt de la fabrication des munitions, est la solution à l’arrêt des terrorismes de tous poils.

La reconversion des usines d’armement en production d’objets de consommation favorables à la vie sur terre, se heurte à la saturation des produits de consommation déjà existants, à l’augmentation des chiffres du chômage dans la période qui précéderait leur reconversion si rien n’est pensé ni préparé en amont. Et surtout se heurte à un manque de volonté des politiques pour la transformation de nos société, dont témoigne le jeu, savamment orchestré et relayé par des médias télévisuels, de la course au pouvoir organisée par un parti, dans cette période qui précède les prochaines élections à la présidence de la France.

Il est évident que si les pays européens augmentaient le nombre des établissements scolaires et de soins, des écoles de formation du futur personnel dont la charge actuelle de travail est considérable, et des universités de technologie pour de futurs ingénieurs formés, y compris aux questions de sociétés, à la fabrication du matériel le plus perfectionné pour permettre à ces services de développer leurs performances et d’ouvrir plus largement leur accès, sans parler du développement de machines et autres moyens de transport non polluants en termes d’énergie et de bruit, un grand chantier, pourvoyeur d’emplois, de paix, et de mieux vivre, serait mis en oeuvre.

Le désarmement ne peut être qu’international. L’Organisation des Nations Unies pourrait jouer un rôle majeur en ce sens... Le développement des relations internationales avec les pays hors union européenne, qui participent eux aussi à la fabrication des armes, serait aussi un immense travail à accomplir. Il nécessite la formation accrue dans l’apprentissage des langues étrangères, et en matière de connaissance et reconnaissance des cultures des autres, et une approche de politiques étrangères selon un angle différent que celui de la course à la concurrence et au profit financier.

La réduction du temps de travail, pour le partage des postes, sans diminution des salaires, la répartition des moyens financiers plus équitables, l’aide aux peuples en grande difficulté de survie qui demanderait la fabrication de techniques et la formation en personnel pour rendre la planète vivable pour tous, est possible. Les idées de transformation de nos sociétés pour servir une oeuvre de paix et l’égalité des chances de réussite, ne manquent pas. Ce sont autant de recherches -actions en cours, pour servir une éducation populaire favorable à la transformation sociale, à laquelle notre site se veut de contribuer, outil partagé, invitant chacune et chacun à y mettre en commun ses propres réflexions et les informations dont ils disposent.

Le GRIP Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité, fait partie de ces organisations non gouvernementales qui laissent augurer d’un avenir, certes qui tarde à advenir, plus serein, qui passe par l’ accès aux savoirs et à leur partage.

- Le GRIP est un centre de recherche indépendant, reconnu comme organisation d’éducation permanente par la Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique). L’équipe est composée d’une vingtaine de collaborateurs permanents : les chercheurs, les chargés des publications et de la communication, le documentaliste, et le personnel administratif et de secrétariat. Le secteur recherche est aussi renforcé par une quinzaine de chercheurs-associés, en Belgique et à l’étranger. Le GRIP est actif au sein de nombreux réseaux internationaux de recherche.

Christophe Stiernon est chercheur au GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la paix et la sécurité), pour le projet « Armes légères et transferts d’armes ». Il travaille en particulier sur les questions liées au contrôle des transferts d’armements de l’Union européenne et les instruments internationaux de contrôle des armes légères et de petit calibre

Il est l’auteur de l’article "Armes légères et de petit calibre : chiffres, enjeux, tendances" http://www.grip.org/fr/node/2147, dont nous reproduisons ci-après des extraits.

Les munitions : le combustible des conflits

Lors d’une étude de 2012 sur la répartition de la valeur financière du commerce international entre quatre sous-catégories d’ALPC (armes de petit calibre, armes légères, pièces et composants, munitions), le Small Arms Survey a estimé que le commerce des munitions pèse à lui seul plus lourd que les trois autres catégories réunies. Ce constat rappelle le rôle incontournable des munitions qui, à la différence des armes, sont à usage unique. Sans elles, les armes ne sont pas d’une grande utilité. Dès lors, leur caractère à la fois éphémère et essentiel en fait une denrée très convoitée en zones de guerre, de tensions ou de criminalité. Les munitions sont donc bel et bien le combustible des conflits.

Un commerce très occidental

En 2014, les pays membres de l’UE ont rapporté avoir octroyé des licences d’exportations d’ALPC et de munitions pour une valeur totale de plus de 10 milliards EUR, dont 6,5 milliards EUR uniquement pour des munitions. Ce chiffre a plus que doublé par rapport à 2013. Il doit cependant être pris avec précaution et apparaît artificiellement élevé en raison d’un changement dans la politique française d’octroi de licences d’exportation en 2014. Les pays membres de l’UE avaient octroyé des licences d’exportations pour une valeur de 4,6 milliards EUR en 2013 et 3,9 milliards EUR en 2012 (+18 %). Les principales destinations (hors UE) des exportations d’ALPC et munitions de l’Union européenne sont l’Arabie saoudite (1,84 milliards USD), les États-Unis (1,79 milliards USD), l’Irak (361 millions USD) et les Émirats arabes unis (307 millions USD).

La Belgique et le commerce des ALPC

En 2014, la Belgique a rapporté avoir octroyé des licences d’exportations d’armes légères et de petit calibre, de leurs pièces détachées, accessoires et munitions pour une valeur totale de plus de 835 millions EUR[11]. Si on omet la France, dont les chiffres sont artificiellement gonflés à la suite d’une réforme du système d’octroi de licences en juin 2014[12], la Belgique occupe la première place au niveau de l’Union européenne pour ces catégories d’armes, devant le Royaume-Uni (713 millions EUR). Le total des licences d’exportations d’ALPC de la Belgique se monte à plus de 3,8 milliards EUR sur la période 2007-2014. Avec près de 700 millions de licences octroyées pour des ALPC en 2014 (et un chiffre similaire en 2015), la Région wallonne est de loin la région de Belgique la plus active sur le marché des ALPC.

Selon les données du Small Arms Survey, en terme d’exportations et d’importations effectives, la Belgique est le onzième exportateur et le quinzième importateur d’ALPC au monde en 2013 avec des exportations d’ALPC et de munitions totalisant près de 200 millions USD[13]. Plusieurs éléments indiquent néanmoins que ce chiffre serait largement sous-estimé. Une estimation plus proche de la réalité se situerait entre 350 et 450 millions USD, pour ce qui est de la valeur des exportations annuelles effectives d’armes légères et de petit calibre, de leurs pièces détachées, accessoires et munitions de la Belgique entre 2013 et 2015.

-  L’intégralité de l’article / http://www.grip.org/fr/node/2147


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