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Lettre de l’OCR - N°3
Compte-rendu du collectif du 15 septembre 2006
mercredi 24 janvier 2007
publié par Collectif

Dans ce numéro :

- Entre « débat » et « analyse de pratiques »
- Entre « recherche » et « action »
- Un site d’observation et de recherche action à SEVRAN. L’observation d’un cas concret par Franck Lepage
- « Gouvernance » ou « démocratie locale » à Sevran ? l’analyse de Michel Bouillot
- « Culture » ou « Politique »
La mise en place du sous-groupe Culture animé par Frédéric Skarbek.
- Liste des sous-groupes

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La lettre de l’OCR n°3
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« Gouvernance » ou « démocratie locale » à Sevran...

L’observation d’une réunion

Conformément au souhait du collectif depuis la précédente réunion, nous examinerons à chaque nouvelle rencontre un cas d’observation concrète qui sera proposé à la discussion collective. l’idée est de sortir de la discussion intellectuelle, de l’échange d’idées formelles et abstraites, qui, pour intelligentes qu’elles soient, ne nous permettent pas de revendiquer une démarche d’’éducation populaire refondée. C’est pour cettte raison que nous avons souhaité asseoir notre collectif sur un exemple d’expérimentations, de sites, considérés comme autant de recherches-actions. (...)

Fonctionnement du collectif

Quelles formes de travail ?

Frédéric Skarbek

Il nous faut travailler dans des sous-groupes des thématiques et des problématiques pour les faire connaître à l’ensemble du collectif. On pourrait s’y retrouver sur des thématiques larges, par exemple sur le champ culturel, définissant nos objectifs à l’intérieur de ces sous-groupes.

La difficulté fondamentale est liée à notre ambition de travailler en commun pour éviter les divisions, et les séparations. Mais je crois que c’est ce qui fait obstacle à une production. Nous n’’arrivons pas à avancer, parce que fondamentalement, d’un point de vue humain, nous devons définir « un » objectif avec des représentations, des motivations, des ressorts, des compréhensions, des visions différentes - et c’est d’ailleurs totalement en contradiction avec notre approche préalable. (...)

Dépasser le « débat »
analyser des pratiques.

Alexia Morvan :

Alexia MorvanIl y a une difficulté dans ce groupe, qui consiste à nous situer constamment dans ce que l’on « croit ». Arrivée à un certain stade dans ce collectif, j’ai vraiment besoin que l’on parle de nos pratiques.

Lorsque nous disons qu’il faut créer des situations qui favorisent l’esprit critique où l’esprit politique, j’ai envie de demander ce que l’on fait concrètement, quelle situation nous fabriquons, qu’est-ce qui se passe concrètement dans cette situation et qu’est-ce que cela produit  ? Et que pouvons-nous nous transmettre de ces différentes expériences ? (...)

Qu’appelons nous « recherche-action » ?

Franck Lepage :

Les livres existent. Les analyses politiques intelligentes existent. Et il y a une coupure inquiétante entre le monde des travailleurs, et notamment du travail social, et la production intellectuelle sur le travail social. Or nous savons qu’il ne suffit pas de lire ou de faire lire des analyses politiques sur l’insertion pour que les agents d’insertion arrêtent de faire leur travail. Sans quoi, il y a belle lurette que les enseignants se seraient mis à enseigner différemment.

Le problème est donc de permettre aux agents, (appelé à tort des « acteurs  »), de refaire tout le parcours à partir de leur propre expérience (...)

Entre recherche, action et propositions.

José Tovar :

je suis en train de créer une université populaire, et j’aimerais échanger sur cette expérience. Je ne peux pas en parler sur le mode de l’action culturelle parce que cela n’est pas mon projet. Mon projet c’est l’échange et la construction de savoirs dans un souci de relance de la citoyenneté, de la nécessité de l’intervention collective dans tous les domaines qui concernent la vie de la cité. (...)

Recherche-action à Sevran

Franck Lepage,
chargé d’une étude sur la participation à Sevran

Objet de l’observation :
Réunion des professionnels d’un quartier de Sevran.
Objectif : « relance d’un collectif de coordination du quartier ».

Un nouvel agent dans le dispositif communal : le « développeur social » dont la mission est créée complémentairement aux « développeurs urbains » déjà en place et chargés de la rénovation des quartiers, convoque une réunion de tous les professionnels intervenant sur un quartier (une quarantaine de personnes), dans l’optique de créer une dynamique collective de travail entre des professionnels de secteurs très différents et se rencontrant peu (...)

- La tyranie du projet (...)
- Le rêve de la transversalité (...)
- L’enfer du diagnostic (...)
- L’illusion méthodologique (...)
- Le cauchemar de l’évaluation (...)

Gouvernance ou démocratie locale à Sevran

Michel Bouillot
directeur général des services à la Ville de sevran

1/ La question de la « participation »

Nos hypothèses sur la démarche participative, disons sur la démocratie locale, étaient au départ minimalistes. L’hypothèse consistait à dire qu’il fallait à chaque problème un cadre participatif adapté et décider le plus possible avec ceux qui vont participer. (...)

2/ La question de la « transversalité »

Lorsque nous avons décidé de créer un nouveau corps de professionnels, baptisés des « développeurs sociaux  » à Sevran, cela n’’était pas qu’une question de charge de travail des développeurs urtbains. Là encore, tout part d’une intuition qui est la suivante : dans les dispositif existant en matière de développement social et urbain, de fait, il y a une césure et il n’y a pas d’intégration entre le social et urbain. (...)

3/ La question de l’évaluation

On est, dans le débat autour de l’action politique et de sa conception, partagé entre deux grands blocs aussi débiles les uns que les autres : le bloc libéral pour lequel l’évaluation sert à justifier que l’on a fait au moindre coût ce qu’il fallait faire (...)

4/ Une culture professionnelle à reconstruire

Ce qui est demandé aux professionnels investis d’’une mission particulière, et appelés « développeurs sociaux  », ce n’est pas de réunir des professionnels pour faire entre professionnels un projet de quartier, mais de prendre l’attache de tous ceux qui sont susceptibles d’amener de la richesse dans un projet de quartier, habitants et élus compris.
Pourquoi demander cela à ces professionnels  ? (...)

5/ La question de la démarche « projet »

Sur la notion de projets comme sur celle d’’évaluation, nous sommes sur des problématiques extrêmement intéressantes. On ne peut pas à la fois investir des mots comme cela sans les questionner, et en les questionnant, on est amené à les subvertir. Ce sont des mots qui viennent du management, c’est-à-dire du corpus de conduite de l’entreprise, une forme d’’organisation sociale particulière qui vise à établir une convergence de moyens en vue d’un résultat économique sanctionné par le marché. (...)

Se connaître les uns les autres...

F. Lepage

L’un des paradoxes le plus souvent exprimé est le désir de « faire connaissance  », de se connaître les uns des autres, tout en rappelant que le mode de la réunion est totalement insatisfaisant pour parvenir à ce résultat. Alors quelle procédure de travail peut-on imaginer autour de se simple problème (...)

Débat et regards croisés...

Sur la « transversalité »

Nathalie Incorvaïa :

J’ai assisté à un travail équivalent. Dans le quartier où je travaille, il a été mis en place un dispositif sur la santé mentale de la petite enfance. On nous a demandé notre collaboration. (...)

Marc LevesqueMarc Levesque :

Dans la lignée des travaux d’Yves Clot ou de Bertand Schwartz, je suis très intéressé par toutes les tentatives qui permettent à des travailleurs de réfléchir à ce qui fait leur métier. Je pense qu’on ne peut pas être travailleur social tout seul. (...)

José Tovar :

Dans l’’éducation nationale, il existe 17 catégories de personnel dans un collège et il y a une injonction administrative permanente pour faire un travail collectif dont les bénéficiaires devraient être les élèves. (...)

Alexia Morvan :

Dans différentes expériences très concrètes avec des gens plus ou moins jeunes, une des choses qui m’a frappée c’est que l’on ne s’intéressait jamais aux antécédents de chacun sur cette question de la participation. (...)

Jean Bourrieau :

S’agissant de la participation. On est vraiment dans une obligation de travailler avec l’ensemble. : les techniciens ont des savoirs, une vision de leur place qui n’est pas du tout la même que celle des associations qui mobilisent des énergies collectives qui n’est elle-même pas la même que celle d’un individu dans sa cage d’escalier. (...)

Sous-groupe Thématique « culture »

Le sous-groupe thématique « culture » est animé par Frédéric Skarbek

« Culture » ou « politique » ?

Si on me demande d’établir la frontière entre les deux, je répondrai simplement qu’à partir du moment où je travaille sur un projet culturel, je n’ai plus à faire des définitions politiques. Ne s’impose plus comme finalité la transformation sociale.
Puisque nous menons la guerre. Soyons un peu intelligents et stratégiques. (...)

« Education » ou « instruction » ?

Pour faire écho à un texte d’Alexia, la distinction entre éducation et instruction me travaille assez férocement. Avant, il y avait un ministère de l’instruction publique. Lorsq’on parle d’éducation on a plus de chances de basculer sur le champ moral et sur la façon dont chacun doit penser.(...)

« Culture » ou « éducation populaire » ?

Jean Bourrieau :

En lisant un livre intitulé « les leçons de Condorcet », les mots «  instruction » et « éducation  » ont inversé leur sens entre 1792 et aujourd’hui. Quand Condorcet parle d’instruction publique en 1792, s’il ne s’arrête pas à l’école c’est justement parce qu’il envisage un ensemble qui comprend un certain nombre de points de vue sur la vie et la société, et pas seulement la transmission de savoir.(...)

« Culture » ou « beaux-arts »

Franck Lepage :

Un auteur « de droite », Marc Fumaroli, dans un livre intitulé l’État culturel, avait déjà fait remarquer qu’une république ne peut pas sortir de la problématique de l’’instruction. Et que de ce point de vue, la notion de « ministère de la culture » est incompatible avec la notion de république. Je rejoins l’analyse de cet auteur. (...)

Axes de travail 2007

Comme convenu et décidé, le collectif de l’’OCR laisse se déterminer en son sein des animateurs de problématiques. Chaque animateur aura la liberté d’animer à sa guise les échanges électroniques sur la question, de les centraliser, de les synthétiser et d’en proposer la discussion en grand groupe, d’inviter à toutes réunions ou toutes contributions sur le sujet. Chaque membre peut partiicper à autant de thèmes, il ne s’agit donc pas de « sous-groupes ». Parmi les premiers groupes de travail confirmés lors du dernier collectif :

- L’université populaire comme renouveau de l’action collective ? Animation José Tovar
- Action culturelle / Action artistique. Animation Frédéric Skarbek
- En quoi les dispositifs empêchent-ils l’émergence citoyenne ? Jean Bourrieau et Fernand Estèves
- Trame, moyens, objectifs et statut du collectif OCR. Animation Alexia.
- Propositions de politiques publique d’éducation populaire. Animation : Marc Lacreuse
- Mémoire et éducation populaire. Animation : Nicolas Fasseur
- Animation générale des sous groupes. Animation Franck lepage, Valérie Tanquerey
- Education populaire et Psychiatrie. Animation Madeleine Abassade

Nous invitons vivement tout membre du collectif à prendre en charge une problématique de son choix

Messages de forum :
Lettre de l’OCR - N°3
lundi 29 janvier 2007
Danièle Verbeke

Pour Michel BOUILLOT Je viens de prendre connaissance de ton article etje constate que ta pensée est toujours aussi vigilante et ton analyse politique sans concession.Le combat que tu as toujours mené pour une véritable action politique me semble plus que jamais nécessaire mais bien éloigné des" sirènes " actuelles.Le gouvernement de la "cité" est à inventer ;encore faut-il que les citoyens le veuillent ou le puissent. Philosophiquement. D.Verbeke





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