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LA LETTRE AU FRANCAIS DE MACRON
MICHEL ONFRAY REAGIT ...
lundi 21 janvier 2019
publié par Marc Lacreuse

MICHEL ONFRAY :

" ENVIE DE VOMIR EN ECOUTANT LES COMMENTAIRES …. "

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" Neuvième acte des gilets-jaunes. Envie de vomir en écoutant les commentaires des journalistes ou de philosophes comme Ferry ou BHL qui veulent absolument associer la violence aux gilets-jaunes alors qu’avec leurs discours, auxquels il faut ajouter ceux du pouvoir et de Macron, ils font tout pour la créer.

Je songe par exemple à cette galette des rois au cours de laquelle Macron en a profité pour gifler à nouveau les gilets-jaunes. Chacun a bien compris le message présidentiel quand il dit : “Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail.”

Cette déclaration est un authentique crachat lancé au visage de ceux qui, à la moitié du mois, alors qu’ils travaillent dur et ne sont ni des professionnels de l’allocation ni des assistés, ne peuvent plus faire face aux dépenses de base !

Après l’illettrisme, l’alcoolisme, le tabagisme, l’intelligence limitée des pauvres face à sa pensée complexe, les gens qui ne sont rien parce qu’ils n’ont rien, voilà une nouvelle variation sur le thème du mépris : la fainéantise des gens modestes. Qui crée la haine ? Qui la sème ? Qui ne cesse d’en faire usage ? Qui l’excite et l’énerve alors qu’il en est son pouvoir de la calmer ?

Je ne cesse de dire que notre époque s’effondre sous les coups de boutoirs de la moraline. Nos temps ont mis derrière elle la généalogie qui, jadis, avec les Lumières en un autre moment emblématique, permettait de se demander d’où venaient les choses et non s’il fallait en rire ou en pleurer comme les esprits contaminés par la moraline ne cessent de faire aujourd’hui.

Les chaînes d’information continue attendent la cogne, elles guettent la castagne, elles s’impatientent devant les foules calmes : c’est leur nourriture. Des crétins qu’on nous présente comme des journalistes -l’un d’entre eux n’a cessé de parler la veille des “planches en bois” apposées sur les vitrines des banques…- sont à l’affût du moindre vélo retourné ou de la moindre poubelle répandue sur le sol afin d’envoyer le message de la Présidence et du ministère de l’Intérieur : les gilets-jaunes sont violents.

Hors dictatures, on n’avait jamais vu à un tel point la collusion entre pouvoir d’Etat et journalisme."


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