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Colloque international
Matières premières, marché et société
13 et 14 novembre 2008 - UNESCO Paris
jeudi 25 septembre 2008
publié par Fernand Estèves

Ce qui caractérise les matières premières, c’est à la fois qu’elles sont le produit de la nature, indispensables au développement humain et réparties de façon inégalitaire sur la planète. Aujourd’hui, en voie de raréfaction, elles sont l’objet d’enjeux stratégiques considérables, voire l’objet de tensions ou de guerres. Il est souvent admis que leurs spécificités n’en font pas des marchandises comme les autres.

Mis en accusation sur son efficacité, le marché n’a pas moins tenté de s’adapter à ces réalités, notamment sur les questions de long terme. C’est pourtant cette gestion qui est aujourd’hui en cause au travers d’une crise analysée lors du séminaire de la fondation Gabriel Péri sur l’énergie. Cette crise touche tous les aspects de la société. Crise sociale au travers de l’accès à l’énergie, à l’eau potable, à une alimentation équilibrée... Crise environnementale avec la question du réchauffement climatique ou des catastrophes écologiques à répétition. Crise de raréfaction de ressources naturelles sans recherche de substitution correspondante.

Plus que pour d’autres, il apparaît que le marché à lui seul ne peut réguler les matières premières. D’autant que si pendant une longue période leur prix tendait à être bas et cyclique conduisant à une sous-rémunération des pays producteurs dont le marché s’accommodait ; le développement des pays émergents et la contestation du monde unipolaire conduit à leur raffermissement. Problème aggravé par la spéculation accompagnant le mouvement et dont on voit bien les conséquences. Pour ne prendre que le pétrole, l’augmentation des prix des carburants devient insupportable pour les populations des pays consommateurs dont la substitution sur le court terme est impossible. Une politique énergétique, agricole se compte en décennies.

La question émergente devient donc celle d’un prix non pas défini par le marché mais d’un prix politique permettant le développement des pays producteurs et supportable par les pays consommateurs. Le hasard fait que souvent les pays producteurs sont des pays pauvres et les pays largement consommateurs développés. Cette réalité ouvre de réelles possibilités de coopération au travers de co-investissements de long terme comme du transfert de technologies contribuant à l’échange. Tout au long de ces dernières décennies, les luttes ont tenté de soustraire les matières premières du marché. Lutte pour la nationalisation des mines, du pétrole, de l’électricité, du gaz... Comme l’indiquait le Secrétaire général de la NUM (syndicat des mineurs d’Afrique du Sud), la difficulté réside dans la capacité d’état d’imposer à des multinationales, dont le chiffre d’affaires est souvent de beaucoup supérieur à leur propre PIB, des choix conformes à leur développement et à l’intérêt de leur population.

Aujourd’hui, les luttes tentent d’imposer au marché de s’investir dans la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. Elles prennent souvent un caractère solidaire entre salariés des pays producteurs et consommateurs, au travers des comités de groupe. C’est ainsi que grandit l’idée de droits humains, droit à l’énergie, à l’eau articulé à des batailles pour que les matières premières soient reconnues comme biens publics mondiaux, régulés par de nouveaux rapports Nord-Sud basés sur des coopérations et des rapports démocratiques.

Bien sûr, notre réflexion devra porter sur une question qui se pose à tous : y aurait-il des exceptions qui confirment la règle ou les matières premières, par leur spécificité, seraient-elles révélatrices avant l’heure de l’incapacité du marché capitaliste de répondre aux besoins humains ? Les matières premières, à la fois marchandises et conditions du marché par les valeurs qu’elles portent nous interrogent sur cette problématique.

Ces questions méritent la discussion active à laquelle vous êtes invités. Merci de confirmer, s’il vous ne l’avez déjà fait, votre inscription par mail à l’adresse suivante : colloquemarche2008@gabrielperi.fr en précisant votre nom et prénom.

Colloque international sur le thème

« Marché(s), société(s), histoire et devenir de l’humanité »

les 13 et 14 novembre 2008

Salle IV, Palais de l’UNESCO, Paris.

COMITE DE PARRAINAGE

Aglietta Michel , économiste, professeur à l’université de Paris – X Nanterre (France). (sous réserve) Amin Samir, économiste, président du forum mondial des alternatives (France). Bari Dominique, journaliste (France). Barrère Christian , économiste, professeur à l’université de Reims Champagne-Ardennes (France). Boccara Paul, économiste, maître de conférences honoraire de l’Université d’Amiens (France). Casanova Antoine , historien (France). Chonchol Jacques, ancien ministre de l’agriculture du gouvernement de Salvador Allende, ancien directeur de l’institut des hautes études sur l’Amérique latine (Chili) Cleuziou Serge , professeur de Mésopotamie ancienne à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (France) Cohen Jim , professeur de sociologie à l’université de Paris VIII (Etats-Unis). Durand Denis, syndicaliste (France) Enfu Cheng, Directeur de l’Académie du marxisme, Académie des sciences sociales (Chine) Fazio Hugo, économiste, directeur général du CENDA, vice-président de la Banque centrale du Chili 1970-1973 (Chili). Généreux Jacques , économiste, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (France). Gratchev Andreï , ancien conseiller de Michaël Gorbatchev (Russie). Ginsburg Helen , professeur au Brooklyn College, New York (Etats-Unis) Harribey Jean-Marie , économiste, maître de conférences à l’université de Bordeaux IV (France). Herrera Rémy , chercheur au CNRS, centre d’économie de la Sorbonne, université Paris 1 (France). Houtard François , président du centre tricontinental de Louvain La Neuve, professeur émérite de l’université catholique de Louvain (Belgique). Hurstel Françoise , psychanalyste, professeur émérite à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, unité de recherche « Subjectivité, connaissance et lien social » (France) Kahane Jean-Pierre, mathématicien, membre de l’Académie des sciences (France) Kesselman Mark , professeur à l’université de Columbia, New York (Etats-Unis). Lowy Mikaël, directeur de recherche émérite au CNRS (France). Losurdo Domenico , philosophe (Italie). Monal Isabel , philosophe à l’Institut de philosophie de La Havane (Cuba). Musso Pierre , philosophe, professeur à l’université Rennes II (France). Ollman Bertell , philosophe, New York University (Etats-Unis). Regourd Serge , professeur de droit, directeur de l’institut de droit de la communication (France). Sapir Jacques, économiste, directeur de recherche au CNRS (France). Traoré Aminata, écrivain, ancienne ministre de la culture (Mali). Vovelle Michel, historien (France). Wallerstein Immanuel, sociologue (Etats-Unis) (sous réserve) Wei Haisheng, directeur adjoint du Bureau de compilation et de traduction auprès du Comité central du PCC (Chine) Ziegler Jean, sociologue, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation (Suisse).

PROGRAMME PREVISIONNEL

Jeudi 13 novembre

9h00 : Accueil des participants

9h15-9h30 : Allocution d’ouverture, Pierre Sané , sous-directeur général de l’UNESCO (sous réserve)

Session 1 : Rapports marchands et sociétés dans l’histoire

La première demi-journée a pour objectif de caractériser les rapports marchands dans l’histoire en analysant dans des contextes et des expériences différentes comment se sont structurés des échanges non-capitalistes mais marchands et monétarisés.

Président de séance : Antoine Casanova , historien, directeur de la revue La Pensée (France)

9h30-9h45 : Les formes historiques : propriété / pouvoir / marché, introduction par Antoine Casanova

9h45-10h : Remarques sur le marché en Grèce et à Rome , Jacques Annequin , historien (France)

10h-10h15 : Les échanges marchands et monétarisés dans le Proche-Orient ancien , Michèle Casanova, maître de conférences à l’université de Rennes II-UMR 7041 (France)

10h15-10h30 : Le développement du marché commercial en Chine par l’évolution historique de marché de la rue Hanzhengjie de Wuhan , NIE Yunlin , professeur de l’université normale de Chine.

10h30-11h15 : Discussion

11h15-11h30 : Pause

11h30-11h45 : Le marché et l’esclavage sur le continent américain dans la seconde moitié du XIXème siècle, Rémy Herrera, chercheur au CNRS, directeur de la collection « Forum Social » aux éditions l’Harmattan (France)

11h45-12h00 : Échanges et discussions sur le marché dans les économies planifiées socialistes , Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS (France)

12h00-13h : Discussion

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13h-14h30 : Déjeuner

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Session 2 : Marchés et États – Classes et cultures

La problématique de cette deuxième session pourra être éclairée en introduction, par la portée et la signification du rapport entre Marché et État chez Marx et Polanyi, la force des marchés capitalistes et le potentiel d’innovation révolutionnaire du système. La réflexion s’orientera ensuite sur l’analyse du capitalisme contemporain à l’heure de la révolution informationnelle et ses contradictions.

Présidente de séance : Quynh Delaunay, sociologue (France)

14h30-14h45 : Développement / efficacité / innovation / marché, introduction par Quynh Delaunay

14h45-15h00 : Mondialisation productive, mondialisation financière, problèmes du dollar, Jean-Claude Delaunay , économiste, professeur à l’université Marne-La-Vallée (France)

15h-15h15 : Peut-on réformer le capitalisme financiarisé ?, Tony Andréani, économiste (France)

">15h15-15h30 : Rétrospective et perspective du développement du système financier chinois , LAI Hairong , directeur de la revue « Comparaison des systèmes économiques et sociaux » (Chine)

15h30-16h15 : Discussion

16h15-16h30 : Pause

16h30-16h45 : Flux de main d’œuvre et marchés du travail, Nasser Mansouri -Guilani, chercheur, responsable des études économiques à la CGT (France)

16h45-17h : Le plein emploi dans les sociétés de marché avancées, Helen Ginsburg , professeur émérite d’économie au Brooklyn College, université de New York (Etats-Unis)

17h-17h15 : La marchandisation accélérée de l’art et de la culture et l’économie de « l’immatériel », Serge Regourd, professeur de droit public à l’université des sciences sociales de Toulouse (France)

17h15-18h : Discussion

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Vendredi 14 novembre

Session 3 : Contrôle, régulation et dépassement des marchés : quelles voies se cherchent ?

Cette dernière journée aura pour ambition de traiter des alternatives, des expériences possibles de régulation des marchés capitalistes et de renouvellement des échanges .

Présidence : Michaël Brie, directeur du département d’analyse politique, Fondation Rosa Luxemburg (Allemagne)

9h30-9h45 : Alternatives et luttes pour l’émancipation, la justice et la démocratie, Michaël Brie

9h45-10h : Vers un nouveau modèle de développement pour le bien-être des peuples ? Manuel Riesco , économiste, vice-président du Centre d’études nationales sur le développement alternatif (CENDA) (Chili)

10h-10h15 : ALBA, Bancosur, Petrosur : avancées et périls, Luciano Vasapollo , statisticien, professeur à l’université La Sapienza (Italie)

10h15-10h30 Le cas du Brésil, Ricardo De Azevedo, président de la fondation Perseu Abramo (Brésil) (sous réserve)

10h30-11h15 : Discussion

11h15-11h30 : Pause

11h30-11h45 : L’expérience chinoise de contrôle et de supervision des marchés, Cheng Enfu, président de l’Académie du marxisme, Académie chinoise des sciences sociales (Chine)

11h45-12h00 : 30 ans de réforme du marché en Chine : théorie et pratique, WEI Haisheng, vice-président du Bureau centre des compilations et traductions (Chine)

12h-13h : Discussion

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13h-14h30 : Déjeuner

*** Présidence : Patrick Ribau , géographe, professeur à l’université Paris 7, rédacteur en chef de La Pensée (France)

14h30-14h45 : Le keynésianisme et le néo keynésianisme (l’exemple scandinave), Johan Magnus Ryner , p rofesseur de relations internationales, Université d’Oxford Brookes (Grande Bretagne)

14h45-15h : Marché, dépassement du marché et rapports sociaux et de genre : l’apport du féminisme, (A venir)

15h-15h15 : Quelles potentialités des forces productives humaines au XXIème siècle ?, Pierre Musso, philosophe, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes II , et chercheur associé au Centre de recherches et d’études sur la décision administrative et politique (CRÉDAP, université de Paris I ) (France)

15h15-16h30 : Discussion

16h30-16h45 : Pause

16h45-17h : Clôture, L’après-marché ?, Maurice Decaillot, économiste (France).

Inscription obligatoire à l’adresse : colloquemarche2008@gabrielperi.fr