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Mon voyage en Palestine (7 au 18 novembre 2014)
Texte de Josée Rimbert
jeudi 27 novembre 2014
publié par Madeleine Abassade

Ma sensibilisation à la cause palestinienne passait jusque là à travers lectures et films. Pour illustrer un travail d’arts plastiques que j’ai réalisé en mai 2014 sur le thème de l’exil,

j’avais choisi une citation de Mahmoud Darwich :

« La terre nous est étroite La terre nous présure »

Je n’avais pas mesuré alors la réalité physique de ces mots. Mon approche, emprunt d’humanisme bienveillant aux actes dénonçant l’injustice a maintenant passé l’étape de l’urgence.

Sur ce bout de terre, les conflits d’ordre politique, économique, religieux, culturel se superposent et symbolisent toutes les grandes causes qui ont hantées et détruits les peuples à travers l’histoire et les territoires. Le voyage a su ainsi nous placer dans les différents strates du débat, nous plongeant tantôt dans l’archéologie et l’histoire ancienne, tantôt dans l’évolution contemporaine du conflit.

Au sentiment fort de honte (pour ces hommes se conduisant en tortionnaire, pour moi vivant tranquillement) que je ressens à mon retour apparaît l’image de la détermination des Palestiniens rencontrés, portant fièrement les valeurs réfléchies de liberté et de dignité de l’homme.S’il me faut maintenant démarrer tout un travail de réajustement de mes croyances, à travers les aspects dévoilés, cachés ou supposés des nombreuses visites effectuées, je ne peux négliger l’attente manifestée lors des rencontres multiples de la diffusion de ce que nous avons pu voir, écouter, comprendre. Pour une démarche personnelle dans la durée, il va me falloir trouver la manière la plus adaptée à ce qui m’anime. Les témoignages des associations rencontrées (club africain de Jérusalem, théâtre de la liberté de Jénine, école alternative d’Haïfa, club culturel dar qandeel de Tulkarem…),ont fait écho à mon travail d’action culturelle mené au sein du ministère de la jeunesse et des sports et me conforte à poursuivre dans ce domaine (la culture comme élément de résistance dans les pays en guerre).

Fréquentant cette année un atelier de gravure sur zinc, j’ai choisi la thématique des frontières pour mon travail de l’année. Les photos rapportées (murs, symboles, ex : le handala, paysages exceptionnels), le mélange de douceur, de beauté, de richesse bafoué par les lois militaires installées, occuperont en grande partie le travail de l’année.

A mon retour, lors du visionnement du film si poignant « les enfants d’Arna », je me suis arrêté sur les paroles d’Ashraf (tué 6 ans plus tard dans la bataille de Jénine) répondant à la question :

quel est le rôle du théâtre dans l’Intifada ? jouer c’est comme jeter un cocktail Molotov – sur scène, je me sens fort, vivant et fier. Ainsi affirme-t-il le rôle du théâtre dans sa dimension d’émotion artistique comme une manière vivante de contester, de résister.

Ces mots murmurés resteront dans ma tête, souffle de l’ange ou aile de papillon.

Texte de Josée RIMBERT 20, 21 novembre 2014

Post Scriptum :

Logo de l’article "Le sac à mots" de Samia au retour de Palestine dessiné par Stéphanie,


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