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LE CIRQUE ROMANES
OU LA POESIE DE LA RESISTANCE
par Lola-Valérie BUISSARD / Le Fil des Communs
mardi 16 avril 2019
publié par Marc Lacreuse

LE CIRQUE ROMANES

OU

LA POESIE DE LA RESISTANCE

par Lola-Valerie Buissard

( Le Fil des Communs )

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"Chère Martine Aubry, Cher Yvon Robert, Cher Nicolas Florian, Cher Laurent Hénart, Cher Roland Ries, Chère Johanna Rolland, Chère Nathalie Appéré, Cher-ères Maires de France,

Les Romanès ont besoin de vous. Et vous avez sûrement besoin des Romanès – même si vous ne le savez pas encore. Parce que les Romanès, c’est une famille qui tient le plus beau, le plus poétique, le plus fou des cirques. Un cirque tzigane. Notez-le bien, c’est important parce que je sais très bien que ce mot vous fait peur. Je vais d’ailleurs l’écrire en capitale parce que moi, je le trouve merveilleux ce mot : TZIGANE.

Et un cirque, en ces temps de déprime généralisée où les horizons politiques comme esthétiques sont bouchés, on en a foutrement besoin. On a besoin de l’ange qui danse sur son fil, des mots si beaux d’Alexandre et de la voix si forte de Délia. On a besoin de leur douceur et de leur regard sur le monde. De leurs éclats de rire, de leurs boules de jonglage qui tombent par terre, de leurs chutes et de leurs exploits.

Parce que cette folle énergie qu’ils dégagent sur leur scène de terre, il se peut qu’elle disparaisse pour de bon. La conjoncture n’est pas à son meilleur pour le spectacle vivant parisien et elle est alourdie par le racisme rance dont font l’objet les Tziganes. Les terribles battues à la suite de rumeurs infondées d’enlèvements d’enfants il y a quelques semaines en sont le triste symptôme. Le dernier cirque tzigane au monde a bien du mal à résister aux épreuves du moment.

Alors Mesdames et Messieurs les Maires, répondez leur quand ils vous demandent à être invités dans les villes dont vous êtes les édiles. Parce qu’ils me l’ont dit : ils ont adressé des demandes à Lille, à Rouen, à Bordeaux, à Nancy, à Strasbourg, à Nantes et à Rennes. Mais toutes sont restées lettres mortes. Même pas un remerciement alors que tous ont reçu, en sus, les ouvrages de poésie qu’Alexandre Romanès leur avait aussi adressé.

Mais les maires ne sont pas les seuls à pouvoir se mobiliser pour que cet îlot de résistance à la haine et au temps puisse continuer d’exister : toutes et tous, nous pouvons aller les voir et parler de leur spectacle. Parce que c’est cela d’abord et avant tout qui leur permet de vivre : de leur public. Celui qui leur manque tant, samedi après samedi, gilets jaunes obligent.

Et pourtant, il n’y a pas plus solidaires que les Romanès avec ceux qui manifestent sur les Champs-Elysées comme sur les ronds-points depuis plus de quatre mois maintenant ! Et Alexandre de me glisser un dicton tzigane qu’il offre volontiers aux gilets jaunes : « L’homme médiocre prendra au pauvre pour donner au riche. » "

Lola-Valérie Buissard


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