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Première Rencontre Internationale de danse- contact
Education populaire dansée : On n’est pas autre chose que notre rapport à l’environnement
Le collectif L’Oeil et la main
mercredi 29 juillet 2015
publié par Madeleine Abassade

Quatre danseurs, Céline Robineau, Matthieu Gaudeau, Catherine Kych et Romain Bigé, se sont constitués en collectif et organisés en association qui a pour nom L’OEIL ET LA MAIN avec pour présidente Fabienne Menjucq.

Ils viennent de réaliser, du 12 au 19 juillet, leur projet de créer dans plusieurs espaces publics tels que des gymnases, mais aussi dans les rues de Paris, La première rencontre internationale de danse-contact par l’improvisation « Rencontre International Contact Improvisation »

Tout au long des recherches, qui ont précédé la mise en place de leur Rencontre Internationale de Danse-contact par l’Improvisation, et qu’ils poursuivent, leur objectif est de développer, par la méthodologie de ce que nous appelons en éducation populaire la recherche-action, ce qui peut apparaître, pour des néophytes en danse-contact, comme un bouleversement des relations humaines par le toucher.

Dans un monde de hautes technologies, d’accroissement des inégalités, de menaces écologiques, de réification du corps au service de la consommation, la danse-contact aujourd’hui apparaît comme une forme de retour à la nature dont le corps est le matériau premier.

Ce collectif, et avec lui celles et ceux qui lui sont associés, participerait à une transformation sociale, sans pour autant s’en revendiquer. Il hérite de l’histoire de la danse qui s’est développée dans des contextes porteurs d’espoirs, dont mai 68 fut peut être un des derniers aspects. Il est situé dans ce qui encore aujourd’hui s’exprime comme résistances tels que Podemos en Espagne, les mobilisations face à la crise économico-politique en Grèce, ou encore, les associations contre l’effondrement de la Palestine, les solidarités aux habitants du Darfour victimes de la dictature...

Ce collectif de chercheurs-danseurs semble porté par une volonté de ré-enchanter le monde et de redorer le blason du rêve de la joie partagée.

- Des conférences qui ont été présentées par des danseurs-chercheurs en préambules à des danses collectives "jam", ouvertes aux habitants du quartier, apportaient à ces rencontres une véritable dimension d’université d’éducation populaire.

La contre-culture

Le projet de ce collectif, construit en particulier à partir des pratiques de la danse-contact, s’inspire directement du travail de recherche du danseur Steve PAXTON adepte de la « Contre culture » aux USA des années 1960- 1970. Il s’agissait de s’opposer, selon une définition que nous évoquerons ici de manière très rapide, à la culture capitaliste dominante dont le sociologue Pierre Bourdieu mettra en évidence qu’elle consiste à organiser la société en classes sociales.

Pour les auteures, Marcelle Michel et Isabelle Ginot, Steve Paxton avec le « Contact improvisation » va explicitement être porteur d’un double enjeu artistique et politique qui « bouleverse les relations sociales conventionnelles, balaie les tabous concernant le toucher et offre un champ nouveau d’exploration du mouvement » [1]

La richesse du site de ce collectif de danseurs ne peut que nous inciter à inviter nos lecteurs à s’y reporter http://www.lolm.eu/, dont à l’onglet situé à gauche de la page d’accueil Contact impro-quoi ? écrit par Romain BIGE. Il apporte ici la source de la danse de Steve Paxton qu’on peut voir, lire et écouter.

A l’onglet situé à droite de la page des RICI 2015 (commencez pas cliquer sur la première page "Rencontres Internationales"), dans un texte intitulé La carte du pondéral  [2], ce jeune danseur enseignant chercheur en philosophie, écrit :

« On est des êtres vivants, et qu’en tant que tels, on n’existe pas indépendamment de tout ce qui nous entoure : on est dépendant, forcément, de l’environnement qui nous nourrit et nous soutient. Je crois d’ailleurs qu’il faut aller plus loin : ce n’est pas seulement qu’on dépend de notre environnement, c’est qu’on n’est pas autre chose que notre rapport à l’environnement. »

Il poursuit sa réflexion avec une citation de Georges CANGUILHEM : 

« Le vivant n’est pas dans son milieu comme les clefs sont dans ma poche ; le vivant, il est tissé de son milieu, il fait corps avec, et si vous l’en sortez, c’est exactement comme si vous lui coupiez un bras : vous lui enlevez une partie de lui. »

Le geste inaugural de l’association l’Oeil et la main

Si la navigation sur le site de L’oeil et la main permet de découvrir des informations sur les pratiques de la danse-contact, il permet aussi de découvrir des textes philosophiques qui portent sur la phénoménologie appliquée à la question du mouvement, des perceptions plus ou moins conscientes, de nos rapports à l’espace, de l’analyse fonctionnelle du corps dansant.

Au départ, peut-on lire sur leur site http://www.lolm.eu/, il s’agissait de créer une rencontre internationale de contact improvisation (la RiCI 2015) avec l’idée de l’inscrire dans le développement de questionnements issus du travail auprès de personnes en situation de handicap, univers carcéral, relation parents-enfants, danse-science.

« Nous souhaitons que chaque participant puisse y acquérir un certain nombre d’outils lui permettant de développer son autonomie et une mise à distance des normes gestuelles ; une suspension où peuvent se questionner les processus d’appropriation d’un savoir et les normes esthétiques qui y sont liées. »

++++ Auteure de cet article, pour Education Populaire & Transformation Sociale : Madeleine ABASSADE

Post Scriptum :

La lecture du texte de Nicole Harbonnier enseignante-chercheuse associée à cette première Rencontre Internationale de danse-contact par l’improvisation, apporte une actualisation à l’analyse du mouvement dansé, dont vous retrouverez le texte en pièce-jointe à cet article.

[1] (La danse au xx° siècle. M. Michel et I.Ginot. Bordas 1995. p 146).

[2] "Romain Bigé / La carte du pondéral"


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Documents joints à cet article :