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Type :
Rencontre
Date :
2009
Themes :
Monde du travail
Quelle hospitalité pour la folie.
APPEL DES 39 ET PLUS...
mercredi 18 novembre 2009
publié par Madeleine Abassade

Journée de réflexion et de débats à la Parole Errante Maison de l’arbre à Montreuil le samedi 28 novembre et exposition sur Lucien Bonnafé...

Au delà du discours sécuritaire...

Interroger l’histoire pour éviter les mêmes erreurs. Quelle éthique en usage aujourd’hui en psychiatrie ? Quels outils pour penser la relation avec les patients et entre les soignants ? Quelle place pour l’action culturelle, autrement dit l’éducation populaire, l’ouverture par le débat ?

ll serait temps d’interpeler les Instituts de formations en soins infirmiers (IFSI) et les écoles de formation des aides soignants et des éducateurs de plus en plus nombreux à travailler en psychiatrie. De transmettre, d’interroger ensemble l’altérité dans les écoles de cadres plutôt que de risquer d’en faire de parfaits gestionnaires.

En quoi, "une rénovation sérieuse de la position soignante " ne serait pas possible à envisager ? Quels sont les freins ? De quoi ont peur les soignants, de réfléchir ensemble y compris à l’intérieur de l’institution ?

Tosquelles, un des psychiatres connu pour son engagement pratique et théorique afin de sortir l’assimilation de la psychiatrie à la fonction carcérale, pendant et après la France sous Vichy, disait que l’institution n’est pas autre chose que ce que les citoyens en font...

Prendre le temps de relire et de comprendre, par exemple, les textes de Fernand Deligny et Lucien Bonnafé...

Texte transmis par les organisateurs de la Journée du 28 novembre :

« Depuis plusieurs mois, un mouvement se construit au sein de la psychiatrie. Pour sa part, le collectif des 39 a élargi son action au-delà de la condamnation du discours sécuritaire.

Lors des nombreux forums et rencontres organisés, nous avons pu constater la présence d’un engagement fort au sein des personnes confrontées au soin psychique ainsi qu’une importante volonté de résistance.

De multiples témoignages ont montré une indignation massive vis-à-vis des conditions dans lesquelles se pratique la psychiatrie aujourd’hui, manifesté une exigence de modifier les pratiques quotidiennes, de sortir de l’isolement afin d’opérer une mise en commun.

Pour prendre acte de ce tournant et l’élargir, nous avons décidé d’organiser une rencontre nationale le samedi 28 novembre à Montreuil (La Parole Errante à la Maison de l’Arbre).

Il s’agirait de questionner ce qui est en jeu à travers l’ensemble des « réformes » qui voudraient s’imposer, à savoir la réduction des « usagers de santé mentale » à une somme de conduites déviantes à corriger, impliquant en miroir la réduction du rôle de soignant à une somme de fonctions : celle de technicien, d’agent administratif, d’agent du maintien de l’ordre public... Déplaçant ainsi les priorités du soin psychique sur un pôle gestionnaire et sécuritaire, au détriment de la dimension thérapeutique relationnelle, aboutissant à cette situation paradoxale de créer une nouvelle génération de soignants dont la priorité n’est plus de soigner.

Cette exigence de « modernité » et de « réalisme » ne conduirait-elle pas à une réactualisation de pratiques passéistes telles que le tri, la mise à l’écart, l’enfermement irréversible des populations « marginales », au sein de laquelle les « néo-soignants » reproduiraient une version contemporaine des antiques « gardiens de fous » ?

La seule position lucide et réaliste en psychiatrie est-elle celle qui nous est prescrite par les réformes en cours ? Ou nous est-il possible d’envisager avec sérieux une position soignante rénovée, fondée sur le soin relationnel, la rencontre singulière et le travail collectif ?

 »

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