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SOS DEMOCRATIE EN PERIL
SOUTIEN AUX GILETS JAUNES
une publication de la Fondation COPERNIC
dimanche 10 mars 2019
publié par Marc Lacreuse

SOS DEMOCRATIE EN PERIL

SOUTIEN AUX GILETS JAUNES

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Il est urgent de mettre un terme à la dérive antisociale, antidémocratique et autoritaire dont fait preuve le pouvoir en place depuis l’élection – par une minorité de Français – d’Emmanuel Macron. L’une s’alimente en effet de l’autre. La destruction accélérée de nos conquêtes sociales est facilitée par la remise en cause de libertés et droits fondamentaux, cela par le recours à une répression policière et judiciaire sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Cette stratégie a pour effet de criminaliser les acteur.e.s des mobilisations sociales et de nous cantonner dans des luttes défensives, tout en facilitant le passage en force du pouvoir pour imposer ses « réformes » destructrices, au mépris de l’intérêt général.

Depuis l’instauration de l’état d’urgence sous la présidence de François Hollande, des milliers de citoyen.ne.s, de jeunes même mineur.e.s, de militant.e.s et d’élu.e.s notamment, ont connu le « talon de fer »[1][1] dans le cadre d’interventions policières : agressions physiques, blessures et morts, arrestations, poursuites judiciaires, perquisitions, condamnations, assignations à résidence, contrôles.....Les violences policières, d’abord appliquées aux quartiers populaires et aux concitoyen.ne.s descendant d’immigrations et souvent originaires comme les migrant.e.s, de pays encore soumis à la prédation néo-coloniale, se sont vues étendre à l’ensemble du mouvement social et écologique. Les Gilets jaunes qui, à partir des périphéries abandonnées, remobilisent le pays de manière très majoritairement pacifique, paient un lourd tribut, et l’emploi d’armes meurtrières par les forces de l’ordre françaises fait l’objet de condamnations internationales, de la part de représentant.e.s de l’ONU[1][2], du Parlement européen[1][3], du Conseil de l’Europe[1][4]… Qu’en sera-t-il de cette politique de « maintien de l’ordre » après le vote de la loi « Prévenir et sanctionner les violences lors des manifestations », qui aggraverait la loi de sécurité intérieure (d’octobre 2017), et à laquelle s’ajoute un projet législatif visant à restreindre les libertés de la presse ?

Ce régime policier s‘appuie aussi sur un courant d’extrême droite et xénophobe qui, se nourrissant de la crise systémique d’après 2008, a conquis des centaines de places électives (municipales, régionales, européennes...) et qui alimente en sous-main un climat de violence, dont les médias dominants imputent la responsabilité aux seuls Gilets jaunes, et aux casseurs dans le cadre de cette mobilisation. 50 à 60 % des forces de l’ordre votent pour le RN, d’où des connivences possibles avec ses provocateurs patentés. Au bout de trois mois d’affrontements urbains, les ronds-points sont « dégagés », mais même si, par des sondages aléatoires, on veut nous faire croire que l’opinion bascule en faveur de l"’ordre" dit républicain, dont le « grand débat » est une expression lénifiante, le mouvement des Gilets jaunes ne faiblit pas et renforce ses liens avec d’autres composantes du mouvement social. Parti d’une revendication catégorielle, il s’est élargi à une liste de propositions citoyennes qui remettent en question le fonctionnement même de la 5e République.

Quel débouché politique sera celui de cette mobilisation historique, aux élections européennes de mai prochain notamment, dans un contexte international désormais largement hostile aux droits démocratiques ? Un élément à faire fructifier, c’est l’offensive gagnante de médias, de juges et de la mission d’information du Sénat sur la question des "dysfonctionnements majeurs de services de l’Etat", qualifiés de "chaîne d’irresponsabilités », dans le cadre de l’affaire Benalla-Crase-conseillers de l’Elysée-Macron...[1][5]. Voilà une forme de résistance significative à l’arbitraire oligarchique, à l’extérieur et à l’intérieur de l’institution.

C’est pourquoi nous militons pour qu’une campagne associant mouvement social, Gilets jaunes, quartiers populaires et comités de soutien des victimes, articule étroitement la reconquête démocratique et celle de notre modèle social issu du Conseil National de la Résistance. Il est urgent de lancer une alerte citoyenne et de constituer une coordination qui organise des meetings nationaux et régionaux anti-répression, et qui ouvre une caisse nationale de soutien aux victimes ou aux familles de victimes, alimentée notamment par les organisations qui ont les moyens dont les syndicats, ainsi que par les citoyen.ne.s. Enfin des Etats généraux doivent débattre et lister des éléments programmatiques et stratégiques pour le refus du néo-libéralisme autoritaire et la promotion d’un véritable Etat de droit, démocratique et émancipateur, dont l’interdiction des armes précitées.

mars 2019

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Premiers signataires :

Jean Agnès chercheur en philosophie de l’éducation, ancien responsable associatif (Metz) Nils Andersson ancien éditeur,essayiste géo-politique Karine Ballon déléguée syndicale CGT Fonction publique territoriale (Grenoble) Franc Bardou écrivain et poète occitan Christophe Baticle socio-anthropologue (UPJV, Amiens) Adda Bekkouche juriste Philippe Blanchet université de Rennes II, Fondation Copernic Martine Boudet essayiste,CS d’Attac France (Toulouse) Claude Calame historien et anthropologue (EHESS Paris), CS d’ATTAC, LDH Pierre Cours-Salies, universitaire, sociologue Christian Delarue membre du CN du MRAP et altermondialiste (Rennes) Monique Demare enseignante Tosse Ekue éducateur- animateur culturel Yann Fiévet socio-économiste Bernard Fischer, employé de la Sécurité sociale Samy Johsua universitaire en sciences de l’éducation (Marseille) Robert Joumard commission Démocratie d’Attac France (Lyon) Mathilde Larrère historienne (Université Paris Est Marne la Vallée) Claude Layalle, membre d’ATTAC France et du CL Paris 12ème Serge Le Quéau, co-fondateur de Sud PTT Bretagne et altermondialiste Fred Licciardi, Attac Sète-Bassin de Thau (34) Olivier Long universitaire et peintre, Université Paris I Christophe Mileschi professeur des universités, traducteur, écrivain, Paris-Nanterre Bénédicte Monville conseillère régionale Île de France (élue à Melun et à la CAMVS) Alain Mouetaux ancien militant SUDPTT, militant associatif Attac Réunion 974 François Nowakowski, urbaniste, architecte, maître de conférences à l’ENSA de Lyon Jeanne Parreau, commission Démocratie d’Attac France (Lille) Bastien Pereira Besteiro, sociologue, militant SUD Education (Lyon) Evelyne Perrin présidente de Stop Précarité, CS d’Attac France Yves Quintal association ETM 31.46 (Cahors) François Schalchli Commission démocratie d’Attac France (Toulouse) Serge Seninsky militant associatif (Paris 10ème) Gérard Tautil essayiste, coordinateur de la revue « Occitania-Lo Cebier » Jacques Testart, biologiste, critique de science Jean Michel Toulouse essayiste, militant associatif et politique Jérôme Valluy, enseignant-chercheur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Pedro Vianna, poète, homme de théâtre Christiane Vollaire philosophe

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NOTES

[1][1] Titre d’un roman de Jack London

[1][2] https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents... SOS ONU (pétition) : https://www.change.org/p/l-onu-une-... Alarmé par la répression féroce contre le mouvement des « gilets jaunes », le CETIM saisit le Conseil des droits de l’homme de l’ONU : https://www.cetim.ch/wp-content/upl...

[1][3] http://www.europarl.europa.eu/sides...

[1][4] Maintien de l’ordre et liberté de réunion dans le contexte du mouvement des « gilets jaunes » : recommandations de la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe https://www.coe.int/fr/web/commissi...

[1][5]Mission d’information sénatoriale sur les conditions dans lesquelles des personnes n’appartenant pas aux forces de sécurité intérieure ont pu ou peuvent être associées à l’exercice de leurs missions de maintien de l’ordre et de protection de hautes personnalités et le régime des sanctions applicables en cas de manquements http://www.senat.fr/commission/loi/...


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