Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteArchives
Date :
2008
les MJC
de l’été des Blousons noirs à l’été des Minguettes 1959 - 1981
par Besse Laurent
lundi 31 mars 2008
publié par Fernand Estèves

Les MJC font partie de ces institutions méconnues bien que souvent mentionnées. Parfois confondues avec les Maisons de la culture d’André Malraux, parfois assimilées à tort à de simples maisons de jeunes, elles sont victimes de l’ampleur de leur objectif : lier jeunesse et culture par un projet émancipateur à visée civique, dans une perspective d’éducation populaire.

Cet ouvrage retrace leur histoire à leur apogée, entre 1959, lorsque la médiatisation du phénomène blousons noirs favorise une mobilisation en leur faveur, et 1981, quand l’apparition du « mal des banlieues » avec le premier été chaud des Minguettes signale un changement d’époque : l’insertion sociale et professionnelle des jeunes devenait une priorité tandis que le lien entre jeunesse, loisirs et action culturelle achevait de se dissoudre dans la crise du socio-culturel.

Entre ces deux dates, le millier de MJC que comptait alors le territoire a connu une histoire aussi riche que mouvementée. La diversité des activités abritées dans leurs murs n’a d’ailleurs pu que contribuer à rendre les MJC difficilement saisissables : tour à tour foyers de jeunes et maisons pour tous, proposant lieux d’expérimentations théâtrales et ateliers de bricolage, espaces de débats et sociabilité, elles furent aussi des pépinières pour la formation de militants culturels et politiques locaux et ont conduit à une forme de rationalisation de la vie associative.

Lieux singuliers qui ont pu être présentés, parfois simultanément, comme des repaires de gauchistes, des centres de propagande communiste et des terreaux de la deuxième gauche, les MJC permettent de saisir la complexité de la vie associative, dans sa richesse mais aussi sa difficulté.

Laurent BESSE, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences d’histoire contemporaine à l’IUFM de Bordeaux, membre du CEMMEC - Université de Bordeaux III.

Documents joints à cet article :