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GLORIA MUNDI , le dernier film de Robert GUEDIGUIAN
vu par Clementine AUTAIN
( publication LE FIL DES COMMUNS )
mercredi 4 décembre 2019
publié par Marc Lacreuse

LE FILM " GLORIA MUNDI " de R.GUEDIGUIAN

vu par Clémentine AUTAIN

( Le Fil des Communs )

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"Gloria Mundi saisit le réel contemporain du point de vue des perdants. Le

dernier film de Robert Guédiguian cherche les logiques à l’œuvre dans le monde

populaire, les façons de vivre ou plutôt de survivre face aux pièges du

néolibéralisme.

C’est une version sombre, pessimiste du réel que nous livre le réalisateur

engagé, comme pour mieux nous transmettre la colère. S’y déploie le drame de

la reproduction, à la fois sociale et personnelle.

Sylvie, tout juste grand-mère d’une petite Gloria, fait le ménage la nuit dans les

cabines de paquebots. Elle a élevé ses deux filles avec Richard, chauffeur de bus,

qui n’est le pourtant pas le père de la première. Gloria connaitra-t-elle son

grand-père biologique ? Il vient justement de sortir de prison. Le nouveau-né est

l’occasion de retrouvailles aussi difficiles que touchantes mais les tensions

s’accumulent vite. Les parents de Gloria rêvent d’indépendance et cherchent à

trouver leur place dans un monde du travail saturé et précarisé. Mathilde

enchaine les CDD comme vendeuse, Nicolas est chauffeur chez Uber. Les galères

surviennent vite, rien ne semble payer, joindre les deux bouts est mission

impossible. L’autre fille de Sylvie, Aurore, s’en sort apparemment mieux avec

son compagnon Bruno : pour être du côté des gagnants, ils sont prêts à

mépriser et arnaquer les autres. La relation entre les deux couples va prendre

une tournure inattendue. Et, finalement, c’est la descente aux enfers pour tous.

Ce film touche par son histoire et par son interprétation remarquable. Aux côtés

de Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, qui a obtenu le prix d’interprétation

à la Mostra de Venise, joue avec une justesse magnifique cette femme qui refuse

de faire la grève et qui est prête à tout pour sauver sa famille. Après « Sorry we

missed you » de Ken Loach, l’alerte apparaît éminemment politique. Dans cette

société déshumanisée, où la concurrence et la réussite individuelle sont sacrées,

où la précarité et la débrouille sont le lot commun des dominés, il n’y a pas

d’issue. Dans le climat de révoltes sociales qui est le nôtre, ce film noir donne la

rage de se battre pour un autre horizon, émancipateur. "

Clémentine Autain

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LE FIL DES COMMUNS

40 RUE EDOUARD VAILLANT

93100 BAGNOLET

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