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Couper la mauvaise herbe ou arracher les racines ?
Patrice Weisheimer / Syndicat de l’Education Populaire - UNSA.
vendredi 11 décembre 2015
publié par Christian Maurel

Couper la mauvaise herbe ou arracher les racines ?

On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés nous disait Einstein. Face au soit disant "Front républicain" qui devrait être LA solution, peut être serait-il utile de prendre de la distance. Et si cela n’allait pas favoriser Marine LE PEN en vue des présidentielles de 2017 ? Il vaut mieux penser le changement que changer le pansement nous disait Francis Blanche...

Il y a treize années, le 21 avril 2002, le peuple de France avait lancé un cri de colère. Face à un Jospin sans programme socialiste, face à une déconnexion du monde politique, les électeurs et abstentionnistes nous avaient tous alerté.

Mais le FN au second tour n’était que la faute à une gauche dispersée au premier tour. Et la voix des électeurs et abstentionnistes n’était finalement qu’une crise d’adolescence. Le front républicain était dans la rue le 1er mai et Jacques Chirac allait représenter tous les français. Ouf, la République était sauvé. Rentrez chez vous. Y a plus rien à voir...

S’attaquer aux causes en plus des conséquences.

Nous sommes tous coresponsables. Nous avons tous manqué de lucidité. Car le FN n’est pas le problème en soit. Ce n’est que la conséquence de la faillite démocratique que nous vivons. Vous pouvez couper la mauvaise herbe, mais si vous n’arrachez pas les racines, l’herbe repoussera toujours. Et l’herbicide "front républicain" est évidemment de moins en moins efficace avec les années, car la flore et l’écosystème s’adapte...

Stop à l’oligarchie.

Si nous ne sortons pas de l’oligarchie ploutocratique et de ce modèle de démocratie représentative qui est malade car ni à l’image de la population, ni en phase avec son électorat, nous continuerons à creuser le lit du FN. Le PIB n’a cessé d’augmenter depuis 1945, par contre aujourd’hui 1% de la population concentre 50% des richesses mondiales. Les inégalités se développent et s’il y a des gens de plus en plus riche, il y a surtout de plus en plus de gens de plus en plus pauvre.

Quelques pistes.

Non cumul des mandats, non cumul des mandats dans le temps (3 maximum), tirage au sort, empowerment, coresponsabilité, éducation à la citoyenneté démocratique et développement de l’esprit critique (donc Éducation Populaire), refonte du statut des élus (politiques, syndicaux, associatifs), retour sur les accords de Bretton Woods et les changes flottants (point de départ qui donne le pouvoir au marché et non plus aux peuples), monnaies locales, indicateurs de bien être pour tous, assemblée constituante de citoyens sans mandats politiques. Voici une partie des solutions vers lesquelles aller. Mais ceux qui détiennent le pouvoir y ont il intérêt ? Les partis politiques actuels sont ils encore vecteurs de transformation sociale ou sont-ils une partie du problème ?

La trahison des élites.

Depuis 32 ans, le parti de pouvoir à gauche s’est détourné de ses engagements électoraux et de ses électeurs au nom d’un soit disant principe de réalité dans sa confrontation à l’exercice du pouvoir. Ses programmes et engagements de campagne n’ont pas été respectés. La conséquence est que les électeurs de gauche se sont détournés de ce parti politique car il ne change plus la vie et exécute la même politique économique et fiscale que les néolibéraux. Et aujourd’hui, face à un système et des élus qui ne le représente plus, le peuple de gauche vote pour un parti qui se dit anti-système ou ne vote plus. A côté, malgré les enjeux environnementaux, Europe Écologie ne perce pas, et le Front de gauche n’a pas réussi à investir l’espace politique à gauche du PS.

Réactiver la transformation sociale.

La question à se poser aujourd’hui est de savoir comment, où et avec qui produire cette transformation sociale nécessaire pour changer la vie, écarter les extrémistes (qu’ils soient religieux ou d’extrême droite), régénérer la démocratie et laisser une planète saine et en paix à nos enfants.

En attendant, et si nous faisions chacun notre part au quotidien, là où on a prise : l’éducation de nos enfants, une consommation responsable, un investissement dans notre immeuble, notre quartier, notre commune, etc.

La France doit faire sa révolution (mais pas bourgeoise cette fois).

Pour le reste, nous verrons le 20 décembre prochain, à l’occasion des échéances électorales en Espagne si un nouveau modèle politique est possible. Mais le modèle Podemos est il soluble dans la culture française jacobine... La solution ne peut être qu’ascendante, venant du peuple. Et il est de plus en plus probable que cela passera en préalable par la case brune vulgairement appelée bleu marine.

Patrice Weisheimer.


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