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LETTRE D’INFORMATION
D’ESPACES MARX
EXPLORER / CONFRONTER / INNOVER
jeudi 6 septembre 2018
publié par Marc Lacreuse

LETTRE D’INFORMATION

D’ESPACES MARX

EXPLORER / CONFRONTER / INNOVER

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Edito

Minuit dans le jardin de l’Europe.

A nouveau la lumière semble s’éteindre. Les bateaux pourtant de moins en moins nombreux au départ de l’Afrique trouve de plus en plus difficilement un port où accoster au nord de la Méditerranée. L’Europe semble vouloir imposer sa propre dérive aux migrants.es. Quand s’arrêtera la liste des bateaux pris en otage par l’alliance du pire (Orban et Salvini) et de ceux qui pensent leur être tellement différents (Macron). Il est grand temps qu’un mouvement intellectuel et social s’empare de cette question et puisse tirer une analyse des défaillances qui traverse le capitalisme européen. Face à la croissance de l’inhumanité réservée aux migrants de nombreuses prises de position tentent d’organiser la riposte. Nous mentionnons par exemple l’importante prise de position d’Étienne Balibar "Pour un droit international de l’hospitalité" paru dans le monde le 15 août comme celles de Patrick Chamoiseau, JMG Le Clézio, Lydie Salvayre et autres écrivains dans leur appel de Saint Malo "Osons la fraternité" .

Espaces-Marx contribuera cette année à cette bataille en engageant un séminaire sur l’ « insécurité culturelle heureuse » à contre courant du mouvement réactionnaire à l’ l’œuvre dans notre pays. Nous vous donnons un premier rendez-vous à la Fête de l’Humanité pour l’ouverture de ce séminaire le samedi 15 septembre à 14h30 sur le Stand de la Fédération des Hauts de Seine avec Sabine Pakora actrice et co-initiatrice de "Noire n’est pas mon métier", Fanny Glissant réalisatrice "des routes de l’esclavage" et Edwy Plenel de Médiapart avec pour thème "Les séquelles du colonialisme et le racisme culturel".

L’équipe d’Espaces Marx

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Séminaire

"Marx 2018 – Actualité éditoriale du bicentenaire"

La troisième séance aura lieu le jeudi 6 septembre, de 19h à 21h au Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris). Elle sera consacrée à la Grande édition Marx-Engels (GEME)et notamment aux dernières publications des Éditions sociales qui seront présentées par Richard Lagache, directeur des Éditions Sociales, des contributeurs de la GEME, Fabrice Bensimon qui est professeur de civilisation britannique à la Sorbonne ainsi que Paul Guerpillon et Jean Quétier qui sont philosophes et traducteurs).

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Soirée-débat

"Sans actionnaires, quels financements quelles formes de propriété ?"

L’Association Autogestion et le Temps des Lilas organisent le mercredi 19 septembre, de 19h à 21h, une conférence sur ce que pourrait être un monde sans actionnaire, au Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris. La soirée s’ouvrira sur deux introductions : une d’Emmanuel Dockès, professeur de droit à l’Université Paris 10 Nanterre et spécialiste du droit du travail, et l’autre par Benoit Borrits, auteur "d’Au-delà de la propriété, pour une économie des communs" à La Découverte (2018), et sera suivi d’un débat avec la salle.

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Nos publications

Petite réflexion sur les discours de la gauche sur la migration.

L’opportuniste, l’autruche et l’internationaliste

La rencontre au sommet de Victor Orbán et Matteo Salvini fut un signe on ne peut plus clair de la collusion tacite entre une partie de la droite européenne (PPE) et l’extrême droite (ENL). Quelques temps plus tard, à Chemnitz en Allemagne, les éléments les plus fascisants de l’extrême droite ont donné dans la démonstration de force. Les populismes d’extrême droite ont occupé les devants de la scène en cet été 2018. La migration s’était imposée sur la scène politique européenne au grès des années, mais c’est sans doute en 2015 qu’au détour d’un “pic migratoire” (1) monté en épingle par les médias et l’extrême droite que le sujet a trouvé une nouvelle centralité dans le débat. Que le nombre d’exilé.e.s qui se présentent à nos portes soit en constante diminution depuis cette fameuse année où la terrible guerre syrienne avait fait bondir les thermostats de l’Europe forteresse ne semble plus avoir d’impact sur les propos des commentateurs quotidien de ladite actualité. Bien heureusement, des affects plus humains de solidarité se sont opposés également aux discours dominants xénophobes et anti-migrants, venant in extremis sauver un peu l’honneur du vieux continent.

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Nous avons lu

- L’illusion du bloc bourgeois Bruno Amable et Stéphane Palombarini

Rééditent un court mais assez novateur ouvrage sorti avant la présidentielle de 2017. Ils se proposent d’analyser les répercussions de la crise politique ouverte en France sur les dynamiques de classes et groupes sociaux qui fondaient les blocs sociaux et alliances sociales à la base des électorats de la gauche et la droite pendant des années. Ils tentent ainsi de trouver des explications à l’éclatement des bases électorales de droite et de gauche qui refusent les « réformes structurelles » et les « efforts de modernisation ». Ils voient également dans la candidature d’Emmanuel Macron une tentative de créer un « bloc bourgeois » (un bloc progressiste du centre) qui rallierait les sociaux-libéraux et à terme une partie de la droite libérale. Ce bloc ne serait cependant qu’une illusion car structurellement destiné à défendre des intérêts minoritaires et donc condamné lui-même à le rester. Un ouvrage intéressant pour qui s’intéresse à la recomposition politique actuelle et aux questions qu’elles posent notamment quant à la question européenne ou celle de l’éloignement entamé des partis de gouvernement et des classes populaires.

- Serge Quadruppani, Le monde des Grands Projets et ses ennemis, Voyage au cœur des nouvelles pratiques révolutionnaires, Editions La Découverte, 16 mai 2018.

Il ne se passe plus un mois sans que des scientifiques, des associations citoyennes ou des organisations internationales n’alertent sur la catastrophe écologique sans précédent qui nous attend. Alors que nous sommes dos à mur, et que ce n’est rien d’autre que l’avenir de l’humanité qui est en jeu, le système capitaliste, et les dirigeants qui accompagnent complaisamment ses évolutions, continuent de promouvoir des grands projets – aéroports, ligne à grand vitesse, centre commercial aux dimensions démentielles – pour quadriller et rendre plus productif encore chaque parcelle du territoire. Dans ce contexte, le petit essai politique du romancier et militant Serge Quadruppani, Le monde des Grands Projets et ses ennemis, Voyage au cœur des nouvelles pratiques révolutionnaires, est salutaire. Loin du discours capitalistico-financier qui fait encore mine de croire à la possibilité d’un « capitalisme vert » capable de conjurer la catastrophe, ou encore celui de l’écologie libérale, qui pense le salut de l’humanité dans les petits gestes quotidiens individuels, l’auteur montre que des pratiques collectives contre ces grands projets naissent un peu partout. Entre ZAD, occupations et cortèges de tête, les nouvelles pratiques sont diverses, mais toujours productives d’effets politiques, qu’il devient plus que nécessaire de saisir, pour enfin s’autoriser à penser une réponse globale à l’immense défi environnemental de la génération qui vient. C’est dans leur mise en réseau, ainsi que dans les échanges et les relations qui naissent de ces pratiques, que de nouvelles manières de vivre, face à un capitalisme plus destructeur que jamais, pourront voir le jour

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