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ET L’EDUCATION POPULAIRE ?
Contribution au débat public en cette période électorale.
dimanche 1er avril 2012
publié par Christian Maurel , Marc Lacreuse

L’éducation populaire fait doucement son chemin dans la campagne électorale et dans une bonne direction, celle qui consiste à venir interroger les rapports sociaux et politiques. Prise de conscience d’un monde de plus en plus complexe et en bouleversement, partage et élaboration coopérative et contradictoire des savoirs, émancipation et puissance individuelle et collective d’agir, construction d’un citoyen acteur et ferment de nouvelles pratiques démocratiques ... sont d’une urgente nécessité si nous voulons redevenir les auteurs d’une Histoire qui ne devra pas s’écrire sans nous.

Nous publions ici une contribution venant du Front de Gauche. Pour ouvrir plus largement le débat et dans un souci de pluralisme et de laïcité, nous en attendons d’autres... N’hésitez pas à nous contacter et à nous écrire. Voici une adresse mail : maurel.laprac@orange.fr

Marc Lacreuse et Christian Maurel.

ET L’EDUCATION POPULAIRE ?

Le peuple est privé de parole. Privé du temps aussi, pour écouter, se former, se construire, se confronter aux autres, tout au long de la vie. Sans doute pas par hasard… La prise en compte des intelligences individuelles et collectives serait à même de nourrir de sang neuf notre démocratie dont les formes représentatives ne sont plus adaptées. En effet, les citoyens de notre pays ne sont plus considérés que dans leur faculté à déléguer leur propre et inaliénable pouvoir politique à des élus devenus des professionnels de la politique qui évitent de les associer à l’élaboration des politiques publiques, encore moins à les laisser en contrôler la réalisation.

L’Education populaire pose clairement la question de la démocratie dont elle est le ferment et l’outil.

En restituant à chacun l’estime de soi et celle des autres, l’Education populaire permet de construire un « en-commun », d’inventer collectivement les perspectives d’un avenir désirable et les outils pour le construire. Elle porte l’exigence du partage des savoirs et donc celle du pouvoir, celle du débat citoyen, de la co-construction et de la capacité à l’élaboration collective du projet politique.

Elle affirme que chacun peut transmettre et recevoir des connaissances tout au long de sa vie quels que soient sa condition sociale et son bagage culturel, son âge, son sexe, sans hiérarchie entre « l’apprenant » et le « transmettant ».

Elle confirme que c’est en se confrontant aux autres, aux différences, que chacun, en construisant ainsi sa propre liberté, peut contribuer à une société plus solidaire, dans la reconnaissance réciproque des uns et des autres.

Aussi le Front de gauche veut-il peser sur la transformation de la société en permettant à chacun de se doter des outils de sa libre pensée, de ses choix, de sa dignité de citoyen, d’homme libre capable de penser une société qui le libère de la seule logique économique et financière qui le broie.

Une politique pour l’Education populaire sera mise en œuvre en la reliant à celles de la jeunesse, de l’enfance, de la culture, de l’action sociale ou du logement, parce que le citoyen doit être considéré dans sa globalité, et qu’il convient de favoriser la transversalité et la diversité.

Le Front de Gauche veut remettre sur le métier la question de l’Education populaire, et de proposer à toutes celles et ceux qui en sont les acteurs et les militants, individus, associations et organismes, un cadre institutionnel renouvelé que les dix dernières années de gouvernements de droite ont saccagé :

1- Installer une Conférence permanente de l’Education populaire, nationale et décentralisée, lieu de concertation et de proposition permanent rassemblant acteurs publics et associatifs déjà fortement engagés, pouvoirs publics et élus de la nation.

2- Réaffirmer, dans un cadre interministériel, la place de l’Education populaire dans la transversalité des politiques publiques (culture, santé, monde rural, jeunesse, enseignement, formation…).

3- Réévaluer le financement des Fédérations de l’Education populaire, le soutien public à leur fonctionnement et à l’emploi de leurs personnels permanents, dans le cadre d’un FONJEP renouvelé, en sortant de la seule logique des appels d’offres et des financements sur « projets ».

4- Introduire à l’école, à tous les degrés de l’enseignement public, l’éducation à la citoyenneté et à l’exercice de la parole dans le débat public.

5- Soutenir, notamment dans le cadre des activités sociales des comités d’entreprises, le droit à la culture et à l’Education populaire des salariés des entreprises, et le droit à la formation.