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MONDIALISATION LIBERALE, MILITANTISME, ORGANISATION ...
ET MAINTENANT, COMMENT RECONSTRUIRE A GAUCHE ?
" ADAPTER NOS PRATIQUES MILITANTES AUX REALITES " , par CLEMENTINE AUTAIN, codirectrice de REGARDS et porte-parole d’ENSEMBLE
lundi 8 février 2016
publié par Marc Lacreuse

CONTRIBUTION

" ET MAINTENANT, COMMENT RECONSTRUIRE A GAUCHE ? "

de CLEMENTINE AUTAIN

codirectrice de REGARDS, porte-parole d’ENSEMBLE

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ADAPTER NOS PRATIQUES MILITANTES AUX REALITES

" La reconstruction d’une gauche dans notre pays n’appelle pas de réponses

simples, toutes faites.

Un processus de refondation doit être enclenché, avec la conscience du travail

à fournir pour créer une force à vocation majoritaire. C’est une vision, un

imaginaire social et écologiste, une forme organisationnelle que nous avons

à repenser, à façonner .

Pour y parvenir et ne pas ressasser l’ancier, encore faut-il prendre la mesure de

la fin d’un monde. La domination européenne sur la scène mondial et le modèle

social issu de la Seconde Guerre mondiale se meurent.

Avec la mécanisation des tâches, l’émancipation des femmes, l’essor des

métropoles ou encore la révolution numérique, le travail et les temps de vie ont

été profondément modifiés.

Le prolétariat contemporain possède un nouveau visage, celui de la caissière

de supermarché, du jeune de la restauration rapide, du sans- papiers dans le

bâtiment, de l’intello précaire ...

Le mouvement ouvrier tel qu’il s’est constitué depuis le milieu du XIXe

siècle traverse une crise durable et profonde, à l’instar de la perspective

socialiste et communiste. La globalisation pèse sur nos vies, mais aussi dans

les têtes, rendant plus difficile tout espoir de changement. La construction de

l’Union européenne a abouti à une machine technocratique au service de la

finance, et non des peuples. L’Europe ne fait plus rêver. La guerre à l’échelle

mndiale bouscule les repères qui nous ont marqués au XXe siècle. Avec

Daech, la donne ancienne opposant deux camps, les dominants de la puissance

occidentale et les dominés colonisés, a complexifié les coordonnées du combat

pacifique et émancipateur international. Nous assistons, enfin, à l’épuisement

du développement capitaliste et productiviste. Les inégalités s’exacerbent,

l’écosystème n’en peut plus .

Cette liste n’est pas close, mais je veux pointer ici l’ampleur des basculements.

Notre discours comme nos pratiques militantes doivent être adaptés aux réalités

et aux attentes contemporaines. S’adapter, ce n’est pas renoncer, en rabattre

sur l’exigence de justice et d’émancipation. Le courant hérité de la social-

démocratie est expert de cette confusion entre adaptation et reniement. Loin

de se fourvoyer dans une modernité frelatée, néolibérale et autoritaire, un

effort culturel et intellectuel est nécessaire pour sortir des vieilles recettes

qui ne permettent plus d’entraïner.

Pour sortir de la panne et reconstruire à gauche, je résumerai nos tâches en

deux verbes : fédérer et innover .

Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui, par-delà leur histoire

et leur culture politique, s’opposent à gauche à la politique gouvernementale et

cherchent une issue sociale et écologiste aux crises que nous traversons.

C’est une entreprise au long cours. Il n’y aura ni raccourci, ni solution miracle,

ni sauveur suprême. Nous avons besoin de détermination collective pour

fédérer dans la durée et créer une nouvelle force sociale, culturelle, politique.

Les élections de 2017 doivent constituer une étape dans ce processus, et non

le point d’arrivée. Cette élection doit être le début de la reconstruction.

Toutes celles et tous ceux qui constestent à gauche la politique Hollande-Valls,

des frondeurs du NPA, d’EELV au Front de Gauche, des mouvements sociaux

et citoyens du monde culturel et intellectuel critique, doivent faire cause

commune pour travailler à l’émergence d’une gauche nouvelle.

Se renouveler, ce n’est pas un voeu pieux mais un état d’esprit, seul à même

d’inverser la configuration de nos espaces militants, en chaîne avec des

personnes sensibles à nos dicours.

C’est un nouveau front populaire qu’il faut viser. La période que nous traversons

est mouvante, non stabilisée.

Nous devons relever les manches pour rassembler les forces sociales,

culturelles, citoyennes et politiques disponibles.

Les monstres guettent, c’est dire si le temps presse . "


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