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ETRE MILITANT DANS UNE UNIVERSITE POPULAIRE ? DE QUOI ? ET POUR QUOI ?
Christian MAUREL
vendredi 18 février 2011
publié par Christian Maurel

Cette question* concerne, à la fois et à des titres divers, les responsables associatifs des UP, les intervenants, les adhérents et les auditeurs. Rappelons que « militant » a la même étymologie que militaire (« militaris »construit sur « miles-militis » qui signifie « soldat »), ce qui nous autorise à poser brutalement la question suivante : entrer dans une UP, est-ce s’engager et se mettre en ordre de combat ?

Pour les responsables associatifs des UP :

C‘est sans doute eux qui se rapprocheraient le plus du vocable de « militant » tant il est vrai qu’ils ont la charge de promouvoir et de défendre une structure et un projet qui ne vont pas de soi et qui n’ont pas la légitimité étatique d’un service public (organisation, recherche de moyens, motivation des adhérents et des partenaires, argumentation, conviction des indécis voire des opposants…). Ils doivent mobiliser leurs compétences, du temps, leurs capacités à convaincre. Leur arme principale est la parole. Sont-ils, pour autant, organisés comme une armée avec des chefs et des troupes ? Surement pas et c’est ce qui les différencie d’une organisation militante quasi militaire dont on trouve encore trace dans certains partis et syndicats. Si c’était le cas, ce serait contradictoire avec l’esprit et le projet éducatif et de liberté des UP. Ils fonctionnent à partir de l’expression de chacun, en coopération, par accord négocié et délibération démocratique, dans l’esprit et les règles des statuts de l’association.

Pour les adhérents :

Adhérer à l’association, cela ne signifie pas se donner corps et âme à une doctrine et servir une autorité infaillible. C’est soutenir, marquer son intérêt, prendre une première responsabilité qui peut en appeler d’autres. C’est signifier un engagement, aussi modeste qu’il soit, qui devrait conduire à participer à l’assemblée générale de l’association et, si nécessaire, à en défendre collectivement le projet et la pérennisation.

Pour les intervenants :

Ce sont des bénévoles engagés, au service du savoir et de son partage, en aucun cas des maitres indiscutables. Ils ne sont pas militants d’une doctrine, fut-elle la leur, ce qui serait contradictoire avec l’esprit des UP. Cependant, leur engagement dans la durée, à intervalles réguliers – ce qui demande recherches, préparation, écoute, remise en cause- pourrait les rapprocher d’une forme de militantisme propre aux acteurs de l’éducation populaire.

Pour les auditeurs :

Ce sont plutôt des usagers entièrement libres de leurs choix dont on n’exige pas l’assiduité, même si, dans de nombreux cas, elle est la bienvenue. Cependant, c’est parmi eux que peuvent se recruter (tiens, un concept militaire !) les adhérents, les responsables associatifs et, pourquoi pas, les intervenants de demain. « Salut la patrouille ! » dit souvent Isabelle Pazuelo. On a grandement besoin d’eux sinon l’UP n’existerait pas. En plagiant la formule de Jacques Rancière, ce sont des auditeurs émancipés ou en voie d’émancipation.

Une dernière question :

L’UP a-t-elle vocation à former des militants ou, du moins, des citoyens qui plus éclairés iraient s’engager ailleurs : associations, partis, syndicats, collectifs, mouvements sociaux… et pourraient ainsi le faire en meilleure connaissance de cause ? Pourquoi pas ? Et cela peut faire partie du projet des UP. Le savoir non pour le seul savoir mais aussi pour l’action. (cf. la formule de Michel Onfray souvent citée dans les mails de l’UPPA). Mais il est à parier que les auditeurs ne s’engageront pas d’une manière militaire mais toujours « armés » de la liberté de parole et d’action que leur aura procuré leur esprit critique. Finalement, les UP sont moins des organisations militantes que des espaces permettant des parcours d’engagement.

* Texte préparatoire aux débats du prochain "Printemps des Universités Populaires" (les 24,25 et 26 juin 2011 à Aix-en-Provence)

Messages de forum :
ETRE MILITANT DANS UNE UNIVERSITE POPULAIRE ? DE QUOI ? ET POUR QUOI ?
lundi 21 février 2011

Christian MAUREL

merci de ton dernier papier, qui me lasse d’un tel discours intello, où tu persistes à parler depuis un « en-haut »,

où une conception des UP parle depuis un lieu qui saurait ce qui est bon pour les autres, sans les autres ;

Est-ce une manière de contribution au dernier débat infécond des Métallos, entre les inepties d’une culture pour tous ou pour chacun ?

Bien évidemment la culture - telle que vous en parlez -est à la fois pour tous, pour chacun, avec tous et chacun, par tous et chacun.

Pour ma part je refuse le ou les paradigmes dans lesquels nous serions obligés de penser les choses, car l’éduc’pop dont tu te réclames mérite mieux et plus...

Penser les choses par nous-mêmes, qui que nous soyons.

Tu fais justement partie avec nos camarades nommés XXX, qui, écoeurés, ont quitté les mouvements, alors-même qu’ils y ont joué des rôles majeurs d’acteurs responsables.

Alors, maintenant, nous pouvons certes nous émouvoir - au sens de mise en mouvement - des conférences gesticulées, ou d’autres formes, toutes tenues comme les offres institutionnelles dans des lieux insonorisés, dans l’entre-soi !

Quel rapport avec la vie quotidienne des gens ?

Maurel, tu es un des plus intelligent de l’éduc’pop, mais pourquoi ou pour quoi, continue-tu d’être d’en-haut ?

Il s’agit d’être avec...

JMM