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Communiqué du Collectif National pour les Droits des Femmes :
" GRENELLE VIOLENCES CONJUGALES : PREMIERES MESURES, PREMIERES INTERROGATIONS "
mercredi 30 octobre 2019
publié par Marc Lacreuse

GRENELLE VIOLENCES CONJUGALES :

PREMIERES MESURES, PREMIERES INTERROGATIONS

Communiqué du Collectif National pour les Droits des Femmes

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- Marlène Schiappa a dévoilé les premières mesures qui seront prises dans le cadre du « Grenelle Violences Conjugales ». Celles ci montrent, par défaut, l’absence d’une réelle prise en charge de ces violences jusqu’à maintenant et la non application des lois existantes.

L’accueil policier et médical

En effet, préconiser un « protocole clair » et une « méthodologie précise » d’accueil en gendarmerie ou en commissariat des victimes de violences conjugales semble tomber sous le sens mais…. cela n’existait pas. De même informer les victimes de leurs droits et du soutien disponible. Penser qu’on pouvait laisser courir un agresseur avec une arme fait froid dans le dos…. On parle d’un éventuel partage du secret médical dont les contours restent à définir, mais on oublie de spécifier qu’il faut faire obligatoirement figurer de façon substantielle dans la formation initiale et continue du personnel médical et para médical la problématique des violences à l’encontre des femmes.

Et les violences psychologiques ? La condamnation des violences psychologiques au sein du couple figure dans la loi depuis 2010. Mais il existe une certaine « culture » en France qui consiste à ne prendre en compte que les choses visibles : « bleus », plaies, membres cassés, etc…. De ce fait la loi n’est pas appliquée. Il est plus que temps de se défaire de ce type de raisonnement dans la police, gendarmerie, justice pour pouvoir pleinement appréhender ce que représente ce type de violences. Serons-nous bientôt le seul pays incapable de prendre en compte les traumatismes psychologiques ?

Le coût des violences

Quant au coût exorbitant pour des victimes des soins nécessaires engendrés par les violences, cela fait belle lurette que les féministes réclament le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale de tous les soins y compris ceux prodigués par des non médecins. N’oublions pas que, plus largement, les seules violences conjugales coûtent 3,6 milliards par an en France Et que pour lutter efficacement contre toutes les violences, 1 milliard serait nécessaire.

Des questions restent sans réponse

Le Collectif National pour les Droits des Femmes, qui, rappelons-le a été « blacklisté » du Grenelle, bien qu’à l’origine de la loi de 2010, estime que la grosse montagne a accouché ….d’une petite souris.

- Où sont les mesures de prévention dispensées « à tous les stades de la scolarité » comme le prévoit la loi de 2010 ?

- Où sont les grandes campagnes de sensibilisation et d’information pour tous publics ?

- Où est l’interdiction ferme et nette de la médiation pénale dans les cas de violences dans le couple ?

- Où est la suppression de la garde alternée des enfants si divorce il y a quand il y a des violences ?

- Où est la suppression de l’autorité parentale en cas de condamnation ? Où sont les tribunaux spécialisés ?

La liste n’est pas exhaustive….. et il reste bien du chemin à faire.


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