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LA CONTRIBUTION CITOYENNE EN QUESTION
UN TEMOIGNAGE QUI DEVRAIT OUVRIR UN VRAI DEBAT, ENFIN !
mardi 22 octobre 2013
publié par Marc Lacreuse

Bonjour,

La promesse de promouvoir une contribution citoyenne dans les choix concernant la cité est maintenant présente sur tous les tracts, sur ceux du PS comme sur ceux du PCF, sur ceux de la droite, et aussi sur ceux du FN. Au Havre, la section du PCF (qui fait jusqu’ici campagne municipale cavalier seul, petite étiquette F de G dans le bas du tract, mais sans campagne commune) a lancé un questionnaire dans la population : voici quelle en était les deux dernières questions : « l’élaboration et la mise en œuvre de la politique municipale sont au cœur de la vie démocratique. Pensez-vous qu’il faut favoriser la participation des citoyens ? — Pensez-vous qu’il faut réserver cela aux élus et aux experts ? » Les réponses reçues ont donné : Oui : 95,4 %, à la première, : NON : 84, 2 % à la seconde. Ce sont les plus forts pourcentages obtenus sur 20 questions.

Il semble donc que ce soit bien une questionprésente dans les têtes aujourd’hui.

Mais je suis persuadé qu’en même temps l’idée que c’est impossible, que rien ne se fera en réalité de nouveau dans ce domaine est presque unanime, chez les citoyens-nes et chez les militants des différents partis.

Je me demande si il ne nous serait pas possible d’avancer une action nationale, qui soit conjuguée dans chaque localité, de façon à nous sortir, nous communistes unitaires, nous militants du regroupement, nous militants du front de gauche, des professions de foi sans lendemain. Une action spécifique menée par celles et ceux qui voient là une question essentielle de notre temps.

Une action d’abord idéologique. Mais je pense que sans débuter de véritables actions concrètes, nous ne parviendrons pas à retenir l’attention, ni la conviction qu’il ne s’agit pas d’une opération politicienne de plus.

1)Dans ma commune du Havre les documents soumis au conseil municipal sont transmis aux élus de l’opposition juste une semaine avant. Ceux-ci se réunissent vite entre eux pour décider de leurs interventions. Ne pourrait-on pas exiger que toutes les questions mises en discussion aux conseils municipaux soient portées à la connaissance des citoyens-nes au moins un mois avant.

2)Ne pourrait-on pas exiger que partout, dans chaque commune, dans chaque quartier des salles municipales soient mises à la disposition gratuitement pour permettre aux citoyens-nes d’approfondir ces questions, ce qui peut nécessiter plusieurs réunions,et même une prolongation du délai de réflexion si l’approfondissement de la question n’est pas parvenue jusqu’au bout.

3)Ne pourrait-on pas exiger que partout les conseils municipaux ne puissent s’opposer à l’avis de ces assemblées citoyennes.

4)Ne pourrait-on pas exiger que partout la charge première des élus municipaux soit de favoriser ce travail citoyen.

Les élus-es qui ont une activité professionnelle devraient alors disposer d’heures de délégationpour faciliter e cette intervention au service du travail citoyen concernant les affaires de la cité e de l’agglomération.

5)Les partis pouvant apporter leurs contributions au débat, mais sans que ce soit

eux qui puissent décider finalement.

Sur ces cinq premières revendications pourraient faire l’objet d’une pétition nationale,

conjuguée par des pétitions locales plus ajustées aux réalités concrètes de chaque commune

6)Soyons plus utopiques ( sinon rien de nouveau demain)

Il faut obtenir queles conditions de ce travail citoyen soient réalisées

Idéologiquement, en faisant gagner l’idée que c’est possible, que cela requiert

l’acceptation par d’efforts citoyens, car cela est exigeant, on sait que sans approfondir les questions, on en reste à l’apparence, à la pression des idées dominantes, et le peuple ne peut admettrede décider en effleurant les questions et en risquant de prendre des décisions inappropriées. (clin d’œil aux gendarmes)

Il faut concevoir que ce travail citoyen doit être rémunéré (Nos élus le sont bien pour la même tâche), car cela coûtera aux citoyens –nes des gardes d’enfants, des heures de délégation hors du travail, des soirées d’études des dossiers, etc.

Il est courant de ne voir que le retour à la proportionnelle pour fonder une 6 è république.

Or cela ne changera rien à la dépossession des citoyens par les partis. Il est temps d’ouvrir d’autres perspectives.

Jean-Pierre Rioual , 22 octobre 2013.

— 


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Documents joints à cet article :
Messages de forum :
LA CONTRIBUTION CITOYENNE EN QUESTION
lundi 4 novembre 2013
Christophe Dansac

Reprendre le pouvoir avec les armes de la démocratie représentative Bonjour, Le texte de Jean-Pierre Rioual, effectivement, met bien le doigt sur un des facteurs de désaffection pour la politique, l’accaparement par les partis politiques de la représentation, et ses conséquences en termes de distribution des pouvoirs. Nul ne peut attirer sans être soi-même un modèle, or les partis sont en eux-mêmes corrompus par leur hiérarchisation, la façon dont sont désignés leur représentants, et le processus de délégation. Comment un parti qui veut le pouvoir, qui une fois qu’il y serait ne rêverait que d’y rester, et dont les principaux tribuns sont ceux qui sont les plus désireux de l’obtenir, pourrait faire croire qu’il désire laisser la place aux citoyens dans la décision. Le seul mouvement politique qui pourrait attirer en confiance les citoyens serait celui qui dans ses statuts même éviterait la prise de pouvoir personnel comme une fin. Un mouvement qui illustrerait dans son fonctionnement même que décider ne doit pas donner de pouvoir(s) mais plutôt des devoirs (notamment devoirs de transparence, d’information, de consultation et de délibération).

Pour cela, plusieurs règles à se donner :
- Tirage au sort des candidats aux élections parmi les membres du mouvements, et systématisation du tirage au sort y compris pour la structuration du mouvement, ce qui impose de faire confiance à l’intelligence collective. Mise à l’agenda de la création d’instances de décisions fonctionnant sur le principe de tirage au sort parmi les citoyens.
- Non renouvellement des mandats des désignés (élus ou autres), à inscrire y compris dans le "programme" politique du mouvement comme objectif à atteindre pour l’ensemble des mandats représentatifs.
- Refus de la personnification du pouvoir (les décisions ne doivent jamais reposer sur une personne, mais sur un collectif).
- Revendication de la transparence dans les décisions avec une information préalable suffisante sur les dossiers (afin que les représentants puissent exercer leur devoir de consultation et de délibération), et diffusion transparente des informations sur les débats précédents les décisions.
- Mise à l’agenda de véritables consultations locales directes, de nature référendaire, et de possibilité de saisine par les habitants.
- Refus de la non comptabilisation des votes blancs et des abstentions dans les votes (à installer progressivement étant donné le mauvais état de santé de notre démocratie, mais fondamentale pour les décisions les plus importantes).

Si un tel mouvement politique naissait, ses sections locales seraient de véritables lieux de construction du débat démocratique, et donc d’éducation populaire réciproque. On éviterait que les plus favorisés détiennent non seulement la majorité des richesses, mais aussi des capacités d’influence. Les gens ne verrait pas la politique comme un jeu de pouvoir dans un panier de crabe, mais comme un espace de débat, auquel on pourrait accéder quel que soit son statut social. En s’appliquant ses règles à lui-même, il se protègerait de la corruption par le pouvoir régulièrement illustrée par l’actualité. C’est à ces conditions que nous pouvons éviter que les gens désespérés ne voient pas à d’autres solutions que celles radicales proposées par certain(s). Il faut leur offrir une véritable alternative à la politique telle qu’ils la perçoivent. Il ne faut pas leur proposer des miettes du pouvoir de décision par la participation ponctuelle soigneusement choisie par les experts ou des représentants (au demeurant pour la majorité bien intentionnés), mais leur rappeler que leur devoir est de s’emparer de l’ensemble du gâteau.




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