Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteThèmesEducation Populaire & Palestine
PALESTINIENS, ISRAELIENS
LES CINEASTES TEMOIGNENT
UN NOUVEL OUVRAGE DE JANINE HALBREICH-EUVRARD
jeudi 14 juillet 2016
publié par Marc Lacreuse

ISRAELIENS / PALESTINIENS

LES CINEASTES TEMOIGNENT

LE NOUVEAU LIVRE DE JANINE HALBREICH-EUVRARD

---------------------------------

Dix ans après un premier livre :

" Israéliens, Palestiniens : que peut le cinéma , carnet de route "

Janine Halbreich-Euvrard, critique de cinéma, cette fois accompagnée de

Carol Shyman, photographe et journaliste américaine vivant à Paris, est repartie

en Palestine et en Israël en avril 2014 pour un périple de trois semaines .

Elles ont interviewé une vingtaine de cinéastes , 10 Palestiniens, 10 Israéliens

et ont publié à la fin de 2015 :

" Israéliens, Palestiniens - Les cinéastes témoignent ". Editions Riveneuve

La présentation est sobre et efficace : chaque témoignage est précédé d’une

photo noir et blanc et d’une courte biographie. Il est suivi de 2 fiches . La

première " Carnets de route " fait du livre un récit de voyage vivant, riche

de personnages, de lieux bien connus mais aussi émaillés d’incidents propres

à ce territoire plus petit que la Bretagne. La deuxième , " 1001 humiliations ",

relate une anecdote vécue, terrible dans son absurde réalité et sa banalité

quant aux conditions de vie dégradantes faites aux Palestiniens, territoires

occupés et Israël confondus.

Aux questions : état du cinéma, enseignement, censure, changements dans

les sujets traités dans les films, financement et que peut le cinéma ?, les

réponses apportées tissent " une formidable toile de vues multiples " et

constituent une source d’informations foisonnante.

Pêle-mêle, on apprend que le cinéma palestinien a 15 ans d’âge, qu’il est

surtout documentaire, quil existe des possibilités de coproduction entre

Israël et la Palestine mais que l’auto-censure n’est jamais loin en cas de

financement extérieur, qu’il existe des problèmes d’indentité pour les

réalisateurs arabes israéliens, que le public israélien se détourne des films

politiques, préférant des sujets non conflictuels, que le cinéma israélien se

dépolitise, quil se tourne vers le monde de l’individu, quil cherche une

réussite commerciale avant tout ... il est à l’image de la société israélienne

qui se déplace vers la droite, occulte et nie le problème palestinien comme s’il

était derrière elle.

La question de l’extension des colonies , de " ces toits rouges qui s’étendent

comme des furoncles ", ne semble guère traitée par ces réalisateurs israéliens

pourtant engagés. Un seul mentionne que les " colons ont pris Israël en

otage " . Mais parallèlement il n’y a qu’un réalisateur palestinien pour évoquer

" le tremblement de terre qui s’est produit entre le Fatah et le Hamas à Gaza "

en 2006 .

A la question de l’influence du cinéma les avis sont partagés . Un avis médian

est sans doute " qu’il peut semer la graine d’un processus de réflexion ". Mais

pour d’autres l’antagonisme politique est omniprésent car " pour l’oppresseur

l’art pour l’art fait partie de son hégémonie, tandus que pour l’opprimé c’est

un moyen de résistance " .

Par le biais du cinéma, ce livre explore judicieusement les sociétés israélienne

et palestinienne . Son militantisme est réel, la préface confiée à Leïla Shahid , la postface au journaliste

israélien Michel Warschawski en sont les témoignages . Ce dernier fait un

constat accablant de l’évolution politique et sociale de son pays . Selon lui, sans

un acte de sauvetage de la part du reste du monde sous forme de sanctions

envers Israël, " 7 millions d’Israéliens sont en route vers un naufrage

programmé " .


Répondre à cet article