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LES UNIVERSITES POPULAIRES : UNE OU DES PEDAGOGIES ?
Christian MAUREL
dimanche 20 février 2011
publié par Christian Maurel

Cette question* est liée à plusieurs autres questions :

- le statut et les fonctions que l’on entend donner aux savoirs (enrichissement personnel, promotion des individus, engagement collectif, passage à l’action…),

- la diversité des savoirs (académiques, critiques, sociaux, d’expérience, d’action, de conscientisation, d’émancipation, de transformation…),

- le statut et la place accordée aux auditeurs (simples auditeurs, auteurs/acteurs, co-constructeurs, sujets de l’acte éducatif et pas simples objets).

Les précédents « Printemps des Universités Populaires » se sont, à juste titre, attaqués à ces questions. Ils témoignent d’une diversité d’expériences pédagogiques (voir le rapport réalisé par Michel Tozzi dont nous nous sommes largement inspiré pour notre réflexion introductive d’octobre 2010 Cf C. Maurel : « En quoi notre Université Populaire fait-elle œuvre d’éducation populaire ? »). Quelques pistes, cependant, pour aller plus loin et enrichir les pratiques :

- si on limite notre projet aux savoirs académiques (savants), même mâtinés d’esprit critique, visant à un enrichissement personnel des auditeurs (ce qui est parfaitement légitime), la pédagogie unilatérale enseignants/enseignés (ce qui n’interdit pas la discussion) a toute sa valeur et peut même être un bon point de départ pour s’engager dans des expériences nouvelles.

- par contre, si l’on entend poursuivre d’autres objectifs (émancipation, puissance d’agir individuelle et collective, transformation sociale et politique…) et y impliquer les participants déjà auditeurs ou des publics nouveaux (jeunes, milieux populaires, habitants souvent éloignés des savoirs savants, salariés précaires ou exclus du travail...) d’autres pédagogies reconnaissant et mobilisant d’autres savoirs s’imposent : pédagogies actives, co-construction des connaissances, démarches ascendantes faisant appel à des sensibilités et des savoirs sociaux, identitaires, d’expérience, d’action et de la quotidienneté vécues.( cf. l’expérience de l’UP-laboratoire social de la MJC de Ris-Orangis qui part de ce qui affecte les gens habitant dans la proximité).

Propositions :

- ne négliger aucune expériences ni pratiques pédagogiques, y compris celles qui peuvent apparaitre les plus conventionnelles. Elles peuvent, avec le temps, faire germer du nouveau et ouvrir des voies imprévues. Il faut toujours commencer avec ce que les responsables de l’UP, les intervenants et les auditeurs attendent et se sentent capables de faire, puis rester ouverts à toutes nouvelles propositions que des participants ou des partenaires de terrain peuvent susciter. Pour cela, il faut que l’UP reste ouverte, non institutionnellement figée, en résonance avec le monde.

- faire une place centrale à l’imagination pédagogique, à la description et à la confrontation des expériences nouvelles. A ce titre, le prochain « Printemps des UP » devrait faire une large place à la diversité pédagogique sous la formes d’ateliers présentant des expériences et rassemblant des acteurs( responsables, intervenants, adhérents, auditeurs…) soucieux d’articuler valeurs, objectifs généraux et projets avec la recherche de nouvelles manières de faire.

*ce texte est préparatoire aux débats du prochain "Printemps des Université Populaires" (Aix-en-Provence les 24, 25 et 26 juin 2011).