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Les voeux du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).
2012 année du réveil de la gauche.
mercredi 4 janvier 2012
publié par Madeleine Abassade

« Le mouvement Politique d’Éducation Populaire (M’PEP) porte bien son nom et le fait savoir en ce début d’année 2012. A la fois "mouvement", "éducatif", "populaire" et, surtout, "politique". On n’est pas obligé de partager tous les points de vue de ce mouvement issu d’ ATTAC, ni la stratégie qu’il propose pour cette année électorale. Mais, il a le mérite de faire débat sur de grandes questions et de nous inviter à penser que la politique au sens de "faire société" n’est pas que l’affaire des partis. A moins que le M’PEP ne préfigure un nouveau parti politique, celui-ci appuyé sur d’autres procédures et formes d’engagements des citoyens ! » Madeleine Abassade et Christian Maurel.

20 ans depuis le Traité de Maastricht. 10 ans depuis la mise en circulation de l’euro sous forme de pièces et de billets. 10 ans de droite au pouvoir en France. 10 ans depuis l’arrivée du Front national au second tour des présidentielles. 7 ans depuis le « non » au Traité constitutionnel européen. 5 ans de Sarkozy. 4 ans depuis l’intégration du Traité de Lisbonne dans la Constitution française.

2012...
- Des mois que les échéances électorales se préparent. Les médias regorgent de sondages et de pronostics. Les débats font rage en abordant si peu les questions cruciales. Le règne du commentaire béni oui-oui fait sa loi, au nom du Triple A, du sauvetage de l’euro, des banques et de la finance. Les peuples croulent sous les coups des délocalisations, des suppressions d’emploi, du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. La jeunesse est méprisée, abandonnée à la précarité et à la pauvreté. La France compte 8 millions de pauvres, dont une grande part d’enfants et de familles monoparentales. Ce sont 30 000 chômeurs de plus qui ont été recensés en novembre 2011, le chômage n’a jamais été aussi élevé depuis 12 ans...

Les chiffres, alignés et scandés ne veulent plus rien dire. Les milliards valsent au fil des journaux télévisés. La Bourse fait du yoyo. Les plus riches sont encore plus riches. Les autres s’appauvrissent, font le dos rond, nourrissent une colère sourde, végètent dans la peur d’aujourd’hui et du lendemain. Cibles de l’austérité budgétaire, ils subissent à la fois les effets de la destruction du service public, de la diminution de la protection sociale, de la hausse continue des loyers et des prix, du manque de logements sociaux, de la faiblesse des salaires, de la spéculation sur les matières agricoles, de la hausse du gaz et de l’électricité. En même temps qu’ont été promulgués à la pelle décrets et lois liberticides, que la justice est menacée dans son indépendance, que les moyens accordés à la santé, à la culture et aux travailleurs sociaux sont rognés, les directives européennes n’ont cessé de s’abattre, dégradant le modèle social de l’après-guerre, liant les mains des collectivités territoriales. Prises dans la logique de l’ouverture à la concurrence tous azimuts, à travers notamment les réformes successives des marchés publics, elles ont été bridées dans leur mission de services publics locaux et sociaux.

La guerre à la dégradation de l’environnement a fait long feu. L’heure est à la seule raison financière c’est-à-dire à la préservation des intérêts de la finance quel qu’en soit le coût humain et environnemental. L’hypocrisie de l’écologie de façade - ponctuée de grandes annonces médiatiques sur le devenir de la planète - apparaît au grand jour. Ne restent que le sordide capitalisme vert du « droit à polluer » et le possible vivier de création de valeurs financières qui s’y rattache.

La concurrence comme dogme et la prise du pouvoir par les transnationales en situation de monopoles claquent au su et au vu de tous. Le capitalisme n’a même plus besoin de s’embarrasser de précautions oratoires. Il jette au visage du peuple ses ordres et ses diktats. Si bien servi par les gouvernants qui ne savent que se prosterner devant les dieux d’aujourd’hui : l’accumulation effrénée du capital, le jeu spéculatif, soutenus et promus par l’Union européenne, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC.

L’État s’est effacé. Pire. Les gouvernements se vautrent aux pieds des donneurs d’ordres mondiaux. Ils dénaturent la fonction redistributive de l’impôt et piétinent la souveraineté populaire et nationale.

2012...
- Que pouvons-nous en attendre ? En espérer ? Dans le concert si harmonieux de la défense de la monnaie unique, du « nécessaire » remboursement des dettes souveraines, voit-on poindre une lueur proposant des changements à la hauteur de la crise sociale et politique ? Certes le 10e anniversaire de l’euro ne pourra être fêté dans la liesse et on imagine les trésors de communication rangés dans les placards pourtant prévus de longue date par l’Union européenne pour célébrer la monnaie unique. Les règles annoncées pour demain seront d’or nous promet-on. L’effort, le travail, la peine et la rigueur. Quelques-uns tentent bien de faire croire à d’autres mondes possibles mais sans ébranler celui de maintenant. Sans vouloir enfreindre ni transgresser les lois du marché, du libre-échange qui écrase les salaires, les conditions de travail, et accroît la famine. Sans avoir le courage d’affronter les adversaires.

L’Union européenne est devenue, improprement, l’Europe. La paix promise est devenue la guerre sans merci contre les peuples des pays qui ont contracté les traités de Maastricht, de Lisbonne. La monnaie unique, celle dont on nous avait dit qu’elle liait pour le meilleur le sort des 17 et renforçait la cohérence européenne est devenue un boulet. Trop chère, trop accrochée aux marchés financiers, échappant au contrôle des États et de leurs peuples.

Certains en semblent tout étonnés. Ils ne veulent pas lâcher. Accepter de reconnaître qu’il y avait erreur. Que jamais les objectifs européens n’ont été l’amélioration du pouvoir d’achat, de la santé, de l’emploi, de la démocratie. Ils ne veulent ou ne peuvent pas admettre l’exigeante nécessité de repenser l’ensemble pour faire face à la tragédie qu’engendre la mystification européenne.

Oui la guerre idéologique a fait des dégâts. Elle continue d’en faire. Plus qu’on ne le sait.

Pourtant, en 2005, souvenez-vous : les tenants du « non » au TCE étaient qualifiés de nationalistes, de passéistes, d’égoïstes. Mais le courage a alors prévalu. La gauche du « non » a fait face. Elle a argumenté. Ne s’est pas laissé enfermer dans le piège grossier que les médias, unanimement, et les partis institués lui tendaient. Elle n’a pas non plus craint d’être assimilée à la droite extrême, xénophobe et manipulatrice. Elle ne doutait pas de son identité.

Cette gauche-là, courageuse et fière, héritière des combats ouvriers et révolutionnaires, armée des arguments de la Résistance, a bataillé et elle a gagné. Avec le peuple qu’elle a su rencontrer, qui a gonflé les troupes et a décrypté un texte complexe et vicieux, cette gauche n’a pas mis le genou à terre.

2012...
- Le réveil. Nous pourrions espérer que se lève cette même détermination à ne pas s’en laisser compter. Que la gauche du « non » au TCE reprenne le flambeau contre le diktat d’une monnaie unique au seul service de la finance, qu’elle se débarrasse des leurres qui lui ont embrumé la raison. Que la vraie gauche se libère de sa crédulité qui lui fait prendre l’Union européenne pour la solidarité entre les peuples européens, l’euro pour une monnaie partagée, l’européisme pour de l’internationalisme... Et qu’elle dépasse ses peurs infantiles, si facilement activées par les libéraux, qui lui font confondre souveraineté monétaire avec nationalisme.

D’accord la gauche a été dupée. Mais est-ce une raison pour s’entêter à s’accrocher à l’illusion si bien fabriquée ?

Gauche, belle endormie, réveille-toi ! Faute de quoi ils seront nombreux, ouvriers, employés, privés d’emploi, délocalisés, paupérisés, exploité-e-s en tous genres à se détourner de toi et à aller convoler en noces éphémères vouées à l’échec et à la désespérance avec l’ennemi. Le si blond Front national aux accents - si bien travaillés - d’empathie avec les petits, les humbles, les « invisibles ». Une nouvelle mystification cruelle et dangereuse.

2012...
- Le M’PEP a fait son choix. Il n’a pas succombé au chant des sirènes européistes, ni au charme surfait de l’euro. Quitte à être, depuis sa création en 2008, à contre-courant des forces établies. Quand il a ouvert les débats sur la désobéissance européenne, la sortie de l’euro, la sortie de l’Union européenne, le retour à une monnaie nationale et la création d’une monnaie commune dans le cadre d’un nouvel internationalisme. Quand il a affiché sa volonté de participer à la création d’une nouvelle force de gauche.

2012...
- Le M’PEP fera son choix pour les échéances électorales. Il tiendra un congrès extraordinaire mi-janvier qui décidera s’il présente ou non des candidats face au Front national. Pour que ceux qui pensent qu’il est possible d’être à la fois de gauche et pour la sortie de l’euro et de l’eurolibéralisme puissent s’exprimer dans les urnes.

Que 2012 soit l’année du réveil de la gauche, de la détermination et du courage. Pour tous et pour chacun-e.

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