Education populaire & Transformation sociale !
Offre Civile de Réflexion
Accueil du siteThèmesDémocratie
Type :
Réflexion
Technique :
edito
Themes :
Construction des savoirs
Lire, (re) lire Castoriadis !
Par Marc Lacreuse.
mercredi 30 mai 2012
publié par Christian Maurel , Marc Lacreuse , Madeleine Abassade

Lire, (re) lire Castoriadis !

Une des dimensions contemporaines de l’éducation populaire politique réside dans le travail réflexif inédit relatif à la question des nouvelles procédures dont la démocratie a besoin pour être en capacité de faire, refaire société avec l’implication active de tous ses citoyens, ce qui est à proprement parler sa raison d’être.

Cette dimension, amplement analysée, interrogée, développée par Alexia Morvan dans sa thèse récente (" Pour une éducation populaire politique ") se trouve au cœur des séminaires de Cornélius Castoriadis donnés à l’EHESS ( École des Hautes Études en Sciences Sociales ) dans les années 1980/1990.

Castoriadis, cofondateur du groupe et de la revue " Socialisme ou barbarie ", économiste à l’OCDE, directeur d’études à l’EHESS, psychanalyste, a publié plusieurs ouvrages : " L’institution imaginaire de la société ", " Une société à la dérive ", " Fenêtre sur le chaos ". L’ensemble de ses séminaires est en cours de publication sous le titre " La création humaine ". Décédé en 1997, ses textes reviennent inlassablement sur la question de la démocratie, son caractère inachevé, son passé, son avenir dans le monde occidental . Il s’interroge sur les chances de la liberté et du projet d’autonomie - base de la démocratie - dans un monde caractérisé par le retrait ou l’exclusion des hommes et des femmes de la sphère politique, dans une société de hobbies et de lobbies : une société " à la dérive ".

Son interrogation critique de la naissance de la démocratie et de la tragédie dans l’Athènes antique ne constitue pas une tentative d’en faire un " modèle " pour aujourd’hui, qu’il suffirait de reproduire, : il y voit plutôt un " germe " , une " origine " qui continue à nourrir notre pensée politique : " la démocratie ne peut être définie par ses institutions, c’est un régime en mouvement, une continuelle auto-institution de la société, c’est à dire un espace où les citoyens ont les moyens de remettre constamment en question les lois, les règles, les notions mêmes de justice et de liberté ( ... ) ".

Oui : il y a urgence à lire ou relire Castoriadis aujourd’hui. Notamment ses séminaires. C’est une nourriture utile à nos divers ateliers de réflexion à propos d’éducation populaire ...