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PROJET D’UNIVERSITE POPULAIRE-LABORATOIRE SOCIAL.
Maison des Jeunes et de la Culture d’APT (Vaucluse).
mercredi 4 avril 2012
publié par Christian Maurel

PROJET D’UNIVERSITÉ POPULAIRE - LABORATOIRE SOCIAL. (titre provisoire).

PREAMBULE.

- MJC, institution d’éducation populaire, à la fois fondement de notre pratique et objectif de l’action,

- MJC, acteur de la construction du lien social et de solidarités,

- MJC, agent de qualification personnelle, sociale, culturelle des individus ; lieu où l’on apprend à comprendre l’environnement où l’on se situe,

- MJC, espace de liberté, de démocratie, de citoyenneté, contribuant à assurer la vitalité et la richesse de la vie démocratique.

Dans le contexte du début du XXI° siècle, nous souhaitons mettre en expérimentation une démarche adaptée aux mutations contemporaines et fidèle à la vocation initiale des MJC.

LE CONTEXTE.

Nous constatons un déficit de commun de notre société actuelle. Une aggravation des inégalités qui fissurent le corps social, au niveau local comme au niveau planétaire. De plus en plus nombreux sont ceux qui choisissent ou subissent une mise en retrait de la vie sociale. Nous constatons la suprématie de l’avoir sur l’être.

Une crise profonde, globale et durable.

- Durée et gravité d’une crise financière, économique, politique, écologique, démocratique, qui retentit sur les destinées individuelles et collectives.

- Incertitude générée par cette crise, vécue par certains comme une catastrophe naturelle, et qui imposerait donc des réponses techniques où les choix de valeurs n’auraient plus lieu d’être (le « TINA » there is no alternative »).

- Dans le sentiment d’impuissance et d’incertitude, tendance au repliement identitaire et à la peur de l’autre, segmentation générationnelle, territoriale, délitement du « vivre ensemble ».

- Ce sentiment de perte de maîtrise du présent peut pousser les individus à caresser des chimères porteuses d’illusion, de déception, de frustration, pour les individus et pour la société.

La place des « couches populaires ».

- Les couches populaires ont fait l’objet d’un processus d’« invisibilisation » durant les trente années écoulées, au profit d’une notion floue de « couches moyennes » plus rassurante et moins porteuses de conflictualité. Elles reviennent sur le devant de la scène, à la faveur de circonstances politiques conjoncturelles, plus fondamentalement, du fait d’une fragilisation d’un salariat dont le statut ne garantit plus désormais une vie digne et un avenir lisible, et que l’on ne peut plus opposer comme dans les années 90 aux « exclus ».

- Ces « couches populaires », qui regroupent les catégories ouvriers employés de l’INSEE, représentent rien moins que 50% de la population. Elles font l’objet depuis peu d’un regain d’intérêt dans l’espace médiatique et intellectuel. Pourtant, si le projecteur est braqué sur elles et sur les incertitudes qu’elles font peser sur des échéances politiques, ce regard d’entomologiste ne les institue guère comme expert de leur propre monde social et comme contributeur de la construction de réponses aux interrogations contemporaines.

La construction d’un monde nouveau.

- Le sentiment est désormais partagé que nous sommes à la fin d’un monde et que la tâche du présent est d’inventer un nouveau monde. Si cette assertion est vraie, le dessin des contours de ce monde à venir ne saurait reposer sur la seule réflexion virtuose d’experts académiques.

- Tandis que les « think tanks » (réservoirs d’idées) de spécialistes planchent sur des modèles et propositions, il est souhaitable et utile que s’invitent dans ces prospectives les experts du monde social que sont les femmes et les hommes qui vivent, travaillent, produisent, rêvent, rient, consomment, aiment, pensent, aspirent…

- Car dans la tradition millénaire de la culture et du savoir qui est la nôtre, la suprématie va aux savoirs académiques, qui jouissent de cet avantage comparatif énorme d’être formalisés dans le langage, au point que maîtrise du langage et savoir sont communément associés.

- Des approches plus contemporaines mettent l’accent sur les « savoirs creux », silencieux, « inouïs ». Précédés et pétris de l’expérience, ces savoirs non anticipés dans le langage sont à la différence des premiers, à l’opposé de l’universel et de la norme.

- Construire une démarche de rencontre de ces deux régimes de savoirs dans la perspective de l’élaboration d’une pensée pour un monde nouveau, c’est ainsi que nous résumerons notre modeste ambition.

- Nous proposons une thématique volontairement très ouverte et imprécise, à mettre en débat bien sûr : « qu’est ce qu’une vie bonne ? ». Nous étions à la recherche d’un questionnement très ouvrant, qui ne prédétermine pas le champ des réponses : économique, morale, philosophique, sociale, écologique, etc…

MÉTHODOLOGIE.

- Nous mettons en place une démarche, plutôt qu’un projet, un processus, et non une structure. Ceci implique l’attention portée à la plasticité, à l’adaptabilité, à l’évolution.

- Le but de la démarche - mettre les participants en situation de production de savoirs sur le monde d’aujourd’hui et de prospective pour le monde de demain - n’augure pas des effets et des résultats qui pourront surprendre, déconcerter : le vivant, en général, l’humain singulièrement, est constamment reconfiguré par l’expérience, ici, celle du groupe. La vigilance sera donc portée à ces effets d’inattendu et de surprise. La fécondité de la démarche réside aussi sur cette disposition à l’inattendu.

- On bannit toute posture normalisatrice, les participants ne « représentent » pas un groupe, une association, une obédience.

- Démarche « creuset » de construction de savoirs qui se distingue du groupe de parole. Les participants sont des contributeurs. Ils construisent un savoir destiné à autrui.

- Les savoirs académiques convoqués pourront être interpellés et se laisser surprendre par le surgissement des questionnements. On veillera à la mutuelle interpellation, sans condescendance, sans soumission.

- Les groupes de participants définissent leur manière de fonctionner. Une mise en commun est prévue à date régulière.

- Loin de miser sur une spontanéité, on réfléchira à un fonctionnement facilitateur de cet accouchement des savoirs enfouis.

- Veiller à la diversité générationnelle, sociale et culturelle des participants.

- Assurer au participants une « publication » de leur travail : on sollicitera la Mairie, pour tenir une rubrique dans le bulletin municipal, presse locale, radios, y compris nationales, pourront être invitées à rendre compte ou à faire écho à cette initiative.

- Les groupes pourront - et devraient ! - prendre des initiatives autonomes au gré de la direction prise par leur travail et des besoins ou opportunités qui en découlent.