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Plateforme "Non à la disparition des associations !"
Propositions des signataires.
vendredi 31 mai 2013
publié par Christian Maurel

8 MAI 2013. PROPOSITIONS FAITES PAR LES SIGNATAIRES DE L’APPEL.

Les signataires étaient invités à s’exprimer sur les actions qui seraient nécessaires pour faire entendre les demandes du texte d’appel. Plusieurs centaines de propositions ont été formulées. Ce document rassemble les idées principales, prenant en compte les réponses jusqu’au 6 mai. Nous les avons regroupées en distinguant les actions selon leur niveau géographique (local, départemental, régional, national, européen) et celles qui portent sur le contenu des messages ou l’organisation du mouvement.

Il est difficile de distinguer si les autres propositions faites au niveau local relèvent d’un vœu (« il faudrait faire cela ») ou constituent des projets d’actions effectives. Ce sera l’objet de la journée du 8 juin 2013 et des contacts à prendre avec les uns et les autres d’établir une liste opérationnelle d’actions envisagées pour le mois de septembre.

ACTIONS LOCALES OU REGIONALES.

Information des citoyens et/ou des responsables locaux Une dizaine de propositions souligne la nécessité d’un gros travail d’information et de sensibilisation sur :

- la situation catastrophique des associations, avec des exemples,

- le travail fait par les associations, souvent méconnu,

- leur contribution à l’intérêt général et au bien commun,

- le texte de l’appel,

- les perspectives d’évolution des financements publics et des mécanismes, en anticipant 2014.

Cette information/sensibilisation est à faire auprès des citoyens, des participants aux activités des associations, des partenaires de l’association, des usagers, des spectateurs, des visiteurs, les parents, des membres de l’association. On peut également s’adresser à l’ensemble des décideurs (par exemple conseils d’administration des CAF).

Elle peut prendre diverses formes :

- une journée de sensibilisation, de remue méninges local,

- des temps de rencontres,

- une campagne d’affichage,

- des tracts ou des documents explicatifs distribués sur les marchés ou aux participants aux activités associatives.

Elle peut s’appuyer sur un recensement du travail fait par les associations localement, à leur initiative ou en sous-traitance des collectivités, en mettant en face les sommes engagées par les particuliers, par les collectivités ou par d’autres instances, afin de montrer que les associations font beaucoup avec peu.

Un important travail de communication.

De très nombreuses propositions soulignent l’importance du travail de communication. Celui-ci est nécessaire tant au niveau local qu’au niveau national (voir plus loin). La communication locale est proposée sous diverses formes :

- communiqués de presse,

- contact avec la presse quotidienne régionale,

- utilisation de Twitter, de Facebook et des réseaux sociaux au niveau local,

- campagne d’affichage,

- information des médias sur la situation des associations, sur les actions menées localement, avec des exemples, sur le rôle et l’action des associations face à la crise, afin de donner des aliments à la presse, aux radios et aux télés locales,

- la communication peut également s’appuyer sur les actions symboliques.

Forums, rencontres, États généraux locaux.

De nombreuses propositions proposent des rassemblements de toutes les associations d’un territoire, avec diverses appellations : forum, rencontre, forum social local, états généraux, assises des associations citoyennes. Les objectifs proposés sont d’informer, alerter, mobiliser, redonner espoir, réfléchir ensemble, créer du lien dans la durée.

Ces rassemblements peuvent prendre la forme d’une journée d’échanges ou les associations exposent leurs projets, leurs difficultés, leurs revendications ou leurs propositions, débattent de leur rôle et de leur avenir : en quoi les associations sont indispensables pour trouver des issues à la crise, pour aller vers une société plus humaine ? Certains proposent des ateliers avec différents thèmes (par exemple diversité-citoyenneté, contributions des associations dans un contexte de crise, etc…).

Ce rassemblement peut prendre la forme de débats citoyens regroupant les associations et les habitants, ou des débats associant les associations et les élus.

Certains proposent des cahiers de doléances puis des États Généraux de la vie associative et de l’éducation populaire.

Ces rassemblements doivent permettre de souligner combien la vie locale est liée aux associations, de montrer qu’ensemble les associations représentent une force avec laquelle il faut compter, de susciter des actions communes.

Une dimension festive et culturelle.

Une dizaine de propositions proposent des rassemblements festifs, avec par exemple un repas partagé, « la multiplication de banquets populaires même dans les petits villages », un pique-nique citoyen géant (comme celui du 2 juin à la Villeneuve de Grenoble avec 1000 participants).

Certaines associations culturelles proposent des interventions de théâtre social dans différents lieux, dans les rues, dans des locaux, ou des concerts de soutien. Certains proposent également des conférences gesticulées et du théâtre forum.

L’interpellation des élus et les pouvoirs publics : les propositions très diverses selon les situations locales.

De très nombreux signataires proposent une interpellation des élus ou des préfets, afin d’obtenir une reconnaissance, de disposer des financements nécessaires pour agir, de construire des partenariats pérennes à travers des conventions pluriannuelles d’objectifs.

Derrière les propos on distingue des différences d’analyse : certains situent la source des difficultés associatives au niveau des mairies, d’autres au niveau des départements des régions, d’autres au niveau des préfets ou des ministères. De ce fait, les propositions d’actions peuvent s’adresser aux uns aux autres.

Le vocabulaire employé traduit soit un climat de dialogue (rencontre avec les élus, temps de rencontre et d’échanges entre élus et associations), soit une logique de débats, soit un climat de tension (interpellation des élus, très souvent cité, lettre ouverte au préfet ou au député). Certains souhaitent que les élus participent à une démarche commune de protestation. Cela traduit une grande hétérogénéité dans les relations entre collectivités et associations. Les actions menées ne peuvent donc pas être les mêmes partout.

Les moyens proposés sont également très divers :

- débat avec les élus locaux,

- lettre commune de toutes les associations aux élus (qui peut prendre dans la forme d’une lettre ouverte),

- distribution de l’appel lors de conseils municipaux ou communautaires,
- multiplication de lettres individuelles au préfet, au maire, etc.,

- sit-in devant les mairies,

- distribution de tracts sur les marchés,

- distribution de documents explicatifs aux membres des associations,

- marche départementale vers la préfecture ou la sous-préfecture,

- actions auprès des députés, des sénateurs, des conciles généraux des conseils régionaux,

- sollicitations de la signature des maires pour qu’ils se joignent au mouvement.

Certains proposent de faire pression sur les candidats aux élections prochaines en leur demandant des engagements qualitatifs et chiffrés. Des actions revendicatives : manifestations, grèves, occupation Une des surprises de la lecture des propositions est dans le nombre élevé de celles qui proposent des manifestations, une grève des associations ou des occupations symboliques.

La proposition d’une grève des associations est souvent présentée comme symbolique, pour montrer au gouvernement ou aux élus que la société ne peut pas tourner « sans le travail souvent acharné des associations ». Certains proposent une grève de 2 heures, d’autres proposent une « journée sans associations » ou une semaine « associations mortes ». Certains proposent la grève générale des associations. Un comité sportif départemental propose une journée sans sports.

Plusieurs proposent des occupations symboliques de l’espace devant la préfecture, de la mairie, avec remise d’une lettre au préfet ou au maire en lui demandant de la transmettre.

Certains proposent des rassemblements devant chaque mairie, soit avec les seuls présidents, soit avec une manifestation plus nombreuse rassemblant l’ensemble des adhérents.

Une interpellation des instances départementales et régionales.

Des rassemblements, des forums des associations pourraient être organisés dans les grandes villes, au niveau de l’ensemble de la métropole.

Certains proposent que l’ensemble des associations une région se mobilisent devant le Conseil Général, le Conseil Régional ou la DRJSCS, ou que l’appel soit diffusé lors des assemblées départementales ou régionales.

Vu les difficultés des associations du domaine social, qui luttent pour leur survie, il est également proposé qu’une action d’envergure soit organisée le même jour avec une occupation des agences régionales de la santé.

L’ACTION NATIONALE.

Plusieurs interventions soulignent la nécessité d’articuler l’action locale et l’action nationale. Beaucoup de ces propositions ayant été formulées avant la décision d’organiser une semaine d’action proposent une concentration dans le temps afin de rendre visible l’action entreprise. Plusieurs soulignent la nécessité d’une campagne graduelle du local au national, en passant par les départements et les régions, avec une dimension médiatique.

Un manifeste, des lettres aux ministres.

Certains proposent un manifeste à faire signer dans les associations et au grand public au-delà des différents réseaux. Certains proposent que des lettres au ministre soient envoyées pour faire état de nos propositions, parfois sous forme de lettres ouvertes. (Ces propositions traduisent un certain déficit d’information sur les discussions en cours).

Des états généraux de la vie associative.

De nombreuses propositions souhaitent l’organisation d’une grande manifestation publique, d’un événement citoyen national, d’États Généraux de la vie associative. Des actions symboliques, des marches, une chaîne humaine.

Plusieurs signataires proposent d’organiser des marches : soit des marches départementales le même jour, soit une marche itinérante qui converge vers Paris sur une plus longue période. Une signataire propose d’organiser une caravane en s’inspirant des tournées de Droit de Cité dans les années 90.

Une proposition similaire consiste à organiser une chaîne humaine qui relie les villes pour montrer le nombre des associations. Autres propositions à signaler :

- un défilé en costume noir derrière une calèche pour signifier « l’enterrement des associations »,

- un badge, un ruban de couleur ou un brassard porté par tous les militants associatifs pendant la semaine d’action,

- occuper un lieu de savoirs symbolique comme le Musée national des arts et traditions populaires (acquis par le Front populaire), pour signifier qu’outre la mise à mort des associations nous assistons au démantèlement des structures dépositaire du partage des savoirs,

- monter sur des grues,

- dérouler une longue liste d’associations le long d’un grand boulevard.

Des manifestations locales et une manifestation nationale.

Certains soulignent que pour se faire entendre, les associations doivent aller dans la rue. D’autres reconnaissent cette nécessité mais constatent que cela n’est pas dans la culture des associations, et prévoient des difficultés pour que les actions de soient massives. Plusieurs proposent un appel à manifester ensemble dans toute la France, le même jour, avec parfois des marches départementales. Certains proposent une manifestation nationale, sous diverses formes :

- manifestation devant l’Assemblée Nationale, ou devant les ministères,

- certains proposent d’aller devant les ministères avec toutes les personnes en difficulté concernées,

- des sit-in,

- un grand défilé très médiatisé.

Certains soulignent la nécessité d’une dimension culturelle et festive pour cette manifestation. D’autres soulignent que ces différentes manifestations gagnent beaucoup en puissance si elles sont entreprises de façon unitaire avec les syndicats, avec l’ensemble des associations ou avec des élus.

Des actions nationales et locales de médiatisation.

De très nombreux signataires soulignent l’importance décisive d’un travail de communication au niveau national et local, les deux étant intimement liés. Plusieurs formes d’intervention sont proposées :

- des communiqués de presse réguliers,

- les conférences de presse nationale mais aussi locales,

- des interventions dans des émissions radio et télés pour montrer le rôle capital des associations dans la vie sociale française,

- des interventions dans la presse écrite en mobilisant les premiers signataires de l’appel,

- des spots radio et télévision de sensibilisation,

- une communication tous azimuts sur Internet et sur les réseaux sociaux, avec des articles sur Twitter et Facebook,

- une diffusion de l’appel à toutes les adresses Internet des associations.

Les outils nécessaires pour mener à bien ce travail de communication font également objet de plusieurs propositions :

- des supports (dossier et informations disponibles sur le site) pour faciliter l’initiative de conférences de presse locale,

- des affiches destinées à être utilisées dans les forums des associations
- des affiches pour une campagne d’affichage,

- les modèles de tracts à adapter pour distribuer dans la rue,

- des documents destinés au grand public permettant de se faire comprendre dans un langage accessible, afin de pouvoir élaborer localement des tracts, des affiches, des documents d’explication,

- simultanément, des documents plus élaborés permettant d’intervenir dans les médias ou de rencontrer les élus.

Il a également été proposé d’utiliser Avaaz pour faire connaître l’appel à un très grand nombre de personnes.

L’ORGANISATION DU MOUVEMENT.

Certaines propositions concernent l’organisation du mouvement. L’élargissement de la plate-forme doit être poursuivi, afin d’associer des associations différentes, « plurielles » autour des mêmes objectifs et de principes communs. Certains proposent d’associer les grandes fédérations pour donner le plus de poids possible l’action entreprise, d’autres proposent d’organiser une action unitaire avec les syndicats, d’autres de passer par tous les réseaux connus pour démultiplier l’appel.

Certains proposent la constitution de collectifs locaux au mois de juin, afin de préparer la semaine de septembre. Certains parlent de manifestations départementales dans un premier temps puis nationales, en s’inspirant du mouvement « Ni pauvres ni soumis ». Attention à prévenir à l’avance car les actions associatives se décident très tôt et ne peuvent pas être annulées.

Certains proposent de créer une union des associations de leur département.

Il est également proposé de rédiger des cahiers de doléances pour déboucher sur des états généraux de la vie associative et de l’éducation populaire.

Bien que l’objet de la question ne soit pas de préciser les positions à tenir, quelques indications ont été données par certains signataires :

- dénoncer la sape du tissu associatif,

- souligner le rôle économique, social, culturel, environnemental, démocratique des associations,

- rompre avec le fatalisme qui présente comme inéluctable la poursuite de la politique antérieure de la droite,

- montrer que chaque association crée des emplois, insister sur le nombre d’emplois créés,

- dénoncer l’amalgame entre les fonds publics, les aides publiques à et les subventions,

- expliciter les conséquences de la disparition des associations dans les quartiers en difficulté,

- montrer que le coût de la commande publique est supérieur à celui de la subvention pour les finances publiques,

- se battre contre les refus de plus en plus fréquents de l’administration fiscale d’appliquer la déductibilité fiscale des dons,

- former des élus et fonctionnaires territoriaux au nouveau cadre juridique qui va sortir des discussions en cours, à l’utilité et à la nécessité des relations contractuelles,

- ne pas laisser les technocrates faire écran, discuter directement avec les décisionnaires et les mettre face à leurs responsabilités à long terme.

- Affecter aux associations l’argent de la fraude (sic).


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