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Laurence De Cock * ( Le Fil des Communs ) a lu le livre de Jérôme Baschet :
" UNE JUSTE COLERE, INTERROMPRE LA DESTRUCTION DU MONDE "
( éditions DIVERGENCES . 2019 )
lundi 23 septembre 2019
publié par Marc Lacreuse

" UNE JUSTE COLERE,

INTERROMPRE LA DESTRUCTION DU MONDE "

Laurence de Cock * a lu le livre de Jérôme Baschet …

- ( une publication du FIL DES COMMUNS )

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" Notre colère est à la hauteur des violences générées par ceux qui gouvernent

ce monde, elle est donc juste. Ce monde sous emprise, c’est celui de l’« 

Économie » où les puissants destructeurs n’y sont animés que par la quête du

pouvoir et du profit, emportant dans leur projets les quelques-un.e.s qui pensent

encore qu’il n’y a pas d’autre alternative sinon le peu désirable chaos.

Ce monde n’est pas nouveau nous rappelle Jérôme Baschet, il a un nom : le

capitalisme, un visage : le néo-libéralisme, et une issue certaine : la destruction

de l’humanité. C’est pourquoi réclamer un capitalisme à visage humain est un

non-sens.

Le texte de Jérôme Baschet est conçu comme une secousse. Mais si le diagnostic

est sans appel, les pistes de sortie existent, peut-être même sont-elles déjà en

branle. C’est ainsi que l’on peut interpréter la révolte des gilets jaunes, tout

comme ailleurs dans le monde se profilent des modes de résistance et

d’existence nouveaux, radicaux forcément.

L’auteur vit à mi-temps dans le « Chiapas rebelle » où il enseigne à l’Université

de San Cristobal de Las casas. Historien, spécialiste du moyen-âge, il réfléchit

aux vertus de l’histoire comme combustible des colères, déconstruit les mythes

européo-centrés qui, trop encore, corsètent nos cerveaux. Lui s’est affranchi de

tous les pièges de la fatalité et nous convie à le rejoindre dans un univers de

possibles dépourvu des œillères construites par l’impérialisme occidental, un

monde où se multiplieraient les « espaces libérés ». Cela fait du bien même si on

aimerait discuter aussi des détails et en particulier de cette propension non

négligeable de certaines expériences d’autonomie à se transformer en isolats se

souciant peu d’une masse encore soumise aux oppressions du marché dont ni le

capital social, ni le capital culturel ne rendent envisageable de s’en extraire sans

y laisser sa peau. Mais en effet avançons pour « interrompre la destruction du

monde » comme nous y invite le sous-titre de l’ouvrage, et que « vive la digne

rage de celles et ceux qui ne sont rien ». "

Laurence de Cock

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* Laurence de Cock est historienne et essayiste .

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