Halte au mépris des électeurs !
Association pour une Constituante.
vendredi 17 avril 2015

Halte au mépris des électeurs !

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a remis au Président de la République cinquante propositions sur « l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine ». On passera sur le caractère énigmatique de cette dernière formule et sur des propositions banales destinées à envelopper l’emblématique suggestion faite au président de la République de rendre le vote obligatoire.

Les politiques, de gauche à droite, affrontent une crise de légitimité sans précédent depuis des décennies : les électeurs ne se reconnaissent plus dans ceux qui sont censés les représenter. Plutôt que de les écouter, la classe politique s’en prend à eux et les agresse en les menaçant de sanctions s’ils ne participent pas à un jeu qui les exaspère de plus en plus. C’est la nouvelle mode : alors que la démocratie voudrait que les citoyens jugent et sanctionnent les élus, il s’agit dorénavant que les élus jugent et sanctionnent les citoyens. Mesurons le grave glissement qui s’opère : si le vote devient obligatoire, il n’est plus un droit mais une obligation !

Sport de plus en plus prisé de la classe dirigeante, le mépris des électeurs se décline de diverses manières : au mois de mars, ils étaient appelés aux urnes pour élire des collectivités dont les compétences n’étaient pas encore définies (la loi était en cours de finalisation). Rien ne justifiait une telle précipitation. Voter est un geste sérieux qui nécessite du temps, de la réflexion et de la sérénité. On pense également à la violation des résultats de référendum du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel européen par l’adoption parlementaire d’un traité jumeau, le traité de Lisbonne en 2008.

Nos pseudo démocrates mesurent-ils au passage le danger de rendre obligatoire le vote au moment où les électeurs semblent ne trouver qu’avec le Front national le moyen d’exprimer leur désaveu de la vie politique ? A quand le respect de l’électeur et le retour à la dignité du citoyen ?