EUROPALESTINE...
On ne danse pas avec l’apartheid !
Peut-on dire que les danseurs ignorent d’être les ambassadeurs des politiques ?
lundi 30 novembre 2015

L’Opéra de Paris dit Garnier, a programmé pour janvier 2016 la troupe de danse israélienne Batsheva « malgré le fait que dans tous les pays où elle est passée, cette troupe a été dénoncée comme un instrument de propagande destiné à masquer l’apartheid israélien et à blanchir les crimes de l’occupation », peut -on lire sur le site Europalestine dont les animateurs invitent au boycott.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la danse qu’ une compagnie de danse est instrumentalisée au service du pouvoir politique en place. Ainsi, sous le tsar Nicolas 2, au début du XX° siècle, le Ballet Russe de Diaghilev, arrivé à Paris en 1909, prendra ses distances avec la Russie quand elle deviendra soviétique. Le danseur Vaslav Nijinsky (1889-1950) qui contribua largement au succès de la Compagnie fut, malgré son désir, empêché de rejoindre l’URSS par le directeur artistique. Quant au danseur Serge Lifar, qui se revendiquait russe blanc, il fut un des premiers dans les années 1920 à vouloir continuer de résider en France. Quand il réussit à devenir directeur artistique de l’Opéra Garnier, nationalisé en 1939, il ne démissionna pas de ses fonctions sous l’occupation nazie, zélé il se rendit à Berlin pour rencontre Hitler en 1942 et continua d’ organiser la saison des ballets de l’Opéra Garnier, sous le gouvernement à Vichy, pendant toute la période de la seconde guerre mondiale.

De nos jours, chaque année, en France, des compagnies de danse sont sélectionnées, financées et envoyées présenter leurs spectacles via les ambassades. Des échanges entre les pays qui partagent une même idée du politique sont organisés.

Ainsi donc l’instrumentalisation des danseurs au service des politiques en place n’est pas nouvelle, et la direction de l’Opéra Garnier continue d’obéir aux ordres qui lui sont donnés par l’Etat....

Cet appel à boycott, rappelle que « la culture palestinienne, est quant à elle niée, et que les artistes palestiniens, qu’ils soient danseurs, chorégraphes, musiciens, peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs… n’ont pas la possibilité d’exprimer leur art, de se faire connaître, de circuler librement, quand ils ne sont pas emprisonnés ou assassinés par Israël. Il n’est qu’à voir le sort réservé à la jeune danseuse Lina Khattab, emprisonnée par Israël à l’âge de 17 ans. »

Madeleine Abassade

Extraits du texte diffusé par Europalestine

« Les dirigeants israéliens, conscients de l’effondrement de leur image dans l’opinion publique internationale, ont ainsi alloué des fonds considérables à une campagne internationale, intitulée « Brand Israel » (littéralement, « promouvoir la Marque Israël »).

Le cahier des charges, soumis aux artistes qui veulent recevoir des subventions du ministère israélien des Affaires étrangères (dirigé par le chef du gouvernement en personne, Benjamin Netanyahou est explicite :

« L’artiste est informé du fait que s’il est fait appel à ses services, c’est dans le but de promouvoir les intérêts politiques de l’Etat d’Israël, par le truchement de la culture et de l’art, aux fins de contribuer à donner une image positive d’Israël. Il est cependant entendu que le prestataire de services ne se présentera pas pour autant comme un agent, un émissaire, et/ou un représentant du ministère ».

Arie Mekel, responsable à la direction des Affaires culturelles au même ministère, a même déclaré au New York Times : « Eh oui, nous envoyons à l’étranger des romanciers et autres écrivains connus, des troupes de théâtre, nous organisons des expositions … Ainsi nous montrons un visage plus sympathique d’Israël, histoire d’en gommer l’image belliqueuse ».

Et la troupe Bathsheva a été qualifiée par le ministre israélien des affaires étrangères de « meilleur ambassadeur de la culture israélienne ». La campagne « Don’t dance with the Israeli apartheid » (« On ne danse pas avec l’apartheid israélien ») a reçu le soutien d’intellectuels et artistes de nombreux pays. Partout des manifestations ont eu lieu pour demander qu’on "cesse de danser sur la tombe des enfants palestiniens ».

Et pour rappeler que la culture palestinienne, est quant à elle niée, et que les artistes palestiniens, qu’ils soient danseurs, chorégraphes, musiciens, peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs… n’ont pas la possibilité d’exprimer leur art, de se faire connaître, de circuler librement, quand ils ne sont pas emprisonnés ou assassinés par Israël.

Il n’est qu’à voir le sort réservé à la jeune danseuse Lina Khattab, emprisonnée par Israël à l’âge de 17 ans.

Partout, l’opération de blanchiment de l’apartheid a lamentablement échoué et la » troupe » israélienne a même dû écourter ses tournées dans divers pays. Ainsi, à Edimbourg, fin 2012, la ministre israélienne chargée de la culture, Limor Livnat, membre du parti d’extrême-droite Likoud, qui était venue assister à une représentation de Batsheva, fut contrainte d’entrer (puis de sortir) par une porte dérobée, entourée de policiers. »

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